Bonne question! Je ne sais plus qui a dit "La pornographie, c'est l'érotisme des autres."
Quoi qu'il en soit, à l'occasion d'une condamnation de Plug TV pour une signalétique -16 là où selon le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel estime qu'il aurait fallu l'indication -18, le Collège d'autorisation et de contrôle (CAC) du CSA a précisé la distinction entre érotisme et pornographie.
Voici le texte.
Le CAC a estimé que cette distinction ne pouvait reposer sur un jugement moral, mais sur l’obligation de rencontrer la mission définie dans le décret de protéger les mineurs, et la nécessité de poser des critères de qualification clairs et praticables pour les éditeurs et pour le régulateur.
Par ailleurs, une distinction basée strictement et uniquement sur des critères techniques de prises de vues et d’angles de tournage ne tient pas suffisamment compte des considérations importantes liées à l’épanouissement des mineurs, au respect de la dignité humaine et à la liberté artistique.
Dans cette perspective, pour le CAC, la pornographie se distingue par trois critères cumulatifs :
1. l’absence avérée d’ambitions créatives ou intellectuelles, manifestée par exemple par l’absence de scénario construit et original ;
2. la dégradation de l’image d’un(e) des partenaires et l’atteinte à sa dignité de personne humaine, celui-ci étant dépersonnalisé et uniquement considéré comme objet de gratification sexuelle personnelle ;
3. le réalisme cru réduisant la sexualité à la réalité primaire de l’acte.
Il ressort du compte rendu de visionnage figurant dans le dossier d’instruction que ces films constituent une version remontée de films pornographiques, au réalisme et dialogues crus, en effet, ils sont :
1. quasiment dénués de scénario mais au contraire constitués d’une succession de d’actes sexuels réels ;
2. accompagnées d’un vocabulaire particulièrement explicite et dégradant pour au moins l’une des partenaires ;
3. cadrés sans autre retenue que d’éviter les gros plans sur les sexes.
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