Carnets de l'Antarctique

10 mars 2008

Au Quotidien 100% Antarctique : les coulisses

Avant leur intervention dans cet "Au Quotidien" spécial consacré à la fabuleuse épopée de l'équipe de construction de la station Princesse Elisabeth en Antarctique, Alain Hubert et Benjamin Luypaert passent l'un et l'autre entre les mains des maquilleuses.

Ensuite en piste... Alain est déjà en plateau,

Benjamin attend son tour en coulisses

         

avant d'entrer en scène à son tour.

N'hésitez pas à nous laisser vos réactions suite à cette émission très particulière.

07 mars 2008

AU QUOTIDIEN 100 % ANTARCTIQUE

LUNDI 10 MARS 18.45 SUR LA UNE

35 minutes d'images inédites , d'images magnifiques de la vie en Antarctique , de la construction de la station polaire . 35 minutes en compagnie des aventuriers du paradis blanc. 35 minutes en direct avec Alain Hubert et Benjamin Luypaert.

Posez leur vos questions via notre blog en postant un commentaire ci dessous.   

Au Quotidien 100 % Antarctique , c'est ce lundi 10 mars  à 18.45 sur la Une

05 mars 2008

Fatigué et heureux!

Une semaine après notre collégue Benjamin Luypaert et une première partie de l'équipe belge présente à Utsteinen, tout ce qu'il restait d'humain autour de la station polaire Princesse Elisabeth a quitté l'antarctique aujourd'hui. Parmi les derniers à quitter le désert blanc, Alain Hubert, évidemment! Ce projet, il l'a rêvé et grâce à toute l'équipe présente là-bas pendant presque trois mois, la station est là et bien là!

Peu avant de partir, Alain Hubert livre ses dernières impressions.

Dès le retour d'Alain en Belgique Au Quotidien réalisera une émission spéciale . Du 100 % Antarctique ! Nous retracerons toutes les étapes de la construction de la station polaire et évoquerons la vie en antarctique dans ces conditions extrêmes. L'occasion de revenir avec vous, fidèles des Carnets , une dernière fois sur cette incroyable aventure scientifique mais surtout humaine.

Benjamin sera aussi des nôtres aussi et vous pouvez des maintenant leur poser vos questions en postant un commentaire ci-dessous.

28 février 2008

Ben : le der des ders

Mercredi 27 février
Avion a 11h…
Au moment où j’écris ces lignes, je suis dans le DC 3 Basler pour les connaisseurs, dans l’avion à skis pour les autres, et on vient de survoler  la base.
Pas un souffle de vent. J’ai encore 8 tonnes de trucs à faire. Je ne vous ai pas dit mais depuis au moins 2 ou 3 jours, le camp de base est en deuil. La machine à café ne fera jamais son 10 000ème expresso. C’est donc dans un crapuleux Nescafé tiède avec un sucre que je tente de faire le point. Une liste. Comme ca on n’est plus dans une angoisse vague de « je n’y arriverai jamais » mais plutôt dans un stress bien matérialisé de «T’as aucune chance mais chiche ? ». Et alors, c’est déjà de la bonne liste. Interview d’Alain, time laps parce que ce serait dommage de ne pas cavaler aux 4 coins qui m’ont tant donné à voir et à en voir. Bin va falloir un deuxième Nescafé pourri parce qu’il y a un tome II à ma liste : faire tous mes sacs et vider la tente bureau. Démonter tout mon barda. Mais d’abord filmer. L’avion est à 11h.
A 8h 39, Alain me dit ok pour un rendez-vous dans 10 minutes là-haut… En attendant, je monte. Alors que je time laps en jetant un dernier regard même pas ému, plutôt vainqueur aux 3 petits trous dans le granit que Joffrey, le surfeur m’a gentiment percés le 6 janvier pour encrer les trois ongles de mon trépieds de caméra, j’entends hurler : « Binzamin, combien de temps vous avez encore ? ». C’est Marc Bedankt. Sa formulation laisse penser que si je filme, c’est que je n’ai rien à faire, non ? Boah, je ne lui en veux pas. Il a quand-même de la chance d’être loin… Il veut que je lui fasse quelques photos publicitaires pour sa boite. C’est d’ailleurs pour ca qu’il a placé un énorme drapeau sur la base histoire de bien me pourrir les angles de vues. « Benjamin ! » C’est Pascal, le big chief des Préfalux, « …tu peux nous prendre en photo sur le toit ? » OK, 2 options, soit, je les tue tous et j’entame ma liste, soit, je fais leur photos, ils sont contents et ils libèrent la base et j’entame ma liste. Bin ouais, j’ai plutôt fait ca…
Toujours pas d’Alain.
Putain mes sacs.
C’est trop beau. Il faut que je filme cette base depuis le bout du ridge. De là-bas, elle sera magnifique mais c’est loin. J’y vais. Je déteste avoir raison. Je veux dire, c’est loin. En même temps ca a des avantages parfois : Elle est magnifique. De là ou je suis les montagnes  viennent se coller à elle et dégringolent entre ses jambes.
Je ne peux pas m’arrêter. Si je suis ici depuis 52 jours, c’est entre autre pour prendre ces images. Waouw. Ils l’ont fait ces fous.
Toujours pas d’Alain : J’attrape Bernard qui était aussi sur ma liste pour deux bouts d’interview. Il faut encore aller vite, il part pour la toute dernière traverse  dans 10 minutes. Hé bin, le bonhomme me donne avec sa voix légendaire quelques réflexions sur la notion de risque et de rêve avec dans son dos plantée au garde à vous la station polaire la plus propre du monde. Je me dis que ma liste, je vais te me la foutre en l’air et profiter du moment.
Serein et pourtant, c’est pas les contrariétés qui manquent. Je redescends au camp de base. Frank a trouvé dans la base une optique grand angle de ma caméra et l’a ramenée à la tente bureau, pensant que c’était à Michel . Bon. Je l’avais justement mise dans la base pour ne pas devoir la trimballer tout le temps : Personne n’y a jamais touché mais là …
Alain range la tente matériel. Il est agenouillé parmi les baudriers. 10h, pas grave, je remonte avec l’optique.
Pour la toute dernière fois, une traverse s’en va au pied de la princesse maintenant terminée. Une série de plans dédicace pour Jos.
Maintenant, je dois arrêter . Tant pis pour Alain. Je redescends, boucle mes sacs et déshabille mes caméras : Je laisse une cassette et une batterie dans chaque, on ne sait jamais : Tous les sacs sont à présent entassés sur le traineau qu’un prinoth  (véhicule à chenilles) amènera à la piste . L’aéroport comme on dit ici.

Tiens et si je faisais une photo pour moi ? Si je prenais la même photo qu’il y a un an quasiment jour pour jour ? J’avais photographié dans le reflet du masque glacier du réalisateur de la VRT, Joris, l’Ivan Papanin, le bateau russe qui était amarré dans la glace de mer. Entre parenthèses, «  heures plus tard, le bâtiment rompait ses amarres et une dizaine d’heures plus tard, c’est la glace de mer qui cassait et nous dérivions sur un glaçon vers le large. Pour moi, cette photo est le symbole de l’expédition de l’année dernière parce que ce bateau contenait les premiers éléments de la base qui devaient être amenés à Utsteinen par une route qu’on devait encore tracer. Et si donc, je faisais la même photo avec la base en reflet dans un masque ? Maintenant que mes bagages sont faits (hors caméra).
« Tu as encore besoin de ton appareil photo ou bien ? » Ca c’est Jacques. Bin voilà, il me fallait une tête pour porter un masque, il en a presque une vraie lui Jacques. J’enfourne ma petite caméra en poche et on monte. 

Julien et Greg Sparrow sont sur le chantier qui n’en est plus un maintenant. Ils sortent du matos de forage pour une sonde sismique. C’est l’occasion de leur dire au revoir. Bin ? Au fait, Julien, il en a une aussi de tête que je me dis comme ca. Pendant que Jacques savoure une dernière conversation avec son pote pirate, je fais la photo. Ca le fait. Merci Julien. On est dans le pô mal là.
2Jacques, si tu veux faire ton truc, c’est maintenant ou jamais. »  Il avait oublié qu’on était venu pour que je le photographie dans la pièce de l’infirmerie-hôpital  de la base. Je le filme montant dans la station puis je me bas contre la buée sur l’objectif . La station est maintenant chauffée pour que la colle des pare vapeur prenne. Bref, c’est le bordel, il est 10h40. Et qui c’est qui déboule au détour d’un couloir. Le Yéti, mon vieux. « Hé, c’est à midi hin l’avion ». Ma tronche… Bin, ca parle un Yéti ?
Avec Jacques, Alain discute dans les futurs bureaux de l’actuelle base. Puis, il vont dans le bureau du Base Camp Manager . Le bureau d’Alain quoi. Jacques s’amuse à le photographier assis à une chaise devant un bureau encore invisible face à la fenêtre qui  donne sur le champ d’éoliennes. Plein nord pour ceux qui suivent… Alain se prête au jeu, il fait semblant de taper à l’ordinateur tout aussi invisible. Les deux hommes se marrent.
Boah, et si on faisait cette interview ici maintenant. Ce n’est pas ce que j’imaginais mais dans le genre symbole de la réussite du projet, quand on repense à ce qu’il y avait ici, il y a 4 mois, c’est pas mal.
Alain rend hommage au groupe. Perso, je l’ai déjà entendu dire souvent le mot « incroyable » parce qu’il fau bien avouer qu’il se retrouve souvent à des endroits, dans des situations incroyables. Mais c’est la première fois que je l’entends dire à propos des membres de l’expédition le mot « bonheur ».
Je descends au camp de base et je peux démonter toutes mes caméras maintenant.
Quand l’avion arrive, «  skidoos » nous emmènent. Tout le monde est à la piste. Alors qu’on décharge des rouleaux de plastic isolant pour les toits des hangars, Alain temponne mon passe-port avec un cachet qui mentionne « VISA PRINCESS ELIZABETH ANTARCTICA, period of stay : 90 days ». 
On se dit au revoir et … Paf ! Au moment d’attaquer le paragraphe des au revoirs avec la musique qui monte, les gorges serrées, les larmes et tout le kit « fin d’aventure », j’éclate de rire. Yo s’est fait enrouler dans du ruban adhésif avec son sac à dos sur le dos.  C’est Greg Sparrow qui a encore frappé. La blague fait référence à l’arrivée de Yo et le coup du sac à dos qui remonte dans l’avion. Le deuxième atterrissage et tout ca. Ce coup ci il aurait du mal a oublier son sac.
Bon aller, on remet la musique. Je propose un bon James Blunt, Good bye my lover : On va y aller pour les au revoirs. Prêts ?
Salut Jean-Marc. Auf Wiedersehen Norbert .Gutte Woche Nils. Karl. Mister Tip Top.A bientôt Arnaud. Au revoir Bacri, Greg, Julien, Geoffroy, Emilie, Michel, Alain . Les autres ne sont pas là pour cause de traverse : Bernard, Philippe, mon adjudant Grasseli et mon Lieutenant Colonel René que normalement on dit mon colonel…
Tiens, il y a mini-Bacri qui est jeté comme un sac dans l’avion. « Prenez ca aussi, on n’en veut plus ! » C’est encore Sparrow. Juste avant de monter dans l’avion, je m’acquitte d’une petite dette de jeu envers Julien. Ce qui  rend un peu scabreuse ma montée dans l’appareil. « Bon aller, je n’ai plus que « 30 secondes d’images ». Ca c’est Michel qui a accepter de filmer notre départ pour AU QUOTIDIEN. Et la bin, c’est le signe de la main, la musique qui monte : Ralenti sur les sourire et normalement, on pleure.
Voilà, à l’heure où je vais bientôt me taire, je suis dans le gros avion russe, l’ILLIUCHINE 76 pour les mêmes connaisseurs que plus haut. Notre premier avion nous ayant déposé à NOVOLAVARETSKAYA ( Faut essayer de le dire vite avec l’accent, ca aide … ouais mais plus vite encore et normalement on comprend vite pourquoi on finit par dire NOVO)
Le changement d’avion s’opère en gros skidoo qui tire un traîneau rempli de bagages et avec des gens dessus. Nous. Nous avons la chance de tomber sur un conducteur qui est soit complètement crétin ou alors ivre mort. Alors qu’on est une demi-douzaine empilés sur plusieurs couches de bagages, le tout sur un traineau, ce crétin met la gomme. Je sais que ce n’est peut-être pas bon pour les relations diplomatiques de parler comme ca. Peut-être devrais-je mieux choisir mes mots, c’est vrai. Cet abruti fini donc,  fonce à tout allure sur la glace bleue, perd s évidemment le contrôle  et part en dérapage. Résultat, une boîte mais surtout Guido est éjectée. Je vois notre pauvre grutier tenter de se rattraper en courant désespérément sur la glace à pas de géants.  Il vole en l’air cul par-dessus tête et s’écrase sur le dos. Notre prix Nobel du skidoo arrête son engin en freinant à bloc pour bien mettre le traineau de travers et au moment où les gens descendent pour aller relever Guido,  le crétin intersidéral redémarre. Ca gueule, il stoppe juste avant de broyer la jambe de Yo. Et après ca, ce con a le toupet d’aller faire semblant de s’inquiéter pour Guido qui se tient le dos. « God verdomme ! Niks tot aan de laatste dag hé … en dan. » Guido remonte.

Je ne sais pas ce qu’ont les russes mais ils veulent aller vite. On monte dans l’ILLIUCHINE. Ha, je vous ai dit ou pas ? Ils ont une caméra dans le cockpit de l’avion et projettent en direct et de travers  l’image sur un superbe écran en toile soigneusement détendu à l’intérieur de la carlingue, histoire de divertir les passagers qui n’ont pas le moindre hublot mais par contre toute une collection des drapeaux des pays présents sur. T’as l’impression de voyager dans un camion citerne avec un cinéma dans le fond.
Je me moque ? T’as raison, je suis peut-être encore énervé par l’imbécile en skidoo.
Je décolle sur « Rodéo » de Zazie en fixant la piste de glace qui défile sur l’écran. Zazie a fond, c’est mieux que les boules quies pourtant fortement conseillées par l’équipage déguisé en combinaison de cuir directement sortie de Star Trek quand le quadrimoteur met les gaz.
Voilà, j’ai été un peu long, pardon. Dans quelques minutes nous quitterons le continent blanc et par définition les carnets auront bien du mal à rester antarctiques. Je voulais vous dire que vos commentaires m’ont été envoyés par l’équipe d’AU QUOTIDIEN depuis le début et franchement, merci, c’était un plaisir de les lire puis de les relire. Sauf celui de … non, je déconne. J’espère avoir pu vous faire ressentir un peu du quotidien  de cet expédition. Ces carnets n’ont rien d’officiel, c’est peut-être pour ca qu’ils ont pu être sans doute aussi personnels. Je tiens à remercier l’équipe d’AU QUOTIDIEN pour leur coaching et leur réactivité. Et puis merci aussi à mon correcteur orthographique à qui j’en ai fait voir de toutes les couleurs et qui sera bien content de revoir un peu de blanc.
Il  reste là-bas une poignée de gars qui fermeront la base dans une semaine. Parmi eux, il y a peut-être l’un ou l’autre qui serait à même de rédiger jusqu’au point final ces carnet. Qui sait ?
Bon, 33… il faut que j’y aille.
A bientôt,
Benjamin Luypaert

PS : Quelqu’un peut baisser la musique en sortant ?

Encore d'autres infos sur le site de la "steichen" polaire

Ben : la veille du der des ders

Mardi 26 fevrier
Prinotherapie…
Alors que je m attendais à une veille de départ en forme de veille de départ avec  tout ce qui faut de « faisage » de sacs, vidage de tente et tout ca, et bin pas du tout.
Le matin, Greg Sparrow  charrie Alain, « Alors ? On va faire sa prinotherapie ? » Ca fait 4 jours qu’Alain n’a plus conduit un prinoth (véhicule a chenilles). Ca le démange. Il présente tous les symptômes du manque. Va falloir faire quelques « retouches à la pelle et à la fraise» du côté de  la piste d’atterrissage pour l’avion de demain, ça tombe bien.  Alain jouera du chasse neige toute la matinée. Il ne ramènera sa « fraise » que vers 14h. Tant pis pour l’interview que je voudrais faire avant de partir.
Je reçois une salve de mails de Bruxelles. C’est mignon, les élèves du collège avec qui j’ai eu une téléconférence déguisé en Poncherello vendredi ont laissé des tas de commentaires sur le blog.
Et puis, Valérie, c’est ma coach à Bruxelles,  la madame que c’est elle le chef de AU QUOTIDIEN me propose de montrer les tronches de tous les sagouins de l’expé.  Histoire de faire découvrir à quoi ressemble  « Le surfeur », «  Greg Sparrow » ? Qui est « Mini Bacri » ? C’est pas un peu de la bonne idée en paquet de 1 ca ? Si. Bin voilà, c’est pour ca qu’elle est chef Valérie. Et donc, je me lance là dedans avec ma toute belle tête des grands matins. Pas fatigué du tout, c’est aussi ça qui est bien. En tout cas, ça a été marrant à faire. Emouvant même la bonne volonté de tous ces gens dont ce n’est pas le métier. A mesure qu’ils me disaient leur « bonjour », j’avais l’impression qu’ils me disaient « au revoir ».

l'équipe du molku

L’après-midi commence par une fort belle défaite au Molku contre Alain Dernivois.  50-49 avec 2 remises à 0. Les spécialistes apprécieront.

Comment ca, il n’y a que 2 spécialistes du Molku et ils jouaient l’un contre l’autre ? Faux. Je m’inscris en faux c’est pas vrai. Rien que moi, j’en connais plein moi des spécialistes du Molku . Du Molku ? Facilement, au moins…au bas mots…et bin 4. Quand même ! 4 humains dont 25% de femmes. Ouais, bon a part Emilie, Geoffroy, Alain D. et moi personne ne connait quoi.

Bon a la demande générale et uniquement parce que j’adore qu’on me supplie, voici pour la toute dernière fois le règlement officiel des règles du jeu du mode d’emploi de comment qu’on joue au Molku :
-A l’aide d’une bûche longue de 30 cm et d’une section de 6 à 8 cm, il faut faire tomber des quilles placées à 4 pas du lanceur ou … ou éventuellement de la lanceuse. 
-Chaque joueur a 1 lancé par tour.
-Les quilles sont  12 et sont numérotées de 1 à … très bien. Elles sont groupées aléatoirement en troupeau assez serré, le tout en cercle.  Si, ca ressemble à un cercle. De toute façon, c’est moi qui dit.
-Le but du jeu : arriver a 50 points pile.
-Si on fait tomber plusieurs quilles, elles ne valent qu’1 point chacune. Ne comptent alors que le quilles qui sont complètement couchées sur le sol. Celles qui se chevauchent dans la fameuse figure dite du « mikado » ne comptent pas. Si au contraire, on ne fait tomber qu’une seule quille, alors on remporte le nombre de point que la quille indique. Par exemple, la quille numéro 12 vaut 12 point. Un autre exemple, la quille numéro  8 vaut 8 point. Ca commence a venir, c’est bien, un autre exemple, la quille numéro 4 vaut … 4 points. Un autre exemple ? Oui bon bin ca va.
La  2 ? C’est bon là.
Ce serait évidemment beaucoup trop simple si on remettait chaque fois les quilles à leur point de départ. Nooon, il te faudra les remettre debout à l’endroit ou elles sont tombées. Ca paraît con comme ca mais du coup, les quilles s’écartent peu à peu et un jeu d’adresse et de stratégie remplace peu a peu le jeu de massacre. « Les choses ne sont pas si simples qu’elles n’y paraissent .» Toute une série de métaphores vous viennent …
-Si tu dépasse 50, tu repars a « 0 ». Ce qui techniquement s’appelle une « remise à 0 » et se prononce : « Putain chiotte ! »
-Si tu ne touche rien 3 coups consécutifs, tu repars de 25. Y a pas de nom technique mais ca se prononce « …Et merde ! »   
-Quand un joueur ou … éventuellement, une joueuse, atteint 50, les autres joueurs ont encore 1 dernier lancé pour tenter d’égaliser. Après quoi, il est vivement conseillé de lancer la bûche directement sur le vainqueur afin qu’il arrête de la ramener. C’est en ca que le jeu est un peu scandinave.
Bin moi j’ai perdu 50-49 contre Alain Dernivois, les obsèques auront lieu … ha non, on me dit qu’il survivra.
Et puis quoi ? Bin on sent sur le chantier que tout le monde veut dégager les « crasses » pour enfin pouvoir photographier, filmer la boite a tartines géante. Aussi appelée la boite a hamburger d’une marque qu’on ne peut pas nommer mais qui est quand même moins bonne que le Burger King, seulement,  on peut pas le dire parce que sinon on se fait « couic » ! Bref comme dit Marc Bedankt, «  Tomorrow is pictures day. »
En fin d’après-midi, quelques angles se dégagent pour les beaux plans.  Ca c’est la bonne nouvelle.
La moins bonne, c’est qu’Alain H fait une rechute, il « doit » reprendre le traitement. Prinotherapie intensive. Chasse-neige double dose.  Il dégage  le côté est du ridge pour dégager les accumulations de neige autour des pieds de la grue qui est maintenant partie. A pu la grue.
Mon interview sera pour demain  mais ca va, on aura le temps
Avec Yo, je fais encore une visite guidée en 2 langues de la base et puis basta. De toute façon, je n’ai plus de batterie, plus de cassettes et mon dos est en compote.

Le soir, afin de ne pas nous saouler avec de longs discours, Alain nous offre le cognac après le repas pour marquer le départ de … de nous tiens, c’est vrai.
Le dernier jour se termine dans une passionnante conversation entre Marc Bedankt, Yo et moi a propos de … de… Janine pourrait vous le dire, elle n’en a pas perdu un mot, elle.
-22. Faut qu’on y aille, demain sera une grosse journée qui commencera tôt.
A bientôt,
Benjamin Luypaert

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Ben : le grand depart en images

Et bien , voilà Ben va nous envoyer ses derniers carnets depuis Cape town . En attendant , Michel De Wouters , le cinéaste qui prend son relais , nous envoie une dernière image de l'antarctique... Le départ de Ben et de toute une série de camarades. A l'heure qu'il est il ont foulé le sol africain...On attend les dernirs recits, mais pour l'heure , voici !

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26 février 2008

Et hop...encore des images splendides de Benjamin!

Si vous ne savez pas qui est Raymonde, ou plutôt Rémonde, relisez les "Carnets de l'Antarctique" de Benjamin! C'est grâce à elle qu'il a pu prendre les images qu'il nous offre aujourd'hui!!!

C'est un OVNI, posé en Antarctique! Mission accomplie pour l'équipe d'Alain Hubert. Lors du prochain été polaire dans l'émisphère sud, dès novembre 2008, la station polaire Princesse Elisabeth (0% émission de CO²) sera en mesure d'accueillir les premiers scientifiques et les premières études sur l'évolution du climat.


Aérien
envoyé par AuQuotidien
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25 février 2008

Ben : 8me et dernier lundi à Utsteinen

Lundi 25 février

8ème et dernier lundi à Utsteinen.

Le jour se lève sur Disneyland. Son château indique clairement que le résidant est déjà parti. Un pont-levis abaissé, ça ne trompe pas. L’attraction principale de la journée, ce sera le vaisseau spatial posé sur la colline, ce qui n’est qu’une demi-surprise.

Après une très courte file d’attente, c’est parti pour un dernier survol de la base à bord de la Rémonde. J’ai appris pourquoi elle s’appelle Rémonde et pas Raymonde cette nacelle. C’est parce que sur le chantier le grutier qui actionne sa grue avec une télécommande qu’il porte à la ceinture doit entendre les demandes des préfalux. Ils veulent  leur module un peu plus haut ou plus bas. Alors soit il parlent avec des gestes, soit ils crient : « Remonte ! » C’est de là que ça vient m’a expliqué Greg sparrow.

Dernier survol donc. Je partage la compagnie de Rémonde avec Michel qui prend des tas de photos. Maintenant que l’échafaudage est complètement démonté coté est, la base nous montre ses longues jambes blanches. Un jeu de miroir se fait aussi entre le dessous en inox et la neige, les montagnes. Elle a vraiment l’air d’un vaisseau spatial en sustentation à quelques mètres des rochers d’une planète inconnue.

Michel

En fin de matinée, Julien et Greg s’acharnent chacun à sa manière sur le reste de l’échafaudage côté ouest. Quelque chose me dit que le pirate pourrait en avoir un peu plein les bottes. Peut-être parce qu’il chante à tue-tête sur l’air d’Aline : « Ca me fait ch… ! ». Julien, lui ça va, il danse, il chante tout en lacérant copieusement les énormes poutres à la tronçonneuse. Tout en négociant aussi les attaches au pied de « bige ». Quand les énormes morceaux de bois valdinguent au sol dans un vacarme de tous les diable, il ponctue : « Alors là, on est dans le pô mal. Pô mal, Pô mal, hin. C’est heu pô mal ! » Un tout beau dézingage en règle quoi.

Avec une patience de copiste Philippe range par taille les planches de l’échafaudage dans le hangar. Oui, on parle bien du gars qui vient de finir de trier les milliards de vis et écrous. Dans un style peut-être un peu moins soigné, on a le « ranger à la grue » de Marc Debandt qui enfourne les poutres dans un container. Ce qui dépasse, on le coupe à la tronçonneuse et basta. C’est autre chose.

Sur le chantier on a posé le dernier raccord inox du toit. « On », c’est Nils et Alain Dernivois aidés par Clapton puis Madonna à fond la caisse. Le démontage bat son plein. Le symbole le plus fort est sans doute le repliage de la grande grue. Cette fois, ce n’est pas à cause du vent. La grande potence se croise définitivement les bras qu’elle a énormes pour passer l’hiver l’abri.

Nils et Alain Dernivois

C’est marrant, à l’intérieur de la base, il n’y a que 3 personnes. Le duo Bacri-Jean-Marc qui pose de la cloison à tour de bras et Yo. Le Johan qui s’est installé un petit bureau au pied de la triple fenêtre qui donne sur Utsteinen. Il y a plus moche. Sur sa table, il dessine à la main et navigue dans le modèle 3D de la base grâce à une drôle de souris d’ordinateur. Une espèce de molette joystick qui lui permet de naviguer dans sa base virtuelle, lui qui est assis dans sa base bien réelle.

Et puis, c’est là qu’on se dit qu’on a encore des milliards de choses à faire. Des interviews, des machins, des sacs … parce que demain, c’est le dernier jour entier. On part mercredi à 11h, c’est confirmé. Petit changement Manaram, notre sherpa faiseur d’eau qui a la côte pétée refuse de se faire évacuer. Du coup, Jacques le médecin se prépare à quitter son hôpital. Il rentre avec nous. A l’heure qu’il est, 21h45, il se grouille de répertorier et d’empaqueter tout son fourbi de l’hôpital container où je suis pour écrire ces lignes. Même parti, il doit savoir où se trouvent les médocs si quelqu’un en avait besoin pour la semaine qui reste.

Voilà, j’ai décidé de garder le contact avec vous le plus longtemps possible. Le dernier épisode des carnets, celui du mercredi 27 février 2008, je le posterai de Cape Town. C’est pas les Cyber cafés qui manquent. Après quoi, mes carnets n’auront plus grand-chose d’antarctique et on devra se dire au revoir.

A bientôt,

Benjamin Luypaert

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Première visite de la Station polaire.

Voilà! Elle est fermée, elle est isolée... elle n'attend plus que du mobilier et des habitants... Première visite guidée de la station polaire Princesse Elisabeth. (et apparemment, les images se "bloquent" après 6 secondes, si c'est le cas chez vous, cliquez sur la petite ligne grise aux environs des 8 secondes et ça repart... désolé pour ce petit problème totalement indépendant de notre volonté! Il y avait sans doute un peu de neige dans le tuyau par lequel nous sont parvenues ces images! Pour rappel, Utsteinen, c'est en bas tout en bas à seulement 13650 kilomètres de Bruxelles! ;o)

24 février 2008

Ben: l'air de rien ca sent la fin !

Vendredi 22 février

L’air de rien, la fin du séjour se profile benoîtement. 

C’est l’anniversaire de Benoît. 52 ans.

Le matin j’émerge péniblement en compagnie de Greg qui a l’air d’avoir sérieusement la tête dans le fion. Il fête au moins son 6ème café sans la moindre réaction. Emilie, elle, a déjà la force de se faire une réussite. Bref on sent qu’on est tous un peu lourd au décollage.

C’est marrant, j’ai l’impression que ça chagrine des gens que je dise que je mâte des films quand je n’ai rien n’à faire. Comment il ose regarder des films ? Comment ose t-il n’avoir rien n’à faire, ici ? Alors c’est simple, le plus difficile c’est de ne pas renverser le double expresso avec un sucre entre la machine à café et l’ « hôpital paradisio ». Le chemin est parsemé d’embûches notamment d’accumulations de neige. Il faut marcher vite sinon le précieux nectar noir se refroidit. Et puis après, c’est comme regarder un DVD mais avec un casque sur les oreilles. Boah, c’est pas bien difficile.

Comment il ose ? Hm. Que celui qui a gravi une montagne avec un pied de caméra une caméra, ses batteries et ses cassettes pour faire deux plans d’illustration me ramène un autre double expresso avec un sucre et on en reparlera.

Non, je dis ça parce que ce matin, je donne sa deuxième chance à Kassovitz. Je veux voir comment il va s’étendre en fin de « GOTHIKA ». On sent venir l’histoire de mœurs à plein nez mais c’est tellement pauvre par rapport à toute les portes qu’il a ouverte en en claquant d’autres… Enfin, là, je deviens trop pointu puisque je fais référence à l’épisode d’hier des « carnets » où j’expliquais qu’à part enchaîner les trucs et astuces des films d’horreur, le film n’avait pas grand-chose à proposer. Si ce n’est évidemment Halle Berry mais en gros trop d’effet pour un scénar qui sent l’oignon en fin de course.

Afin de préparer une téléconférence avec une école belge, rien de tel que d’aller faire un tour sur le chantier caméra au poing pour faire le point sur le chantier avec une caméra sur le chantier au point de … Oui bin ça va on a compris. Ca, c’est de la bonne idée. Mon vieux, je te me choppe le Philippe en train de finir de trier sa 2ème tonne facile de visses. Le gars, il a ramassé des dizaines de caisses en bois de boulons, d’écrous, de visses, de rondelles qu’il a trié depuis 2 jours je crois. Ce sont des restes du chantier, des « marges » de matière supplémentaire qu’il a fallu prévoir. Il m’explique que tous ces boulons ont dû être surévalués en nombre et répartis dans plusieurs containers au cas où, l’un ou l’autre convoi se plante dans une crevasse ou finisse au fond de la mer… Ca fait bien hin. C’est la procédure il paraît. Il s’exprime vraiment bien Philippe, on sent le vulgarisateur. C’est émouvant même  de constater comment il s’efforce de ne pas dire de « bêtises ». Surtout ne pas dire que c’est du gaspillage. Expliquer justement que c’est la procédure ici en Antarctique. Ca dénote de son adhérence au projet lui-même de la construction de la base.   

13h30, c’est la fameuse téléconférence avec le Collège Saint Benoît de Liège. Un peu avant le rendez-vous téléphonique, je pique la batterie solaire d’Alain mais il ne faut pas le dire. C’est que le téléphone satellite a la réputation de raccrocher quand bon lui semble mais j’ai l’impression qu’avec une sonde rectale solaire, l’envie de couper devrait lui passer. Je monte sur un skidoo et vais me planter sur le ridge au nord de de la station. Je me filmerai avec la station derrière pendant la téléconférence pour que l’équipe de télévision qui filme les étudiants en Belgique puisse mélanger les images. Je ne me rends pas compte sur le moment mais en visionnant les images… Comment dire ? Les lunettes de soleil, le skidoo … Ca ressemble plus à une communication radio Poncherello dans « CHiP’S». On verra bien mais les élèves avaient des tas de questions. Je leur souhaite de venir un jour trouver leur propre réponses ici.    

Après ça Michel me file un fameux coup de main pour envoyer les images à Bruxelles. Je n’arrive pas à joindre le journaliste. C’est vrai, on est pressé là bas. Comme disait le révérend quand il était ici : « Ne nous hâtons pas, nous n’avons pas de temps à perdre… » Il a raison.

En fin d’après-midi je rejoins les « vrais » travailleurs. Greg a retrouvé une pêche d’enfer ! Avec Julien et Alain, ils se déchaînent sur l’échafaudage qui tombe en lambeau. Ils y vont à la tronçonneuse. A l’heure qu’il est, ils ont déjà tordu un ou deux pieds de biche, je ne sais plus. Le merveilleux échafaudage n’est plus maintenant qu’un  énorme jeu de mikado côté est. La partie du côté de la tour ne perd rien pour attendre.

Au chocolat chaud tardif de 17h45, le soleil arrose tout le monde sur le toit des hangars. L’ambiance est paisible. Moi, je commence à me dire que les problèmes pour finir l’inox de la tour commencent à la faire longue et que le dézingage parcimonieux, fût-il à la tronçonneuse, de l’échafaudage va être juste juste par rapport à mon départ dans 5 jours … Mais on est cool. Alain fait un peu de stretching sur un tas de planches qui fait office de table pour la pause choco. Une anecdote d’expé que je ne connaissais pas tiens. Alain explique à sa fille qu’il a toujours essayer de ne pas emmener ici ses voiles de parapente. « Soit, tu penses montagne, soit, tu penser para-pente. » En 91, en expé dans l’Himalaya, il s’est vautré sur un troupeau de moutons alors qu’il essayait d’atterrir. Il avait commis l’erreur de vouloir voler dans une expé où on pense montagne explique t-il à sa fille. Ce sont ces moments là que j’aime bien avec Alain, où il lâche prise parce qu’il parle à sa fille.

Le boulot reprend. Je time laps. Pour la 47ème fois je monte la caméra à l’un des 4 endroits précis duquel je prends 30 secondes d’images par jour. Il n’y a pas beaucoup de vent mais les températures chutent en ce moment. Il faut aller vite. Je ne sais plus où sont mes gants, je n’ai que ces merdes trop fine. Deux mains droites en plus. Si, c’est important. Je repense affectueusement à celui qui pense que je ne devrais  pas regarder des films quand je n’ai « rien » n’à faire.

Avec Jacques, on filme une petite séquence avec une caméra amateur dans son container hôpital. Pour des collègues et amis je crois. Sympa. Lui, c’est le contraire de la censure, il tiens à ce que la caméra s’attarde sur la bouteille de whisky Glenmorangie pendant qu’il parle des médocs qu’il a dans l’étagère d’à côté. Détendu quoi.

Et puis bon bin voilà, il n’y a plus qu’à compatir avec benoît qui a donc 52 balais aujourd’hui et qui fête ça en se tappant le cul sur le siège d’un prinoth (véhicule à chenilles) quand il a de la chance. Dans la cabine sans nom officiel, comment dire … à d’autres moments. Et puis dans la tempête pendant les pannes ou les pleins quand vraiment l’ambiance est trop chaude et qu’il faut recourir au blizzard pour calmer la foule. Aller, Benoît, on fêtera ça demain ensemble. Je sens que Bernard te prépare un truc…

A bientôt,

Benjamin Luypaert

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