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22 mars 2008

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Voici les sites qui parlent de Les médias ont-ils fait la promotion de l'euthanasie lors de la mort d'Hugo Claus? :

Commentaires

Stéphane Dado

Il convient aussi de rappeler que c'est l'inhumanité de l'église et sa propagande spirituelle d'un autre âge (choquante pour tout être de raison), qui bloque le débat sur l'euthanasie en France. Au nom de l'obscurantisme religieux, le droit de mourir dans la dignité n'aura pas été accordé à Chantal Sébire. On pousse même l'indécence jusqu'à aller autopsier sa dépouille. Comment l'abbé Stockman peut-il admettre, s'il a un tant soit peu d'amour et de fraternité en lui, qu'un malade en phase terminale, tolère des souffrances attroces.
L'euthanasie n'est pas un instrument de propagande philosophique mais une libération, exercée par le libre arbitre d'un individu seul maître de sa conscience. Faut-il également rappeler que l'euthanasie a été votée démocratiquement au Parlement. Vouloir taire ou nier son existence, c'est une manière supplémentaire de la part de l'église de s'opposer aux principes mêmes de la démocratie.

Nicolas Lagasse

Certaines attitudes, faits ou pratiques de la vie privée percolent dans la vie publique. La presse parlerait du divorce éventuel du Roi, mais pas d'un bourgmestre de bourgade. On évoquerait les excès de vitesse d'un premier ministre (ou d'un prince) épris de sensations fortes au volant de sa voiture, mais pas d'un citoyen lambda.

Faut-il s'en émouvoir ? On peut aborder la question sous l'angle du souhaitable et du regrettable. Un autre angle d'approche m'intéresse ici. Ces évocations journalistiques sont des révélateurs des valeurs de notre société.

En effet, ces faits sont évoqués dans la mesure où ils choquent ou interpellent certains référents communs.

Attend-on d'un homme politique qu'il soit un modèle de vertu (USA) ? Sa fréquentation de prostituées est mentionnée dans la presse (et peut avoir un impact sur sa carrière). Si ce n'est pas le cas, la presse n'en fera pas mention.

Alors, la presse est-elle un acteur investi d'une mission politique ou un révélateur des valeurs d'une société (et de sa part d'hypocrisie, le cas échéant) ? Les deux sans doute. Cette seconde proposition me semble tout aussi intéressante que la première.

Lefrançois André

Tout à fait d'accord avec Stéphane Dado! L'abbé Stockman s'y connaît en matière d' "imposition de ses conceptions philosophiques à tout le monde" puisqu'il est militant de l'entreprise de totalitarisme religieux appelé "Eglise catholique, apostolique et romaine" qui veut formater la planète entière depuis deux millénaires. Monsieur Stockman est sans doute mentalement incapable d'imaginer que d'autres puissent cultiver le libre arbitre à titre strictement personnel, sans tenter de l'imposer à quiconque; cf. Voltaire!

michel geeraerts

Et le Cardinal Danneels de se mêler ,dans la foulée,de ce qui ne le regarde pas.Il y a, d'évidence, pour l'instant, toute une offensive de l'Eglise sur la société, et la laïcité est, hélas, en piteux état...Plus que jamais séparer l'Etat de l'Eglise.

Luc

Je suis en total accord avec Stéphane Dabo. Et je ne comprends pas que dans une République qui se veut laïque l' Eglise Catholique puisse encore avoir encore autant d'influence; surtout quand cette église fait toujours preuve d'obscurantisme.

David

mais est ce que vous relisez vos commentaires ?le religieux doit il se taire ? le cardinal Daneels a exprimé son point de vue. Le sectarisme a changé de camps : vous n'acceptez que les avis des gens qui sont d'accord avec vous. Peut on exprimer son point de vue sans être taxé de mentalement incapable, obscurantiste et autre ? Le même phénomène se produit avec l'islam où l'on ne se prive pas de parler abondemment de cet ex-musulman reconverti au catholicisme et qui, juste après son baptême hautement médiatisé, traite les musulmans de meurtriers naturels...que chacun exprime son point de vue sans insulter l'autre. Respectez les autres, y compris ceux qui sont en désaccord avec l'euthanasie (et je n'ai pas dis que c mon opinion). RESPECT de l'autre !

David

par ailleurs, ceux qui citent les paroles de Voltaire telles des paroles d'evangile feraient mieux de s'intéresser de plus près à la vie de celui ci. Voltaire était ANTISEMITE, XENOPHOBE, ISLAMOPHOBE et j'en passe. Mais il avait d'autres idées extraordinaires.Les Lumières ne doivent pas aveugler, elles doivent éclairer !!!

Stéphane Dado

A David

Votre raisonnement est spécieux. Il ne s'agit pas au religieux de se taire mais d'éviter, en tant que minorité, d'imposer ses vues obscurantistes à une majorité. En outre, comme l'Eglise peut-elle prétendre donner des leçons au sujet de l'euthanasie alors qu'elle n'a eu aucun scrupule à massacrer un continent entier au nom de Dieu, à brûler les hérétiques et autres esprits d'avant-garde (Giulio Cesare Vanini, Giordano Bruno par exemple) parce que leurs visions scientifiques ne correspondaient pas au modèle fixiste de l'église...

Relisez la Bible... Quelques exemples:

1. La Bible est xénophobe et antisémite :

Thessalonicien 2 :14-16
"Les juifs ont mis à mort et le seigneur Jésus et les prophètes, et qui nous ont chassés par la persécution, et qui ne plaisent pas à dieu, et qui se sont opposés à tous les hommes, nous empêchant de parler aux nations afin qu'elles soient sauvées, pour combler toujours la mesure de leur péchés ; mais la colère est venue sur eux au dernier terme."

2. La Bible fait l'éloge de la souffrance :

Pierre 2:19-20
"Car c'est une chose digne de louanges, si quelqu'un, par conscience envers dieu, supporte des afflictions, souffrant injustement. Car quelle gloire y a t-il si, souffletés pour avoir mal fait, vous l'endurez ? mais si, en faisant le bien, vous souffrez, et que vous l'enduriez, cela est digne de louanges devant dieu, car c'est à cela que vous avez été appelé."

3. La Bible préconise la violence et la peine de mort :

Genèse 9:6
"Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé".

4. La Bible est antiféministe :

Genèse 3:16
"A la femme il dit : En travail tu enfanteras des enfants, et ton désir sera tourné vers ton mari, et lui dominera sur toi".

Corinthiens 11:3
"Mais je veux que vous sachiez que le chef de tout homme c'est le Christ, et que le chef de la femme".

Corinthiens 14:34-35
"Que vos femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis de parler, mais qu'elles soient soumises comme le veut aussi la loi. Et si elles veulent apprendre quelque chose qu'elles interrogent leur propres maris chez elles car il est honteux pour une femme de parler dans les assemblées".

5. La Bible est sectaire et intolérante :

Jean 10:1
"Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine (de Dieu), ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez point, car celui qui le salue participe à ses mauvaises œuvres".

6. La Bible est favorable à l'esclavagisme :

Pierre 2:18
"Vous domestiques, soyez soumis à toute crainte à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bon et doux, mais aussi aux fâcheux".

7. La Bible est homophobe :

Lévitique 18:22

Vous ne devez pas coucher avec un homme comme on couche avec une femme; c'est une pratique monstrueuse.

Romains 1:26-27

C'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions honteuses. Leurs femmes elles-mêmes changent les relations naturelles en des relations contre nature. De même, les hommes abandonnent les relations naturelles avec la femme et brûlent de désir les uns pour les autres. Les hommes commettent des actions honteuses les uns avec les autres et reçoivent ainsi eux-même la punition que mérite leur égarement. Les homosexuels ne sont pas acceptés au paradis:

1 Corinthiens 6:9

Vous savez sûrement que ceux qui font le mal n'auront pas de place dans le Royaume de Dieu. Ne vous y trompez pas: les gens immoraux, adorateurs d'idoles, adultères, pédérastes, voleurs, envieux, ivrognes, calomniateurs ou malhonnêtes, n'auront pas de place dans le Royaume de Dieu.

Lévitique 20:13

Si un homme couche avec un autre homme comme on couche avec une femme, ils se rendent tous les deux coupables d'une action monstrueuse et doivent être mis à mort. Ils sont seuls responsables de leur mort (sic!).

Vous en voulez d'autres, il y en a tout plein? Moi je suis déjà totalement dégoûté...

Alain Gerlache

La note de départ portait sur le rôle des médias et n'avait pas pour but de déclencher une quelconque guérilla philosophique.

hippolyte

Bon, pour répondre à la question posée, oui, c'est l'évidence même. On y a vu un acte courageux, une mort en accord avec sa vie, etc. donc en effet la promotion de l'euthanasie a bel et bien été faite par les médias et le monde politique : Bert Anciaux : "Je le connais suffisamment pour savoir qu’il voulait partir dans la fierté et la dignité." Et donc, ceux qui ne choisissent pas l'euthanasie...
Mais ça m'a encore plus choqué concernant Chantal Sébire j'ai trouvé le traitement encore plus mauvais (pour les médias francophones en tout cas).
L'image qui est ressortie de cette affaire est la suivante : "que cette femme est devenue laide, beerk, à sa place je voudrais mourir aussi". Les informations sur le caractère évolutif et incurable de son mal, le fait qu'elle était devenue aveugle avait perdu le goût et l'odorat ont été très peu expliquées.
Or de nombreuses personnes vivent en étant extrêmement défigurées, au moins autant que cette malheureuse dame et continuent à vivre, parce que même défigurée une maman reste une maman, un père un père et qu'il est toujours possible de vivre sans un visage humain.
En clair, c'était le choix personnel de cette femme, confrontée à un mal dont nous ne connaissons pas toutes les dimensions alors que d'autres dans des conditions et face à des problèmes différents font des choix forcément différents.
Mais ce raccourci "elle est tellement devenue laide qu'il est normal qu'elle veuille mourir" me révulse.

@Alain Gerlache
Au fait, je vous ai déjà lu moins "influençant" dans votre façon de poser la question. Je ne comprends pas bien l'intérêt de l'avant-dernier paragraphe (à moins de nous le ressortir à Noël, la toussaint, la Pentecôte, l'ascension, ...).
Quant à la reformulation donnée au dernier paragraphe elle est biaisée à la base.

Il faudrait éviter de poser les questions sous cette forme sinon votre blogue pourrait tourner court.

J'en ai une par exemple :
La RTBF a-t-elle eu tort ou raison de filmer Nick rodwell en caméra cachée alors qu'un juge ayant laissé les différentes parties en cause s'exprimer a considéré en application d'une loi votée par une majorité démocratique après débat contradictoire que la démarche était illégale et l'extrait ne devait pas être diffusé ?

Alain Gerlache

Vous avez raison : la formulation rhétorique que j'ai employée aurait avantageusement pu être remplacée par : "Je pense quant à moi que la presse n'a pas eu tort de citer la cause de la mort de Hugo Claus. Tout autre attitude aurait été une forme de censure d'une démarche reconnue par la loi."

Par ailleurs, il est normal que la presse cite la réaction du ministre flamand de la Culture, sans la censurer au nom du risque de prosélytisme, tout comme elle a ensuite fait écho aux propos du Cardinal Daneels. Toute mention n'est pas d'office une forme de partialité, ni dans un sens ni dans l'autre.

hippolyte

@alain gerlache
Merci pour votre réponse.

Vous avez raison concernant la citation de Bert Anciaux.

Alain Gerlache

@hippolyte Ce que je trouve regrettable, c'est qu'alors que la situation semblait un peu appaisée, et sous la pression des éléments les plus radicaux des différents bords, on est reparti pour une guerre des tranchées philosophiques. Ce n'est pas comme celà que la société progresse. Et c'est dans ce genre de contexte que le travail de la presse est le plus difficile.

Eric Folot

OUI à l'aide au suicide, mais NON à l'euthanasie !

Au sujet de la différence entre l'euthanasie et l'aide au suicide, il faut distinguer entre les arguments juridiques, éthiques et religieux. On ne peut pas simplement affirmer sans nuance qu'il n'existe pas de différence entre les deux : dans un cas c'est le patient lui-même qui s'enlève la vie (aide au suicide) alors que dans l'autre c'est le médecin qui la retire. Il faut d'abord préciser sur quel terrain (juridique, éthique ou religieux) on tire notre argumentation. Si l'on se situe sur le terrain de l'éthique, on peut raisonnablement soutenir qu'il n'existe pas de différence. Cependant, si l'on se situe sur le terrain juridique, il existe toute une différence entre l'euthanasie (qualifié de meurtre au premier degré dont la peine minimale est l'emprisonnement à perpétuité) et l'aide au suicide (qui ne constitue pas un meurtre, ni un homicide et dont la peine maximale est de 14 ans d'emprisonnement). Dans le cas de l'aide au suicide, la cause de la mort est le suicide du patient et l'aide au suicide constitue d'une certaine manière une forme de complicité. Mais comme la tentative de suicide a été décriminalisée au Canada en 1972 (et en 1810 en France), cette complicité ne fait aucun sens, car il ne peut exister qu'une complicité que s'il existe une infraction principale. Or le suicide (ou tentative de suicide) n'est plus une infraction depuis 1972. Donc il ne peut logiquement y avoir de complicité au suicide. Cette infraction de l'aide au suicide est donc un non-sens.

En revanche, l'euthanasie volontaire est présentement considérée comme un meurtre au premier degré. Le médecin tue son patient (à sa demande) par compassion afin de soulager ses douleurs et souffrances. Il y a ici une transgression à l'un des principes éthiques et juridiques des plus fondamentaux à savoir l'interdiction de tuer ou de porter atteinte à la vie d'autrui. Nos sociétés démocratiques reposent sur le principe que nul ne peut retirer la vie à autrui. Le contrat social « a pour fin la conservation des contractants » et la protection de la vie a toujours fondé le tissu social. On a d'ailleurs aboli la peine de mort en 1976 (et en 1981 en France) ! Si l'euthanasie volontaire (à la demande du patient souffrant) peut, dans certaines circonstances, se justifier éthiquement, on ne peut, par raccourcit de l'esprit, conclure que l'euthanasie doit être légalisée ou décriminalisée. La légalisation ou la décriminalisation d'un acte exige la prise en compte des conséquences sociales que cette légalisation ou cette décriminalisation peut engendrer. Les indéniables risques d'abus (surtout pour les personnes faibles et vulnérables qui ne sont pas en mesure d'exprimer leur volonté) et les risques d'érosion de l'ethos social par la reconnaissance de cette pratique sont des facteurs qui doivent être pris en compte. Les risques de pente glissante de l'euthanasie volontaire (à la demande du patient apte) à l'euthanasie non volontaire (sans le consentement du patient inapte) ou involontaire (sans égard ou à l'encontre du consentement du patient apte) sont bien réels comme le confirme la Commission de réforme du droit au Canada qui affirme :

« Il existe, tout d'abord, un danger réel que la procédure mise au
point pour permettre de tuer ceux qui se sentent un fardeau pour
eux-mêmes, ne soit détournée progressivement de son but premier,
et ne serve aussi éventuellement à éliminer ceux qui sont un
fardeau pour les autres ou pour la société. C'est là l'argument dit du
doigt dans l'engrenage qui, pour être connu, n'en est pas moins
réel. Il existe aussi le danger que, dans bien des cas, le
consentement à l'euthanasie ne soit pas vraiment un acte
parfaitement libre et volontaire »

Eric Folot

lingerie sexy

Légalisons l'euthanasie pour les cas extrêmes, puis pour les maladies incurables, puis pour les cas graves. Donnons à la société les moyens légitimes de se séparer de ses sujets improductifs et la porte sera grande ouverte à toutes les dérives. Comment un grand malade pourra t' il résister à une pression sociale qui va lui signifier que sa vie est insupportable? Personnellement, je préfère vivre dans une société dans laquelle les soins palliatifs sont la règle.

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