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14 janvier 2008

Quel journalisme en 2020?

Agoravoxune_2C'est sous ce titre - qui devrait plonger tout esprit un peu modeste dans un abîme de perplexité : c'est déjà difficile à prévoir pour 2010! - que j'ai été invité à conclure le Congrès de l'Union des Clubs de la Presse Francophones qui se tiendra à Mons du 17 au 20 janvier, en compagnie de Carlo Revelli, le créateur du site Agoravox.

Comme le temps du magistère et de la science infuse est révolu (sauf pour ceux qui ne s'en sont pas encore rendu compte, mais je ne citerai pas de noms!), je lirai avec grand intérêt vos réflexions et observations sur l'avenir du journalisme, principalement face aux nouveaux médias et au "journalisme citoyen".

Ce blogue vous est plus que jamais ouvert. En outre, sauf actualité particulière, j'aborderai aussi cette question dans ma rubrique radio de mercredi, à laquelle vous pourrez également réagir.

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Voici les sites qui parlent de Quel journalisme en 2020? :

Commentaires

Gloups... le journalisme en 2020? Le monde va toujours plus vite OK, mais là c'est vraiment loin non?

J'aimerais bien néanmoins vous poser quelques questions. Par exemple :
1. Faut-il respecter son lecteur/auditeur/spectateur ou "l'objectivité" (qui n'existe pas vraiment puisque nous sommes, humainement parlant, tous subjectivement 'objectifs')?
2. La pub permet-elle aux chaînes, aux journaux, etc. de mieux payer leurs journalistes ?
3. Ne sentez-vous pas l'uniformisation de la presse ? Où est la presse d'opinion ? Il semblerait que le centre de gravité se déplace du support papier en direction de la télé et d'Internet mais que la multiplication de ces sources puisse nous mener à l'overdose.
4. Les journalistes ne sont-ils pas payés pour se taire? Surtout quand les actionnaires du medium pour lequel ils travaillent sont de grands groupes privés évoluant dans le domaine de l'aviation, de l'armement, de l'alimentaire, ou des politiques, etc.
5. Que penser des journalistes TV qui passent un temps dans les cabinets ministériels ou qui se lancent en politique ?
6. On nous bassine de mondialisation (libéralisation, rentabilité, délocalisation) depuis quelques années. Les journalistes ne devraient-ils pas plus s'interroger (et interroger) sur un système économique qui a certes du bon, mais qui martyrise aussi les gens sur tous les continents ?

PS : Journaliste moi-même, j'ai travaillé pendant 20 ans dans des ONG, et je reconnais qu'il y est peut-être plus facile de dénoncer des injustices ou d'expliquer des dysfonctionnements que dans la presse traditionnelle.


1. Comme vous, je n'aime pas le mot objectivité, exactement pour la raison que vous indiquez. Je parle quant à moi d'impartialité. Cela dit, je ne vois pas la contradiction que vous décélez avec le respect du lecteur/auditeur/spectateur. Au contraire.
2. Je ne sais pas. Je sais en revanche que le retrait non compensé de la pub à la RTBF entrainerait des centaines de licenciements.
3. Je pense que la crise de la presse d'opinion, c'est avant tout la crise du prêt-à-penser. Les idéologies du 20e siècle, qui n'étaient que le prolongement de celles du 19e, sont en train de mourir. Je ne m'en plains pas si cela ouvre la voie à des formes de pensée novatrices.
4. Tout média a des actionnaires, publics ou privés. Il est donc important de protéger les rédactions par un dispostif le plus étanche possible.
5. Je l'ai fait et j'ai beaucoup appris. Deux observations à ce sujet. Un : on peut faire du journalisme et de la politique dans sa vie, mais pas en même temps, et, comme je l'ai déjà dit, il n'est absolument pas nécessaire de passer par un cabinet ministériel pour faire du journalisme orienté. Deux : je n'ai pas refait de journalisme politique à proprement parler après mon passage chez G. Verhofstadt et en tout état de cause, je n'en referai jamais tant qu'il sera premier ministre. (Je mets de côté mes collaborations avec la VRT où je suis invité comme "francophone de service" ceci dit amicalement).
6. Franchement, ce que vous demandez, je l'entends et le lis à longueur de journée. En revanche, j'entends moins souvent que le système a aussi du bon...

Quant à votre PS, il témoigne de votre franchise et de votre honnêteté intellectuelle. Bravo! C'est ce dont nous avons le plus besoin.

Merci pour vos commentaires.
Mon point 1. visait surtout les images qu'on doit montrer parfois par souci "d'objectivité", mais qui peuvent évidemment profondément heurter le public. Je pense celle, parmi tant d'autres, qui m'a traumatisée à l'époque : l'agonie sous nos yeux de cette petite fille qu'on ne parvenait pas à sauver lors d'un tremblement de terre en Amérique Latine. Peut-on - doit-on - encore aujourd'hui tout montrer - tout dire - pour informer impartialement? Que faire quand on s'autocensure en télé mais qu'on trouve tout sur Internet ?

Figurez-vous que j'avais complètement zappé le fait que vous soyiez passé par un cabinet ministériel ! Sorry. Merci de me le rappeler. Ce n'était pas une critique, mais une simple question sur la déontologie et puisque vous avez connu cette expérience chez G. Verhofstadt, vous apportez une réponse cohérente à cette interrogation.

Point 3 : l'idéologie dominante aujourd'hui c'est le matérialisme démocratique. Et forcément les pensées novatrices ont un peu de mal à se frayer un chemin...

Le point 6 : je le répète, la mondialisation a du bon, c'est évident, il faut en parler, mais je pense que la presse a un rôle de garde-fou. Il faut qu'elle soit vigilante et qu'elle garde le facteur humain toujours au centre de ses analyses. Il faut qu'elle rappelle sans cesse que les droits des plus faibles doivent devenir les devoirs des plus forts.

Trêve de blabla. Si j'ai des idées pour ce que sera(it) le journalisme citoyen des années 2020, je vous les ferai partager. Mais je n'ai pas la science infuse ! Bonne chance pour la clôture de votre congrès.

Je suis bien content que c'est vous qui allez conclure samedi... Pas simple... :-)))

Le plaisir sera partagé, comme la conclusion!

Par rapport au journalisme d'opinion, du haut de ma petite expérience, j'en suis venue à une constatation que je serai ravie de confronter avec vous.
Le fait de ne pas montrer un point de vue fort, voire radical, n'est-il pas simplement lié à une certaine forme d'humilité? En tant que journaliste, nous ne vivons pas forcément les choses de l'intérieur et nous ne sommes pas forcément conscients de tous les tenants et aboutissants.
Quand je dois publier un article dans un périodique, je m'oblige à être beaucoup plus prudente. A contrario je n'hésite pas à réagir plus spontanément sur mon blog. En fait, j'ai tendance à considérer cette forme de spontanéité comme une valeur ajoutée des blog, puisque chaque post peut être commenté et, dans ma vision des choses, est mis en ligne pour être commenté...

Je pense comme vous que le journaliste doit plus que jamais s'imposer des régles strictes modulables selon le contexte et le support et se soumettre au contrôle du public, ce qui ne veut pas dire se soumettre tout court!

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