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janvier 2008

31 janvier 2008

La mer peut-elle geler?

Une question que le petit Mahatma qui habite à Olne près de Liège nous a posé.

Ce petit garçon de 5 ans pense en fait à la mer où il part en vacances....c'est à dire la mer du Nord ! Alors gèle-t-elle ou non notre mer ....si salée ... et ... le sel, joue t'il un rôle? Mahatma a rencontré le chef de l'unité de glaciologie de l'ULB : Jean-Louis Tison.

Et Mahatma a obtenu une réponse! Pour ce faire, ils sont rentrés dans une chambre froide où il y a - 20°C et on fait quelques expériences. L'eau douce, du robinet gèle plus vite que l'eau salée car il y a du sel. (La température de congélation de l'eau de mer est de -2C et de l'eau douce est à 0°C)). L'eau gèle mais pas le sel. Ce sel empêche les molécules d'eau (H²0) de se mettre ensemble et de se solidifier. Il faut qu'il fasse beaucoup plus froid et plus longtemps pour que la glace arrive à se former. : - 20° C ! Les camions qui répandent du sel sur les routes en hiver utilisent ce principe : le sel déversé sur les routes empêchera la formation de glace.

Les cristaux de glaces qui se sont formés dans l'eau de mer- s'appellent des ''Frazils'', des cristaux de glace individuel.

En Belgique de temps en temps, il fait suffisamment froid pour que la banquise se forme en bordure de la côte. Et cela s'est passé en 1997- il a fait de l'ordre de -20° c en hiver et cela a été suffisant pour que la mer puisse geler. Mais cela n'arrive pas souvent, cette année on a -6,-7°c, ce ne sera pas suffisamment froid pour que l'eau de mer puisse geler.

Dernier jour du mois, dernière émission de janvier!

Que nous a donc préparé toute la sympathique équipe d'Au Quotidien en ce jeudi 31 janvier?? Un menu copieux, bien entendu!

Nous poursuivons la visite de ces commerces charmants tenus par des professionnels qui sont aussi et surtout des passionnés! Aujourd'hui, Jeanne De Bruyne qui nous reçoit dans son palais du vinyle. Non, pas la peinture que l'on étend sur les mûrs! Les vinyles, ces espèces de plâques rondes et noires gravées de microsillons et qui une fois placées sur une machine adéquate émettent des sons! Non! Les vinyles ne sont pas morts, bien au contraire!

Une fois n'est pas coutûme, Karin et Carlo viendront ensemble sur le plateau afin de nous parler des collations des bambins à la récré du matin.

Mais la collation saine, samedi, on la mettra de côté pour quelques heures. Samedi, c'est la chandeleur. Une pièce dans une main, le manche de la poêle, un voeux... et hop, que saute la crêpe et surtout qu'elle retombe bien!! Et sur la crêpe, c'est une question de goût...confiture, choco, sucre... Mais pour nous, ce sera cassonade!! Brune ou blonde, la cassonade est un produit typiquement belge!

Il arrive tôt, cette année le Carnaval! Nous sommes le 31 janvier et Paul-Henri se mêlera ce soir aux habitants de La Calamine. Ou devrait-on dire, aux habitantES. Le jeudi qui précède le mardi gras, ce sont les femmes qui prennent possession des clefs de la ville et deviennent les maitresses des lieus pendant toute la durée de ce jeudi des femmes. Messieurs, gare à vos cravattes!!

C'est Mahatma, 5 ans, de Liège qui nous a posé la question du jour!!! Pourquoi la mer ne gèle-t-elle pas??

Et puis comme chaque jeudi, nous prendrons la direction du Sud! L'extrême Sud! Nous rejoindront l'équipe d'Alain Hubert en antarctique. La construction de la station polaire avance à grand pas. Les artisans de ce grand mécanos ont pourtant été confronté à un problème. Comment dans cette région polaire où l'eau gèle pratiquement instantanément couler du béton  pour ancrer la station sur l'arête du Mont Utsteinen??? Réponse ce soir!!!

Vivement 18h45!!!

Ben en Antarctique

Mardi 29 janvier

Le matin, alors que je gribouille dans la tente resto avec ma perfusion de café, j’entends crépiter la radio dans la tente bureau d’à côté. Marc Debandt, propose de vérifier le travail effectué avant de poursuivre. Alain lui répond qu’il passe tous les jours en fin de journée sur tout le chantier mais qu’effectivement, une ronde collective peut s’envisager. Je gribouille encore. La radio annonce cette fois à Gigi que la traverse arrive. Ca a l’air de lui faire plaisir et de l’étonner aussi. Les moteurs de vrombissent, j’ai l’impression qu’il vont entrer dans la tente resto puis finissent par s’arrêter juste avant. Un à un, je vois entrer les têtes de déterrés des conducteurs. Vincent, Olivier, Didier, René, le colonnel et les cuistots qui pour une fois avaient voulu voir du pays. Bin dis donc, ils ont conduit avec la tête par la fenêtre ou quoi ?   

J’apprends que le vent souffle à mort à 80 km d’ici où pour une fois, c’est le calme plat.

On mange.

L’après-midi, grande idée. Il fait tellement beau que je pars faire mes time laps en t-shirt, sans gants, choses qu’il ne faut jamais faire. « Si j’ai trop froid, je laisse tout sur place et je tape un sprint jusqu’au camp » que je me dis comme ça. Et c’est vrai qu’une très légère brise suffit, côté ombre du corps, à me faire maudire l’idée stupide que je viens d’avoir. Je continue. J’enchaîne avec les 3 autres prises. Au moment de faire la dernière sur la crête, le vent se lève d’un coup. Merveilleux. Je mets en boîte et je redescends presto au camp.

Pas si vite, un petit crochet par le toit des hangars. De là haut, j’observe, histoire de voir où en sont les travaux d’isolation de la pièce d’entrée qui n’a pas encore de toit, elle. Sinon, je ne verrais rien évidemment, c’est malin. J’aperçois Philippe, Alain et des têtes que j’ai déjà souvent vues ici. Mais que fout Olivier Grasseli à jouer dans la laine de verre… de roche ? … de fibres ? … de je ne sais pas quoi parce que de toute façon on mélange tout le temps et on ne retient qu’une chose, ça gratte ? Le petit adjudant, à peine de retour de traverse ce matin, fête ses 40 heures sans sommeil en …plaçant de l’isolation dans un plancher. Bon.

A partir de ce moment là le vent ne fait que forcir. D’ordinaire on n’atteint les -13°C qu’au moment du repas du soir mais là vers 17 h …

Tiens à propos d’Olivier Grasseli, j’ai droit à quelques bonnes vannes de Jesko, un autre mécano de l’armée, qui trouve que j’en parle vraiment beaucoup et en des termes pour le moins élogieux. Mais il ne le dit pas comme ça  évidemment. Ses mots sont plus … imagés. Le para sait se montrer poète et là, il donne dans la métaphore. Je me demande si je le prends bien tiens ?

Puis on mange. Puis qu’on a mangé.

Je ne sais pas si je vais résister longtemps au petit -15°C d’après pâtes bolo mais je me dis que je n’ai pas fait la moindre photo depuis jolie lurette. Comme il est minuit et qu’au nord le ciel nous refait le coup de l’incompréhensible aube noir sur fond orange, je me dis qu’une photo de 2,5 mégas vaut parfois mieux qu’un long discours…

Le phénomène est moins contrasté qu’hier mais bien visible. Avant de quitter le camp, je prends à témoin Marc Debandt qui s’en fout… mais d’une force ! Sous prétexte qu’il a trop froid et qu’il est trop occupé à s’appuyer sur un long bâton pour boiter jusqu’à sa tente en bon Saint Niolas des neiges … Bon donc lui, c’est fait, Didier alors ? … Pas le temps de commencer à lui indiquer le bazar, alors qu’il sort de la tente resto, il me coupe « Je vois ce que tu veux dire. Je n’ai pas d’explication physique mais le révérend est aquia ! » En latin, je crois que ça veut dire qu’il boirait bien une triple Westmalle pour en discuter avec moi mais qu’on avancerait pas des masses sur la compréhension du truc et qu’on finirait saouls. Voilà. Benoît aussi voit l’aube noire et court à sa tente chercher son appareil photo. C’est vrai qu’il est en deuil de sa mini caméra.

C’est donc persuadé de ne pas avoir d’hallucination sélective que je les laisse tour à tour honorer le demi igloo urinoir et s’en aller roupiller. Je monte sur le ridge.

Fait froid, la lune est à nouveau là elle aussi. Je flingue. Le but de cette promenade nocturne est aussi d’effectuer un repérage parce que j’ai une petite idée derrière la tête. Chut.

Dodo.

Benjamin Luypaert

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30 janvier 2008

Défi 17 :économie de papier et d'encre au bureau ou a la maison

Voilà un défi simple et très concret . Apprenez à utiliser les fonctions de votre ordi pour économiser du papier et de l'encre. Imprimez par exemple vos documents en recto-verso si votre imprimante le permet ( économie de papier) , utilisez un mode d'impression brouillon (économie d'encre ). Utilisez aussi du papier recyclé.

Vous adhérez au défi : cliquez ici Pour en savoir plus :

http://www.economie-positive.be/portail_contenu.php3?id_article=12   

http://www.economie-positive.be/portail_contenu.php3?id_article=12

Par ailleurs , l'usage de l'ordi vous permet aussi de vous passer d'annuaire téléphonique . Vous pouvez demander de ne plus le recevoir en cliquant ici

Au sommaire de ce mercredi

Hooverphonic à domicile! C'est le résultat d'un concours organisé par Pure FM... Et les gagnants ont donc décroché la timbale: le groupe Hooverphonic en concert chez eux ... C'était hier soir à Namur. Ambiance intimiste au rendez-vous.

Voilà qui est au fond dans l'air du temps... Les stars et les hommes politiques plus proches des gens. Des ministres qui dialoguent sur internet avec monsieur ou madame tout le monde, ou se font interpeller en direct par le public en radio comme en télé. A l'inverse, de parfaits inconnus peuvent se lancer sur la toile, et il arrive que leur blog ou leur video cartonne et leur apporte tout à coup une célébrité inattendue... Véronique Patte viendra nous en parler.

Et notre célébrité du jour, c'est Joseph de Damprémy, qui face caméra nous pose la question suivante: en faisant ramoner ma cheminée par une connaissance et non pas par un professionnel, est-ce que je risque des problèmes avec mon assurance en cas de sinistre? Bonne question! Et la réponse est non... Tous les détails dans notre reportage. Davantage d'informations encore sur le site de la fédération des assurances.

Place ensuite à notre défi du jour. Economiser au quotidien du papier, en utilisant mieux encore l'ordinateur. Exemple, imprimer recto-verso, c'est tout simple. Se faire envoyer ses factures par le net plutôt que sur papier aussi. Et comme tous les numéros de téléphone sont accessibles sur le net, un petit clic pour ne plus recevoir les bottins papier. Benjamin Maréchal nous dira tout...

A propos de papier, il reste les vieux journaux, publicités etc... Au passage, on peut en limiter le volume en apposant un autocollant stop-pub sur la boîte aux lettres. Mais par ailleurs, comment ces vieux journaux sont-ils recyclés pour redevenir du beau papier pour vos journaux futurs? Reportage dans l'émission.

Dans notre série des métiers du passé qui ont toujours la cote: couturière. La nôtre s'appelle Asun, et sa boutique est située à Schaerbeek. Des doigts de fée et un sourire rayonnant. Franchement, un petit moment de bonheur!

Mais qui aime bien châtie bien, paraît-il. Alors faut-il punir les enfants, et si oui, comment et pourquoi? Notre psychologue Dimitri Haïkin devrait être intarrissable sur le sujet...

A ce stade, on se sent des fourmis dans les jambes. Crochet en direct par un cours de gymnastique à Mons. Paul-Henri Burrion suivra les efforts de futurs athlètes... et de simples amateurs. Et dans la foulée, nous terminerons par un petit jogging dans le Parc de Bruxelles...

A ce soir!

Les mandolinistes de Malmedy font des petits

Ca c'est la joie de la TV et du Net . Nous avons consacré un direct lundi à Malmedy au cercle royal des mandolinistes. Une tres belle découverte , un chouette moment ....qui a sucscité quelques échanges de réactions sur le site www.mandoline.be.... Nos mandolinistes de Malmedy nous font part de ces réactions ...que nous publions à notre tour ...histoire que le serpent se morde la queue!

A vous d'en rajouter

Mandolinistes de Malmedy Bonjour nous vous remercions vivement pour nous avoir accueilli dans votre émission "Au quotidien". Nous vous adressons ci-dessous quelques commentaires, à insérer sur votre blog ?, que nous avons reçu suite à cette diffusion. En vous en souhaitant bonne lecture!Dominique Coune

Voilà, c'est déjà fini.... C'était super beau et supet bien ! Bravo et vive les mandolines ! Sébastien verachtert (Floriffoux) ---- On vient de voir à la tété La mandoline est très agréable à l'écoute en tous cas David (Melen) ----- j'ai vu. C'est supeeeeeer. J'aime beaucoup cet instrument. Aaaaaaah le concerto pour 2 mandolines de vivaldi... une merveille. Vous le jouez ? Ou le thème de "délivrance".... sûrement Bib (Gembloux) ---- Super Les coqs chantaient bien aussi Christophe (Libin) ---- Très belle présentation du groupe,...super Frédéric (Bellevaux) ---- Belle prestation avec humour et poésie... Domi (Arlon) --- c'était bien mais un peu court non ? Borfa (Pepinster)

29 janvier 2008

Ben en Antarctique : aube noire au pays du blanc !!!

Lundi 28 janvier

L'aube noire et la fin d’un règne…

Réveil en sursaut par le silence. L’enfant qui se rappelle dans son sommeil qu’on est le jour de Saint Nicolas et qui se précipite hors de son lit. Pareil. Silence, ça veut dire pas de vent, pas d’éolienne qui joue à l’hélicoptère, ça veut dire que c’est fini. Je chausse mes lunettes de soleil. Le grand bleu !

Ca veut dire aussi que le chantier va tourner à mort. Mais comme j’ai pris un peu de retard dans l’écriture des carnets de l’antarctique, je vais laisser les gars se défouler un peu. Si je me souviens bien, 6 éléments métalliques ont été placés sur l’angle Nord-est, hier. On va voir de quel bois ils se chauffent aujourd’hui. Moi, ma matinée je la passe à écrire.

De café en café, je vois bien que la journée n’en démord pas. Ce sera soleil et le vent déchu fait mine de souffler mais uniquement pour la forme. Un vent de pacotille.

Jos est au chevet de sa caméra sur le bureau de la tente office. Il s’est transformé un chirurgien. Sur un champ opératoire en papier blanc emprunté aux militaires, il démonte l’engin. C’est plutôt grave. Il ne pourra plus prendre de son qu’avec le micro interne. Pas top.

Ca fait déjà plusieurs jours que Jacques, le doc des humains, veut faire un exercice de télémédecine. Simuler un infarctus chez un gars de l’expé, prendre un électrocardiogramme et alerter par mail un cardiologue en Suisse pour voir en combien de temps, le spécialiste réagit. Evidemment le cardiologue suisse est au courant qu’il peut être alerté à un moment où à un autre de l’expédition. Et qui c’est qui va avoir un infarctus ? Bin voyons. Après la fausse défibrillation de l’autre jour, un petit infar, c’est bien la moindre des choses que je peux faire pour Jacques…

En deux temps trois mouvements, je me retrouve bardé d’électrodes à suçons sur le brancard kaki très confortable de l’hôpital container du docteur Maboule. Des petites poires vertes aspirantes me bouffent le torse et Jacques y branche des électrodes dernier cri … dans les années 60. Lorsque quelques unes d’entre elles lâchent, on voit bien déjà le rond mauve qu’elles laissent sur ma peau. Merci Jacques. Il s’en rend bien compte le chenapan, il n’arrête pas de dire « Mon pauvre ami… » 

Les électrocardiogrammes sont imprimés sur une bande de papier puis photographiés. Après quoi, avec Gigi, Jacques les envoie par mail avec un message d’alerte genre : « ECG ANTARCTIQUE. REQUEST ADVICE ASAP JACK ». « ECG » pour « électrocardiotâches-rougeodes-sur-le-torse » et « ASAP » est une expression aussi fort courue dans le monde des médias, de la production télévisuelle et surtout de la publicité. D’ordinaire « asap » s’écrit en fin de mail et peut même se dire au phone : «Tu peux m’envoyer une copie asap-hin ? » prononcé un peu à la Fogiel. Ca veut dire « as soon as possible », le plus soon possible en français. Top chrono ! Combien de temps faudra t-il au cardiologue suisse pour recevoir le message, l’analyser et répondre ? … Top chrono, on a dit… Go, donc ! … C’est parti hin… Jacques, comme la procédure prévue l’indique, appelle le gars… Le rappelle. Encore. « Bitte rufen Sie später » annonce une voix automatique, ce qui signifie en allemand, « t’es tout seul, t’y arriveras jamais, c’est foutu ». « Jacques, je suis mort là… » « Mais non, je suis en train de te ranimer là. T’inquiète » Il veut dire que dans un cas réel, le harcèlement téléphonique, c’est Gigi qui s’en chargerait et lui, il serait en train de s’acharner sur mon corps sans vie. Rassurant. Vous ne saurez jamais au bout de combien de jours les deux médecins suisses ont a réussi à se joindre et donc vous n’avez pas le moindre indice sur la fulgurance du système complètement au point. Et ça, c’est dommage. Attention que j’ai allègrement filmé tout ça…

A un moment donné, on se dit quand même qu’il faut bien profiter de cette mer-veil-leuse journée pour aller voir un peu ce qui se passe sur le ridge. J’emmène Jacques faire mon time laps, le plus éloigné du chantier, au pied de la montagne. Puis on rejoint le ridge. La station est là ! Le Jean-Marc, le pote de mini Bacri, est couché à plat ventre sur un des morceaux. C’est vachement haut. D’où on est, on ne voit pas qu’il est retenu par un harnais, ce qui donne une drôle d’impression. Impossible de ne pas glisser sur une surface aussi lisse et arrondie. Tout le côté Est à l’exception du morceau d’inox du milieu, est monté. En cadrant un peu serré, il y a déjà moyen de donner vraiment l’impression que l’atom… heu, que la station est là. Mais ça ce serait tricher … alors je le fais. Je fais aussi mes derniers time laps et filme la fin de la pose du dernier morceau. Evidemment ma batterie lâche au meilleur moment. Les épaules arrondies et la mort dans l’âme je porte la défunte batterie au chargeur que j’ai savamment branché dans le bureau container d’Arnaud. Je reviens, et, très sympas les monteurs merdoient plein tube sur le dernier panneau. Ca coince. Non ? Ils le font exprès ou quoi ?…Quelques minutes passent et je retourne chercher ma batterie qui va à peine mieux et je te me choppe le dernier coup de marteau. Merci les mecs.

L’équipe « bois » d’Alain a fini l’isolation du plancher de la pièce d’entrée et n’attend plus que la petite grue pour monter les éléments de la tour. Ce sera pour demain.

Retour au camp.

Je ne sais plus pourquoi mais mon humeur vire au maussade avec risque de précipitations. Bin pourquoi ? Sans doute parce que je veux savoir ce qu’est devenu le reportage qu’on a envoyé dans la nuit de dimanche à lundi. Il a été diffusé au JT de ce lundi soir m’annonce un mail. Je devrais être content mais non. C’est pas ça. La remarque d’Alain qui me dit que je suis toujours devant les mails, alors ? Ca a beau être faux, il suffit de quelques coïncidences pour lui en avoir donner l’impression et puis il n’y a pas de quoi prendre la mouche. Il n’y en a pas ici de toute façon. Sais pas. Mange pas.

Ca passe.

Le ciel de ce soir est un ciel de science fiction. Déjà, une demi lune plein est et le soleil plein sud qui s’apprête à passer derrière les montagnes. Et puis un phénomène incroyable plein nord. Une aube noire. Jamais vu ça. Quand un soleil se lève, on peut voir des rayons de lumière s’en dégager et bien là, c’est un point d’obscurité qui semble se lever et projeter très loin dans le ciel des rayons d’obscurité. Très long puisqu’ils arrive de l’horizon plein nord et se prolongent jusqu’au dessus du chantier. Comment est-ce possible ? Exactement à l’opposé du soleil rasant l’horizon plein sud mais qu’on ne voit pas puisqu’il est derrière Utsteinen maintenant, cette aube sombre. Joffrey, le jeune surfeur est témoin de la scène avec Jos et moi. Ce qui nous étonne Joffrey et moi, c’est que si, comme nous le pensons ces traits d’ombre proviennent d’obstacles rencontrés par la lumière du soleil, alors, ils devraient s’écarter et pas se rejoindre… A moins que nous soyons témoins d’un phénomène que je ne croyais pas visible à l’œil nu : la déviation des rayons lumineux du soleil par la masse de la terre et leur convergence vers le côté nuit… à l’opposé du soleil. Mais il s’agit plus probablement d’un effet de perspective. Les ombres portées par les obstacles montagneux filent vers un point de fuite à l’horizon comme les bords d’une route dans le désert. Peut-être est-ce une combinaison des deux effets. Toujours est-il que nous avons l’impression d’assister à une aube noire.

A bientôt,

Benjamin Luypaert

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Au programme , ce soir

Ce mardi dans au quotidien :

Passez vos vacances en Wallonie ou à Bruxelles !!C'est le credo de Francoise Scheepers , une liégeoise à la tête de l'office du tourisme Wallonie Bruxelles à Londres. Son boulot : convaincre les britanniques que les frensh fries sont qd même un peu meilleures au pays de la frite, et que nos contrées valent le détour ! Un portrait signé Marc Ochinsky.

Dans la rubrique litige , Annie Allard nous parle ce soir des compagnies aériennes . Quels sont nos droits lorsque les avions arrivent en retard , lorsque les vols sont annulés ... Quelles conséquences sur les réservations d'hotels , etc  .

Au rayon , chaque franc est compté par les temps qui courrent, nous verrons comment se répercutent les hausses des prix pétroliers sur les familles à revenus moyens qui ne peuvent pas percevoir l'aide du fond Mazout.

Notre papy-boomer  , toujours jeune , André Urbain , nous parlera du travail chez les seniors via un lobbyer de plus en plus connu , l'asbl Senior Flex. Plus largement , il nous parlera de la place des seniors dans le marché du travail

2eme episode de la série des vieux métiers , des vieux commerces ...apres le cordonnier hier , nous découvrirons aujourd'hui un quincaillier  de Jodoigne . C'est une institution dans la ville , sa boutique est une vraie  caverne d'ali baba...Un magasin comme on en fait plus

Quant à Paul Henri , il nous emmène ce soir dans une asinerie à Frasnes les Buissenal , dans le magnifique Pays des Collines. Il nous dira tout sur les atouts de l'ane. Des vertus du lait d'anesse au plaisrs de la promenade en ane. portrait aussi d'une autre asinerie située , elle, à Habay-la-vieille

A tout à l'heure , la une 18.45 - rediffusion dans la boucle de nuit

28 janvier 2008

Qu’est-ce qui rime avec énervant et qui souffle depuis 1000 jours ici… ?

Dimanche 27 janvier   

Hier, Mini Bacri râlait cette fois comme le vrai. Les monteurs avaient dû jeter l’éponge. Impossible d’utiliser la grue. Du coup, plutôt que de s’avouer vaincus, ils se sont mis à fixer le spoiler avant de la station. Et ouais, elle est tunée la station mais pas seulement pour faire « joli » sur les parkings de boîte le samedi soir. Comme il y a du vent paraît-il ici … et malgré le profil arrondi du bâtiment, une protubérance vient faire une bosse sous le menton de la base qui fait face au vent. Un arrondi qui donne à la base un profil de Boing. Ce spoiler détourne le vent vers le bas et l’accélère. Le but étant chasser la neige qui parviendrait à s’accumuler a pieds des pilotis sous la base. L’intérieur de ce spoiler est fait de plaques de bois, comme des quilles de bateau que les gars plantent parallèlement sous la face avant en se prenant pas mal de vent dans la face d’ailleurs.

Aujourd’hui, ça souffle encore et toujours mais un chouia moins. Du coup, ça y est. Les premiers éléments de la coque s’élèvent au bout de la Fassi, la petite grue rouge. C’est le coin nord-est qui inaugure la phase de non-retour. « A partir du moment où on commence la pose de ces modules de façade de la station, il faut aller au bout. »

Ce sera d’ailleurs le sujet du reportage que nous finirons par réussir à envoyer vers 23h30 à la VRT et à la R.T.B.F. pour le journal télévisé du lendemain. Enfin, on espère.

L’idée, c’est que si le vent s’engouffre dans une structure qui n’est pas hermétiquement fermée, la neige aura vite fait de remplir complètement la construction. Ce qui serait une catastrophe. Ca me rappelle l’année passée. Avec Alain, Gigi, Frank (notre mécano de cette année) et Philippe, deux militaires, nous étions allés sur la base japonaise désaffectée d’Asuka batue par … le vent, oui. Au lieu de planter une tente, Alain avait ressorti de la neige un véhicule à chenille qu’il savait équipé de couchettes. Et bien le véhicule fermé était complètement rempli de neige. Alain l’avait vidé à la pelle. Comme quoi, le moindre interstice suffit.

Le vent souffle encore. Les éléments ont l’air de peser des tonnes. En fait le plus lourd doit peser 66O kg.  Comme les fenêtres sont intégrées, l’effet « touche finale » n’échappe à personne. Monteurs, grutiers photographie quasiment chaque morceau suspendu devant les montagnes…

Après le dîner, Alain et Bernard Polet finissent le repas en discutant de l’aménagement de la pièce d’entrée de la base. Le giga hall d’entrée. Qui dit hall d’entrée, dit … porte manteaux. Si, il dit porte manteau ! Si. « Dans toutes les bases que j’ai visitées, la pièce qui fait office de vestiaire était un véritable foutoir. » dit Alain. Et pour cause, généralement, afin d’éviter de salir l’intérieur des stations, on demande aux gens d’enlever leurs gigantesques bottes pleines de neige et de souvenirs olfactifs de leurs faits et gestes du jour. On leur recommande aussi de passer des chaussures plus légères et sèches. Et puis de laisser leurs grosses vestes… Ce qui donne effectivement des pièces pleines de brol avec des petites et des grosses chaussures mélangées et des râteliers de porte manteau qui n’en peuvent plus de vomir des vestes toutes les mêmes soigneusement non marquées afin de pouvoir bien les mélanger. Quel bonheur de découvrir dans sa poche le mouchoir d’un autre non ? Mmm, merveilleuse ambiance.

Bin ici, non. Comme le hall d’entrée est suffisamment grand, on peut penser à une pièce à chaussures avec des casiers et tout ça. Et puis ne pas commettre l’irréparable erreur d’acheter des crochets de porte manteau dans le commerce. Juste assez grand pour supporter un string brésilien au maximum (oui, on est un peu en manque) mais pas des vestes de 3m3 par manche… Noon, fabriquer soi-même des crochets polaires dignes de ce nom, voilà ce qu’il faut faire. Comme ça, la station belge sera non seulement la plus propre mais aussi la mieux rangée du monde !

Là-dessus, Marc l’estropié lance une idée pour la nouvelle pièce. « Pourquoi ne pas faire comme dans les mines ? » Ouiii ?. « Une salle des pendus ? » Tu entres. Chacun sa ficelles reliée à une poulie au plafond et accrochée à hauteur d’homme à une sorte de tableau. Une ficelle, un nom. Tu descends ton porte manteau avec un filet par exemple et tu y accroches ta veste. Les chaussures dans le filet. Tu tires et tu remontes le tout au plafond. « Bonne idée, s’écrie Bernard, parce qu’en plus tu bénéficies de la chaleur ascendante pour le séchage au plafond… et pas d’occupation de place au sol ! » « Pas bête.» Acquiesce Alain. Et là j’aurais peut –être dû la fermer : « Oui, d’autant que ça donnera un cachet typiquement belge à la station ! » Le savoureux silence qui s’en suivit fut délectable. Evidemment qu’elle est déjà on ne peut plus belge la station. Je voulais simplement dire un cachet supplémentaire. Trop tard. Yvan vole à ma rescousse : « Un petit côté Marcinelle comme ça… » Bin voilà, il avait capté lui.

Bon bin, un café alors.

L’après-midi, Jos et moi trimons pour le reportage du soir. Et bing ! Catastrophe. Le vent vient de jeter violemment la caméra du collègue au sol. Connexion son pétée mais bien. Ce satané vent.

Afin de ne pas trop oublier qu’on est dimanche, il y a quand-même une ou deux ballades qui s’en vont. Notamment Jacques et Vincent qui tentent un attaque frontale de la montée de glace vers le sommet d’Utsteinen et Thierry qui ne supporte pas la glandouille ici. Comme il se retape 40 heures de traverse ce soir, il veut refaire le tour d’Utsteinen je crois.  « C’est ça ou je fume trois cigarillo que je n’aiplus de toute façon… »

Ensemble, on trouve un point de vue d’où on aperçoit toute la station à la condition d’accepter un contre jour made in china, pays du soleil levant dans le dos… Et bien à force de voir des gaillards utiliser et recycler la matière du chantier, genre l’échafaudage qui deviendra mezzanines dans les garages et tout ça,j’ai fait un peu comme eux. J’ai disposé des panneaux de bois couvert d’une espèce d’aluminium que j’ai trouvé parmi les emballages des éléments de la station et je te me les ai mis derrière la caméra, coincés dans un container ouvert pour nous abriter du … du … du vent. Mon vieux, c’était digne des plateaux de télévision de Maritie et Gilbert Carpentier. Ca pour rutiler, ça rutilait.

Au moment d’Aller chercher Alain en skidoo et de revenir, lui au guidon, ça m’a rappelé les 200km qu’on a fait comme ça l’année passée pour guider la première traverse sous le regard abasourdi de ma caméra gelée. On contourne le chantier par le petit col sur le ridge à 150 m au nord du chantier. Alain regarde. Il prend le temps de regarder. C’est bon ça. Il se rend compte à quel point ça a une gueule ce truc. L’interview sera bien.

Jos et moi on a chacun fait un face caméra avec Alain façon news. Je ne raffole pas de l’exercice. Exercice de style quoi. Ca s’est bien passé.

On passera une bonne partie de la soirée à monter notre truc et à l’envoyer. Galère mais ça a marché.

Au cours d’un des innombrables et interminable calculs informatique de m… nécessaire à l’envoi par internet de notre joyaux, nous décidons d’aller dîner avec les gens. On se bat avec un canard comment dire … pas cru non. Disons à peine mort … Boah pas grave. Et alors que je me battait avec des trucs de canard cru coincé entre les dents, je perçois une odeur… Ca sent la magouille. La magouille de haut vol même parce que je soupçonne Alain  « H » comme « Himself » d’être dans le coup. Je fais chouinter encore quelques fois mon entre dents en regardant le susmentionné se lever. Ca sent la fausse communication. L’assistance plonge dans le silence de circonstance et on entend mon chouintement filer vers la porte, disparaître et revenir avec une caméra… La communication est déjà commencée mais ça sonne bidon. Alain demande à tous un effort sur la sécurité et un peu d’attention pour un autre orateur qui va justement parler sécurité…

Bernard Polet se colle alors un papier sur le bonnet « DHL Pole Express » ou un truc comme ça. Je le savais. Avec Joffrey, il apporte une sorte de cadeau emballé en deux grandes parties à un certain Marc Debandt, notre coordinateur, respnsable sécurité et néanmoins estropié. En deux temps trois mouvements, ils assemblent les deux espèces de trucs en bois à la visseuse et hop … apparaît comme par enchantement, un « rocking chair » magnifique sous les applaudissement de tous les membres de l’expé.      

Rapidement installé au coin de la Janine, le nouveau meuble est essayé par son propriétaire tout sourire. Il faut dire que c’est là que Marc se réchauffe la couenne d’ordinaire en fin de journée sur un chaise en plastic que Janine (notre poil-fondeuse de neige pour ceux qui viennent d’arriver) a de plus en plus envie de fondre.

Le dimanche essaye de se racheter un peu en balançant un florilège de couleurs incroyables dans le ciel mais pour pas faire le faux cul, il souffle encore un peu.

A bientôt,

Benjamin Luypaert

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Ben : un atome de Belgique en Antarctique

Samedi 26 janvier

Un atome de Belgique en Antarctique…

Je ne sais pas s’ils sont tous là mais en tout cas, ils paraissent nombreux les éléments de façade de la station. Posés en quinconce devant l’échafaudage à l’avant de la station, côté est. Immédiatement, c’est peut-être à cause du fait d’habiter où j’habite, ils me font penser à des morceaux d’Atomium comme on a pu en voir pendant la réfection.

L’analogie marche pas mal du reste avec l’Atomium. Si. La peau de la station est en inox. Elle est lisse, arrondie et ses « coutures » sont parcourues de sorte de rivets. C’est comme s’il y avait un code couleur et matière pour les symboles internationaux de notre pays. Ouais, l’analogie marche bien. Un morceau de coin est couché comme les autres sur le flanc et je me risque à une autre ressemblance. Celui-là en particulier ressemble au dessous de la mâchoire d’une baleine. Un long arrondi dont les côtés finissent en pointe et il y a même les lignes de rivets qui se rejoignaient comme les rides de la peau extensible des mâchoires de baleines à bosse … Je fais part de mes desideratas à cette andouille de Marc – on peut pas dire andouille, mettez fripouille, ça rime – et immédiatement il part en vrille (ça , ça ne rime pas). Je le connais et reconnais maintenant immédiatement la seconde à laquelle son œil rond se ferme à moitié pour un démarrage au quart de tour. « Oui mais ce sont réellement les pièces de l’Atomium ! A Bruxelles, ils ont les nouvelles et nous on a les anciennes. » J’embraye : « Oui mais comme on n’a pas été foutu de remonter les boules dans le bon ordre, notre boule à nous sera plate, bah on s’en fout !» Il répondrait bien mais pour ça il lui faut de l’air…

A côté de ça, il y a l’autre partie du chantier qui se fout, elle, du vent. C’est la partie garage. Les menuisiers ont rassemblé les deux parties de garage, il y a deux jours. La grande pièce supplémentaire fera office d’entrée dans la base côté ouest. Elle enserre le socle métallique de la future tour de la station. Au final donc, quand on descendra de la station par la tour, on arrivera dans cette nouvelle pièce qui communique à gauche et à droite vers les immenses garages caves. Et bien précisément, Alain, Grég (et ses deux yeux), Paul, Bernard, Benoît viennent notamment de percer les portes d’accès vers les garages. Ils mettent aussi un plancher à la nouvelle pièce et n’en finissent pas de construire des panneaux qui feront office de mur. Bref ça bosse dans la joie et la bonne humeur certes mais surtout en musique. Mister Greg Sparrow (oui, il a à nouveau ses deux yeux mais son surnom lui va trop bien) à la sono ! C’est du tout bon : l’accordéon de Gotan Project à fond les mannettes. Et tu scies ! … Et tu coupes … Tu cloues, tu cloues, tu cloues… et tu rescies …

Bon, bin, les éléments au sol, on va dire que je l’ai ai filmer à s’en faire fondre l’objectif mais toujours impossible d’en soulever avec la grue. La légère brise en forme d’ouragan n’a pas baissé d’un cran. Ca fait deux jours que je me dis que l’éolienne va se casser la figure. Si une de ses palles se décroche … Plus je la regarde, plus son mât m’a l’air de souffrir. Elle  frappe l’air bruyamment et de temps à autre dans le vent incessant, il y a quelques accélérations pour bien montrer qu’il y en a encore sous le pied. Par exemple, je sais c’est lâche, moi aujourd’hui, mon time laps depuis l’éolienne, je vais plutôt pas le faire. 

Et alors que je finissais de tergiverser, timelaps ou pas timelaps, et que j’avais fini par renoncer pour aller filmer depuis l’autre côté du chantier en faisant le tour du bureau container de Marc, je l’aperçois appuyé contre un tas de planche. C’est pas vrai qu’il se marre encore. Même s’il est de dos, il est dans la position de quelqu’un qui a un tel fou rire qu’il ne tient plus sur ses jambes. Ah, je me dis, l’appel de la déconne en pressant le pas vers lui. Jusqu’à ce qu’il lâche un mugissement de douleur. Il boîte. Je ne souris plus. Marc, le grutier et peut-être Guido, l’autre grutier sont là. Apparemment, Marc, le seul qui ne soit pas grutier dans l’histoire, s’est croqué la cheville et ça fait un mal de gueux. Pas grave mais mais je reste or de portée. J’explique : dans ces cas là, moi, je communiquerais bien ma souffrance en balançant un bon pain ou deux aux troches à portée de bras dans une espèce de partage de la douleur entre amis. Je lui appelle un skidoo du camp de base par l’intermédiaire de la radio d’Alain. En attendant le skidoo qui semble avoir été entièrement démonté et qu’il faut remonter pus peindre et laisser sècher avant de l’envoyer tellement le temps paraît long, je prends des nouvelles de Marc. La technique reste la même, l’empathie. Tu choppes l’air presque ému et tu dis : « Ca va ? » Ca c’est très con parce que tu sais que non, précisément à ce moment là, ça ne va pas des masses non… « Tu n’as pas froid ? » Bravo, on est en plein blizzard… « Tu veux attendre dans ton bureau ? » Ha bin voilà un truc astucieux. « Oui (rire nerveux) mais alors il faudra me porter ! » « Non, t’as raison, tu vas attendre ici, c’est mieux ! » Marc le grutier et Marc, l’éclopé, éclatent de rire. Le skidoo arrive, la deuxième couche est à peine sèche…

Marc fait un petit passage chez Jacques avant d’aller bouffer. Jacques et moi faisons office de béquilles. Il essaye de donner le change au moment d’entrer exceptionnellement dans la tente resto par le côté cuisine. Plus besoins de béquilles. Il s’applique tellement pour moins boiter qu’il en oublie qu’il a encore son casque sur la tête.

A la fin du repas, Alain Dernvois, Olivier Grasseli, et Didier le révérend, nous nous mâtons un film toujours sous la tente resto. « La doublure » avec Danny Boon et Gad El Maleh (je sais jamais où qu’il est le H) mais surtout avec la bombe nucléaire blonde dont j’ai oublié le nom et Marie Gilain dont je n’ai pas oublié le nom … et on enchaîne avec « Swordfish » avec Ale Berry. C’est du sadisme. Faut être complètement fou pour s’infliger des trucs pareils.

Et on l’avait presqu’oublié mais notre unijambiste était encore parmi nous. Ils gisait là derrière nous. Dans un effort à nouveau masqué, il tente d’aller dormir, l’air de rien. Cette fois, il boite bas. Par la fenêtre, il a vraiment du mal à rejoindre l’igloo urinoir. Finalement,le révérend fera office de béquille à son tour.

A bientôt,

Benjamin Luypaert