Ca ne pouvait pas manquer. Avec l’élection de Barack Obama, le thème de la diversité sur le petit écran revient en force. La diversité à la télé, ça veut tout simplement dire que l’on ne doit pas seulement y voir des hommes blancs, mais aussi des personnes des deux sexes et de différentes origines. Donc aussi des arabes et des noirs ou encore des asiatiques. Ceux qu’on appelle les minorités visibles.
Le postulat est simple : les médias doivent refléter la société telle qu’elle est. On l’assez vu et entendu : la victoire d’Obama donne une nouvelle conscience de leur dignité aux non-blancs et contribue à apaiser le sentiment d’exclusion.
Or, que constate-t-on : que les médias ne reflètent pas du tout la réalité humaine et sociale, mais plutôt leur hiérarchie. C’est vrai pour les sexes, c’est vrai pour les origines.
Alors, vous allez me dire que lorsqu’on observe les journalistes de la RTBF par exemple, on voit que hommes et femmes se répartissent pratiquement à égalité, et qu’il commence à y avoir des gens de toutes origines. C’est vrai, mais avec des bémols. Si la mixité hommes-femmes est présente à la base, plus on monte dans la hiérarchie, plus on retombe sur l’omniprésence de l’homme blanc. Le problème n’est pas seulement belge. Le gens d’autres origines restent minoritaires à l’écran, à de notables exceptions près. C’est en tout cas ce que révèle une étude qui émane de l’Observatoire de la Diversité dans les Médias Audiovisuels en France. Elle vient d’être publié par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Pas le notre, mais le CSA français. Le constat est sans appel. Le président du CSA parle d’une situation intolérable
Sur les 15 chaines gratuites distribuées en France et sur Canal+, le parts des personnes non-blanches n’est que de 14% dans les programmes et les publicités. Et encore, c’est une moyenne. Pour la pub, c’est seulement 8%.
Et le plus décourageant c’est que ça n’évolue pas. Selon les auteurs de l’étude, la réponse est non. L’enquête précédente remonte à 1999, elle portait sur les chaines de l’époque, mais quand on fait le calcul, on découvre que rien ou presque n’a vraiment changé. Bref, les beaux discours ne sont pas suivis d’effets. Cela dit, il y a des exceptions, comme le feuilleton Plus Belle La Vie sur France 3 ou, toujours sur cette chaine, la présentation du 19/20 confiée à Audrey Pulvar qui est d’origine martiniquaise. Et parmi les bons élèves, on trouve aussi, mais oui, les émissions de télé-réalité…
Faut-il instaurer des quotas ?Ca, c’est évidemment la question qui revient à chaque fois. Le rapport ne fournit qu’une photographie. Le CSA a donc annoncé la création d'un "baromètre semestriel de la diversité" et des réunions de travail avec chaque chaîne. Elle devront s'engager sur des objectifs propres dès 2009. Faute de quoi, le CSA utilisera je cite des "actions juridiques plus incitatives et impératives", et "pourquoi pas, des dispositifs de sanctions ». Cela dit, la pire chose serait évidemment de donner la priorité à la couleur sur la compétence. Comme le dit justement Audrey Pulvar, engager une présentatrice de JT rien que parce qu’elle est noire est aussi idiot que d’en choisir une parce qu’elle est blonde…
L'étude rendue publique par le CSA français est disponible ici.
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