Le diabète, la maladie du sucre
On entend souvent dire qu’il y a 500.000 diabétiques (de type 2) dans notre pays, (dont un sur deux qui s’ignore, et ce chiffre est en augmentation ?
En effet ; on estime que dans les prochaines années, comme nous avons de plus en plus tendance à prendre du poids, ce chiffre pourrait encore doubler pour arriver à 1 personne sur 10. C’est pourquoi les pouvoirs publics sont en train de réorganiser tout à fait l’organisation des soins aux personnes diabétiques (les fameux « trajets de soins »). Jusqu’à présent c’était surtout le médecin de famille qui assurait tout leur suivi, avec l’aide d’un spécialiste diabétologue pour les cas difficiles à équilibrer. Dorénavant, il y aura toute une équipe autour du généraliste, dont notamment des « infirmières relais » à domicile = des infirmières ayant suivi une formation particulière pour pouvoir aider les diabétiques au quotidien.
Alors Karin pourquoi nous nous avez-vous demandé de préparer un mètre-ruban ?
Parce que, comme vous l’avez dit tout à l’heure, un diabétique sur deux ignore qu’il l’est. Or le mètre est un outil très facile pour voir si on est à risque. Je vous propose de mesurer notre tour de taille, parce que les scientifiques ont découvert que quand on a un « petit bedon », on est plus exposé à développer un diabète. Le petit bedon, c’est de la graisse qui est dans le ventre, à l’intérieur, entre les organes. Cela n’a rien à voir avec la cellulite ou avec d’autres formes de bourrelets.
Quel lien entre cette graisse et le diabète, qui est un problème de sucre dans le sang ?
En réalité, c’est un problème de déséquilibre entre les deux. Nous ne savons pas stocker beaucoup de sucre dans nos réserves. Alors quand il y en a trop, on le transforme en graisses, et là, les possibilités de stockage sont illimitées… mais plus il y a de la graisse dans le ventre, plus le système se dérègle et plus le risque augmente de développer un diabète, ainsi que d’autres problèmes de santé d’ailleurs. C’est très bien expliqué sur le site www.montourdetaille.be, où on montre également comment mesurer correctement son tour de taille.
Parce qu’il y a de bonnes et de mauvaises façons de le mesurer ?
En gros, ce qui compte, c’est de bien placer le ruban au niveau où c’est le plus mince, 2-3 cm au dessus du nombril. On expire normalement et on lit le chiffre. Pour bien faire, il faut rester en dessous de 102 cm chez les hommes, de 88 cm chez les femmes (les chiffres des cardiologues sont un peu plus sévères). Si vous avez plus que ces valeurs, cela vaut la peine de demander à votre médecin de faire une prise de sang de dépistage.
Et vous disiez qu’un diabétique sur deux ignore qu’il est atteint ?
En effet, et vous voyez que c’est pourtant très facile à dépister. Je pense que beaucoup de gens préfèrent se mettre la tête dans le sable et ne pas savoir. Ils pensent que si on leur découvre un diabète, leur vie va devenir très triste, avec bcp de privations, etc. En réalité, c’est plutôt le contraire, parce que un diabète découvert à temps implique certes des réaménagements de vie, comme se faire aider par une diététicienne, etc. Mais ce sont des changements qui, finalement, mènent à une meilleure qualité de vie. Alors que si on laisse la maladie évoluer sans être soignée, on va droit vers des complications sérieuses (plaies qui ne guérissent pas, amputations, insuffisance rénale, perte de la vision…) qui elles diminuent carrément la qualité de vie. Donc il n’y a pas photo : dépister au plus vite, c’est s’assurer une meilleure santé pour plus tard !
Plus d'info : site de l'association belge du diabète www.diabete-abd.be








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