Bart de Wever est un politique intelligent et conséquent, choses que l'on peut dire même de gens avec qui on est pas nécessairement d'accord. Les menaces de mort à son endroit sont ignobles - tout comme est minable la manière dont elles ont été mises en scène lors du congrès de la NVA. J'ai eu l'occasion de dire ce que je pensais de la façon dont un journal francophone avait annoncé vouloir résoudre les questions que pose ce parti.
Mais décidément, rien n'arrête les excès de langage! Dans La Libre et De Standaard de ce samedi, Bart De Wever compare le gouvernement Leterme, minoritaire en Flandre, au gouvernement de Vichy!
L'historien Bart De Wever sait qu'il parle d'un régime qui avait capitulé et pactisé avec les Nazis et était sous leur coupe. Inutile de finasser ou de se cacher derrière son bras levé, implicitement, volontairement ou non, le lien est fait ici entre le Reich et les francophones. On sait à quel point la communication joue sur les références non-dites et les associations d'idées.
A méditer.
Et ce qui me surprend le plus - sous réserve de vérification, car je n'ai accès qu'à la version électronique des journaux - c'est que personne ne le relève, ni dans DS, ni, surtout, dans La Libre.
C'est - en résumé - le sujet sur lequel je vais plancher pendant deux jours cette semaine avec les représentants des télés suisses de toutes les communautés linguistiques (la Suisse n'est pas à la Belgique...) Chaque année, les cadres réunissent pour analyser une problématique en profondeur. Le thème retenu cette année part de leur nouvelle concession - on dirait ici contrat de gestion - qui évoque la qualité des programmes comme marqueur de leur production télévisuelle. La question, c'est donc comment l'évaluer? Pertinent, mais pas simple... Trois ateliers découlant des trois missions de la télé publique seront constitués : information, éducation, divertissement. J'ai été invité à prendre part au groupe info. Si vous avez un avis sur la question, n'hésitez pas à le soummetre ici au débat.
La télé mobile, ce n'est pas pour demain, c'est déjà aujourd'hui. Sauf qu'elle reste très confidentielle. Comment ça marche? Combien ça coute? Que peut-on voir? Avec quel appareil? Ce sont quelques une des questions abordées dans cette émission.
Il n'a pas fallu longtemps pour que les fous de Saturday Night Live, dont j'ai déjà parlé ici, se lancent dans une imitation de Sarah Palin. But look at that! C'est tout bonnement incroyable! Et pour ceux qui comprennent l'anglais, désopilant.
Nouvelle version sous-titrée en français
Cela dit, je ne suis pas d'accord avec la traduction de "boner shrinker" en "émasculatrice". Je dirais plutôt "débandante"...
Edito dans interMédias du 19.05
Le choix de Sarah Palin comme colistière avait relancé la campagne de John McCain. C’est déjà terminé. 19 jours, c’est ce qu’a duré l’effet Palin. On a un peu de recul, et au-delà de l’effet d’annonce, on peut maintenant faire un certain nombre d’observations politico-médiatiques.
D’abord : le choix du candidat à la Vice-présidence n’a en pratique rien à voir avec sa rôle constitutionnel : remplacer le Président en cas de nécessité. Sa vraie fonction, c’est de compenser les faiblesses du candidat président. Ce qui est un creux un aveu. Un vieux routier spécialiste des questions internationales pour Obama. Une jeune femme ultraconservatrice pour Mc Cain. On est clairement dans la com’. Ce n’est pas nouveau, mais ce qui frappe cette fois, c’est que dans un premier temps, le choix de McCain a fait mouche.. On en est encore au stade des hypothèses, d’autant que petit détail, l’élection n’a pas encore eu lieu. Mais quand même, c’est clair, c’est la nouveauté qui a suscité l’intérêt. Tout ça a un petit côté Star Ac’ ou Nouvelle Star. Tellement nouvelle que c’était une parfaite inconnue. Il fallait faire fort ! Obama était presque sorti de nulle part face à Clinton il y a un an. Puis on a l’a beaucoup vu, un peu trop sans doute. Tout ça illustre en fait le principe de la « fresh story », la nouvelle fraiche, celle qui relance l’intérêt. Cela dit, un seul facteur n’explique pas tout.
Ainsi, c’est peu dire que Palin n’est pas la candidate préférée de l’intelligentsia, des médias et du show biz,. Réac, bigote, fan des armes à feu, sans expérience, pas intello, blanche, hétéro et monogame, la pauvre n’a vraiment rien pour elle ! ;-)
Et, à part dans médias ultraconservateurs, l’accueil a été assez froid. Mais toutes les enquêtes indiquent que ça a joué en sa faveur. Voilà qui démontre une fois de plus que lorsque l’intelligentsia parait s’acharner sur quelqu’un, elle le renforce souvent dans l’opinion. C’est une sorte de réflexe de classe qui joue. Il suffit de lire les forums et les blogs pour voir à quel point la presse est détestée par une partie de l’opinion qui ne supporte pas son côté donneur de leçons.
Et aujourd’hui, Sarah Palin devient la star des émissions humoristiques et d’internet. J’ai déjà parlé ici de l’émission satirique Saturday Night Live. Ils ont diffusé samedi dernier une parodie soufflante qui est a été reprise par les autres télé et évidemment sur le net. On y voit une Tina Fey, une des stars de l’émission en Sarah Palin plus vraie que nature,. Franchement c’est exceptionnel. A coté d’elle une Hillary Clinton, certes moins ressemblante mais très bien imitée.
Exemple : quand Hillary dit « La diplomatie doit être la pierre angulaire de la politique étrangère » Palin réplique : « Et moi, je vois la Russie de ma maison » une phrase authentique qui dans le contexte apparaît enfin pour ce qu’elle est, c’est à dire grotesque, comme l’a reconnu ensuite un spécialiste républicain de la communication.
Le sketch est bien sur YouTube et a déjà été visionné des centaines de milliers de fois. Et DailyMotion diffuse une vision sous-titrée.
Elle passe vraiment pour une sotte car les gens de Saturday Night Live sont impitoyables avec tout le monde. Cela dit, la caricature, ça peut aider : Souvenez-vous de Chirac dans les Guignols à la grande époque, quand il a été élu pour la première fois ! Beaucoup de ses électeurs ont reconnu que la marionnette avait joué un rôle dans leur choix.
Mais bon, ici, c’est clair, ça ne marche pas, ou plus. A preuve, il n’a même pas fallu changer ses déclarations – en fait celle des conseillers en communication politique– pour la rendre ridicule. Ca ne trompe pas.
Ajoutez-y les enquêtes sur d’éventuelles irrégularités administratives ou le piratage de sa messagerie Yahoo qui a révélé qu’elle l’utilisait pour régler des affaires publiques, bref, trop c’est trop.
Et puis surtout, le contexte économique et social a repris le dessus. Et c’est bien connu, on ne parle pas d’argent à la Star Ac’.
interMédias (TV) le lundi 15.09 à 21:55 sur la Une : La télé va-t-elle disparaître?
Pour
sa rentrée à la télé, interMédias pose la question existentielle : La
télévision est-t-elle sur le déclin ? Attaquée par internet, menacée
par le manque d’argent, délaissée par les plus jeunes, la télé est à la
croisée des chemins. Nous en parlons avec notre invité fil rouge: François Tron, le nouveau Directeur des Antennes de la RTBF. Avec des reportages et des débats.
BFM-TV,
la télé low cost ? Reportage et interview de Alain Weill, le patron de
la chaine info numéro un en France et du groupe Next Radio (BFM Radio,
RMC, 01Net)
Quel avenir pour le petit écran ? Avec Freddy
Tacheny (Directeur général RTL Belgique) Patrick Blocry (Directeur
commercial et marketing BeTV) et Karin Tshidimba (journaliste – La
Libre Belgique)
En trois ans, le site français DailyMotion est devenu le numéro 2 mondial du partage de vidéos. Enquête sur une success story.
Le
net : une opportunité pour les jeunes artistes ? Avec Lisa Margo
( www.lisamargo.com) et les Médiseux (Jean-Laurent Geuzaine et Rémi
Clobert www.lesmediseux.com )
Et les rubriques habituelles du magazine de tous les médias.
Voici le texte de l'introduction au débat de ce vendredi 12.09 sur la Première que vous pouvez écouter ici.
Ca a chauffé donc mercredi soir à l’écran et ensuite sur les forums, les blogues et les sites de discussions. Résumé pour ceux qui ont loupé ça.
En lever de rideau : un reportage sur les théories conspirationnistes autour du 11 septembre. Celles qui affirment, en gros, que les attentats sont l’œuvre du gouvernement américain pour justifier l’invasion de l’Irak et la mainmise sur son pétrole. Des thèses qui se propagent évidemment via internet. Et avec un certain succès puisqu’il y pas mal d’américains qui ne croient pas à la version officielle. Cela dit, vous auriez posé une question similaire dans les années 60 à propos de l’assassinat de John Kennedy , je ne crois pas que vous auriez eu une réponse unanime pour dire qu’Oswald avait agi seul. Et pourtant, il n’y avait pas internet à l’époque. Soit. On ne peut quand même nier que l’information - ou la désinformation - circule plus vite qu’avant. Information ou désinformation, c’est d’ailleurs le nœud du problème abordé dans le deuxième reportage. En deux mots, la thèse du reportage : les blogueurs se soustraient à toutes les règles déontologiques. Ils sont au mieux ignorants, au pire manipulateurs, voire révisionnistes. C’est une menace pour la démocratie. Réplique des blogueurs : c’est une réaction corporatiste des journalistes de la RTBF, qui démontre qu’ils ne font exactement ce qu’ils nous reprochent : des pamphlets à l’emporte-pièce. Ce qu’ils défendent, ce n’est pas la vérité, c’est leur pouvoir et leur statut. Je me suis don livré à petit exercice qui consiste à pousser la caricature à fond. Parait que ça a parfois des vertus thérapeutiques ! Voici donc un glossaire. Quelques mots définis par les uns et les autres.
JOURNALISTE
Pour les uns : professionnel de l’information qui par son travail et ses qualités de rigueur et d’objectivité, rend compte des faits et éclaire les enjeux démocratiques.
Pour les autres : mercenaire à la solde des pouvoirs étatiques et/ou financiers qui manipule la population pour la maintenir dans l’oppression.
BLOGUEUR
Pour les uns : citoyen qui contribue par son blogue à la recherche libre de la vérité et à la vivacité du débat démocratique.
Pour les autres : amateur sans formation, ni règle, ni contrôle qui croit qu’il détient la vérité parce qu’il consigne ses délires paranoïaques sur internet.
Allez, encore deux, pour bien appuyer, quelque fois que ce ne serait pas assez clair.
PRESSE Façade du pouvoir médiatique, le pouvoir le plus sournois car il prétend contrôler les autres alors qu’il en est le larbin.
BLOGOSPHERE Cybercour de récré avec pseudo-débats infantiles entre zozos en tous genres.
Prenez ça pour un plaidoyer pour la nuance, car c’est ce qui manque le plus… Cela permettrait peut-être d’envisager qu’entre une minorité de journalistes corrompus et un petit groupe d’allumés, il y a une immense majorité de professionnels qui essayent de faire honnêtement leur travail et des citoyens qui veulent exprimer leurs points de vue, débattre sereinement et exercer leur sens critique. Et que les deux groupes ne s’opposent pas mais se complètent.
Bref, il faut construire un nouvel équilibre entre les partenaires de l’information – même si l’expression fait hurler certains -, et on le sait, une nouvel équilibre, ça commence toujours par une phase un peu chaotique…
Blogueurs et journalistes : la guerre de l'info ? Sites internet de médias citoyens, blogs politiques de citoyens engagés, les internautes jouent de plus en plus souvent le rôle de journalistes. Peut-on les croire ? Ont-ils des règles déontologiques suffisantes ? Ne s'agit-il pas d'une dangereuse concurrence pour les médias traditionnels ?
A noter que dans la foulée de Questions à La Une de ce mercredi 10.09, interMédias débattra des rapports entre journalistes et blogueurs sur la Première ce vendredi 12.09 à 09:15.
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