L'INVITE DE LA SEMAINE : Damien Van Achter
"Le Blog médias d’Alain Gerlache Toujours intéressant de voir un “vieux de la vieille” débarquer sur le web. S’il y prend du plaisir (ce qui a l’air d’être le cas jusqu’ici), et qu’il se déformate (en faisant des jeux de mots par exemple :-), ça nous promet bien du plaisir". C'est en lisant cette annonce de la création de mon blogue que le "vieux de la vieille" (pff...) a envoyé un courriel à Damien que je ne connaissais pas personnellement. Une rencontre directe et stimulante avec un des incourtounables des nouveaux médias belges francophones. Et, comme on lira ici, sans langue de bois, sans dogmatisme, et sans tabou. En attendant la prochaine concrétisation de projets communs...
Quel est le principal impact des évolutions technologiques récentes sur votre pratique professionnelle?
J'ai construit ma pratique professionnelle sur ces évolutions. A l'époque où je bossais en tant que journaliste à l'Agence Belga, j'étais collé 8 heures/jour devant un ordinateur ... c'était le début des blogs et le potentiel d'"ouvrage de gueule" qu'ils représentaient m'a tout de suite bien de plu. Au regard des discours politiques/économiques cadenassés et des communiqués de presse chiants comme la mort que je traitais tous les jours, la liberté d'expression qui jaillissait de ces nouvelles formes de publications m'a subjugué. En fait, du point de vue du producteur d'info, c'est surtout la possibilité de maîtriser la chaîne tout entière de cette activité qui m'intéressait. Pouvoir publier facilement et à moindre coût du texte, de l'audio et de la vidéo ... c'était fascinant. A l'échelle d'un blog perso cela peut paraître insignifiant, mais appliqué à un média disposant de ressources humaines et matérielles, j'étais convaincu que ces évolutions allaient boulverser les vieux schémas traditionnels, tant économiques/politiques que philosophiques (notamment en ce qui concerne l'idée de "propriété"). Ces évolutions technologiques m'ont donc amené à remettre en question la manière dont laquelle le journalisme allait se pratiquer à l'avenir, à prendre un plaisir fou à explorer ces nouvelles pistes et à essayer de tirer les enseignements des expériences tentées par d'autres, ailleurs.
En quoi ont-elles modifié vos habitudes d'utilisateur des médias ?
En fait, c'est d'abord par ma propre consommation de "produits medias" que je me suis rendu compte des changements colossaux à l'oeuvre. La découverte des flux RSS (ça devait être fin 2004 si je me souviens bien) fut le départ d'une réaction en chaîne dans mon comportement d'infophage aigü. Désormais, je pouvais consommer uniquement ce que je voulais, quand je le voulais, sur le support que je voulais (ça m'a d'ailleurs coûté un pont en matériel informatique). Très vite aussi, je me suis rendu compte que deux des facteurs les plus importants dans l'économie du web en construction était la confiance et le partage, qui par essence ne s'achètent pas mais créent in fine de la valeur. Les discussions, les commentaires, les liens que les internautes tissent entre eux sont créateurs d'une richesse bien plus grande que celle simplement mesurée en terme de nombre de pages vues/de visiteurs. Nous ne sommes qu'au début de cette révolution, le meilleur reste à venir !
Un coup de cœur et/ou coup de gueule récent dans le domaine.
Mon coup de coeur du moment, c'est le JT du web sur www.six35.fr. J'ai toujours rêvé de pouvoir participer un "vrai" JT, avec des "vrais" infos, sans censure ni pression, rien que sur le web, et que grâce à l'engouement des foules, ça allait changer le monde. C'est un peu mon coté anar tendance fumeur de moquette :-). Il est bourré de défaut mais depuis début janvier, avec quelques autres illuminés, nous prenons un pied carabiné à le réaliser et à nous nourrir des réactions des internautes pour le faire évoluer.
Mon coup de gueule du jour va à l'encontre du blog de Colette Braeckman (http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/) que l'on me comprenne bien, je respecte tout-à-fait la personne, c'est son blog que je critique) Les billets sont de stricts copiés-collés de ses articles publiés dans l'édition papier du journal le Soir, les commentaires sont fermés, l'interaction est donc totalement absente et aucune valeur ajoutée (si ce n'est la gratuite de la consultation) n'est apportée. C'est dommage parce qu'avec son expérience et sa connaissance de l'Afrique, Mme Braeckman pourrait susciter de très chouettes discussions et enrichir ses articles des "retours" que ses lecteurs pourraient lui fournir.




La RTBF recherche un directeur nouveaux médias... Damien Van Achter, un bon candidat ?
Rédigé par: François | 27 janvier 2008 at 20:09
Je n'ai pas bien compris l'allusion "se déformater". Il est trop coincé A. Gerlache c'est cela ? Oh il est vrai que parfois il répond du tac au tac aux interventions assez froidement ou de manière qui peut apparaître un peu cassante, mais il adoucit généralement avec un ;-).
Je le trouve au contraire assez impartial et bon modérateur des propos qui peuvent parfois se lire sur son blog (moi, sarkophobe patentée par exemple, comprise). Il peut faire des feintes, si si j'en témoigne ! Voyez son récent "connards à bannir à vie" sur les députés italiens...
Personnellement je préfère un mec sérieux, avec une expérience incontestable, qui connaît son job, plutôt que les petits rigolos qui se targuent de faire de l'info, d'avoir de l'humour sur leur blog et pratiquent un jeunisme fatiguant (mdr, pdr, lol) et des fautes d'orthographe à pleurer. Je ne parle bien entendu pas pour vous M. Van Achter, car je ne vous connais pas.
Rédigé par: BD | 28 janvier 2008 at 10:22
Vous m'avez sans doute mal compris. Pour moi "se déformater" est un des plus beau compliments que je puisse faire à un journaliste à l'heure actuelle ! C'est une capacité rare que de sortir des sentiers battus pour explorer de nouveaux "formats", de nouvelles manières de transmettre des infos et d'interagir avec ceux qui les consomment.
Rédigé par: damien | 28 janvier 2008 at 13:26
@Damien. OK. Je vous ai tout à fait mal compris ! Votre phrase, puisque conditionnelle, sonnait comme un petit reproche et pouvait être interprétée comme "à charge" (c'est à dire "à condition qu'il sorte du format").
Rédigé par: BD | 28 janvier 2008 at 14:15