Quel avenir pour la presse écrite ? La question se pose avec de plus en plus d’acuité. Elle était déjà sur la table avec les mutations engendrées par la révolution numérique. Mais la crise économique accélère le mouvement. En clair : elle aggrave la situation. Un signe : le journal français Libération vient de demander à bénéficier de l'aide de l'État aux quotidiens à faibles ressources publicitaires, comme l’Humanité ou le quotidien chrétien La Croix. Libé vend un peu plus de 130.000 exemplaires payants par jour. C’est très peu dans un pays de 60 millions d’habitants.
Le quotidien de gauche a fait l’objet d’une profonde restructuration et d’un plan de relance il y a deux ans. Apres une amélioration de la situation, c’est à nouveau la chute.
La recherche de solutions tous azimut à cette crise de la presse, c’est le thème des Etats-généraux de la presse en France qui se déroulent en ce moment. Une assemblée convoquée par l’Etat – on est en France - avant la crise financière, mais qui tombe à pic. Objectif : inventer un nouveau modèle économique pour la presse.
C’est plus vite dit que fait ! "Personne ne connaît la ou les solutions". C’est ce qu’a déclaré d’emblée Bruno Patino qui a été un temps à la tête du Monde avant de devenir directeur de la radio publique France Culture. Il a justifié sa perplexité en expliquant que la vente de contenus sur internet "ne décolle pas". En outre, des moteurs de recherche comme Google sont en train de capter l'essentiel des ressources publicitaires. Un autre intervenant a d’ailleurs souligné que – je cite - "Un lecteur sur internet rapporte dix fois moins qu'un lecteur du journal papier".
Alors que faut-il faire ? Eh bien s’adapter… Comme l’a dit Bruno Patino, et ça n’a pas fait plaisir à tout le monde : "Personne n'est pessimiste sur l'avenir de l'écrit et de l'information, mais la question qui se pose, c'est peut-être celle de l'avenir de la presse".
C’est l’heure des grandes remises en question ! Et c’est général. Un sommet de crise vient de rassembler les dirigeants d’une cinquantaine de journaux et groupes de presse américains. Le constat est particulièrement pessimiste. Ils ont conclu là aussi qu’il faut « réinventer le modèle économique » de la presse quotidienne. Sinon elle risque de disparaître.
C’est toujours le même problème : les recettes publicitaires papier sont en chute libre, le lectorat disparaît et les rentrées publicitaires de l’internet ne permettent de combler les pertes. La crise économique n’a fait qu’accélérer le phénomène.
13.000 postes ont déjà été supprimés dans la presse aux Etats-Unis depuis le début de l’année. Mais sans que ça apparaisse comme une solution. Parce que c’est vu comme un moyen de réduire les charges. Pas comme un instrument d’une stratégie globale. Un journaliste de BusinessWeek a été jusqu’à proposer un plan de sauvetage par le gouvernement américain comme pour l’industrie automobile ou pour les banques.
Le magnat de la presse Rupert Murdoch, lui, fustige les « cyniques » en mal de scénarios catastrophe. Pour lui, les journaux vont atteindre de nouveaux sommets au 21e siècle. Il l’affirme : Les lecteurs veulent ce qu’ils ont toujours demandé : une source digne de foi.
Murdoch croit donc à l’évolution des journaux vers des médias multiples, comme le net ou le GSM, qui sont plus flexibles pour les lecteurs. Et il conclut : « Le défi consiste à utiliser la marque du journal, tout en permettant au lecteur de personnaliser les informations et les lui livrer sous la forme qu’il souhaite.




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