Lundi 7 décembre 09 « Aarbei dag »
Bien le bonjour,
Pour moi l’aventure, car oui, il s’agit d’une véritable aventure, a commencé bien avant ce terrible lundi. Terrible en effet, car pour un étudiant ou ancien étudiant liégeois, louper la célèbre Saint Nicolas, ça fait mal… Mais bon, je me rattraperai à la Saint Toré…La cité n’est pas ardente pour rien.
Fini de parler de Liège, Dames and Heren, we komen aan in Hoogstraten, une petite villette sympathique située à quelques encablures de nos voisins bataves et de leur pays si plat. Sympathique certes, mais totalement inconnue pour votre humble serviteur. Un mal heureusement vite réparé car le bourg ne manque pas d’attraits. A tous ceux qui, dans un esprit (un peu, voir très) déplacé, pensent directement aux jolies blondes filant à 25 km/h sur les pistes cyclables qui longent toutes les routes, je dis…qu’ils n’ont pas tout à fait tort. Mais outre ces charmantes gazelles, Hoogstraten recèle aussi de multiples trésors cachés. Ce lundi étant consacré à mon reportage, c’est de la fierté d’Hoogstraten que je vais vous parler : les fraises.
Première étape de la journée, le « Proefcentrum », sorte de centre d’expérimentation pour fraise. Tout fonctionne avec le directeur, Ward Baets, sauf….le nagra. Hé oui, les deux piles ayant tiré leur révérence, je passe quelques minutes de grande solitude à chercher des piles fonctionnant dans la sacoche du Nagra, et, miracle, après avoir testé quatre jeux, je trouve enfin deux ancêtres qui acceptent de livrer leur dernière force dans la bataille. Promis, en sortant du centre, Kaat et moi filons au supermarché trouver des piles de rechange…
Suivront les haltes chez Jan Egelen et sa vente à la criée d’Hoogstraten où près de 24 millions de kilos de fraises (en chiffre ça impressionne plus je trouve : 24.000.000 kg, je pourrais vous l’écrire en grammes pour impressionner encore plus mais je pense que vous avez compris) sont vendus chaque année et une interview improvisée pour un journal du cru, avec photo à l’appui. Deviendrions- nous des « Bekende Vlaming » ?
Une fois repus ( Bedankt à la maman de Kaat et à la sœur de Kaat pour le diner), place à la troisième halte de la journée avec Kaat, mon chauffeur personnel…Après plus de dix minutes de recherche à quatre pattes entre les plans de fraises que Steven cultive à près d’un mètre du sol, nous entrevoyons les jambes du cultivateur, quelques dizaines de mètres plus loin, en train de vérifier la qualité de ses fruits. L’homme, extrêmement gentil c’est une constante à Hoogstraten…)nous fait immédiatement goûter quelques fraises de sa production en nous expliquant les influences du soleil sur le goût et l’empreinte de sucre. En outre, il tente de s’exprimer en français, ce qui, pour moi, parlant le néerlandais aussi bien que le premier régiment de l’aviation bielorusse après une soirée « free vodka » (vous aurez compris que je ne parle pas bien le flamand), m’impressionne énormément. Enfin, Steven nous montre son joyau, une Citroën Ds toute clinquante qui dort gentiment dans un garage à l’apparence tristounette. Citroën que Steven a déjà prévu d’utiliser le jour où Kaat se mariera…Intéressé?
Enfin, dernière étape de la journée, et non des moindres, la rencontre avec Eric Van Thillo, boulanger qui a inventé la « aarbeitarje van Hoogstraten ». Je vous épargne mon co-pilotage chaotique pour arriver jusque- là mais une fois la porte de la boulangerie franchie, Kaat et moi redevenons enfants. Les aromes de fraise et de chocolat nous guident jusqu'à l’atelier d’Eric. Et là, surprise, le matériel, la pâte, le sucre, la farine, et évidement les fraises, tout est là et n’attend plus que nous…Hé oui, Kaat et moi allons devenir pâtissier…Ceci dit, Kaat a eu beaucoup plus de réussite que moi… Au final, nous repartons les bras remplis de chocolats, speculoos, et autres gâteaux et bien sûr, avec nos tartes. En outre, Eric nous a divulgué sa recette secrète, la voici. Alors, une seule chose à dire à Eric, mais aussi à Steven, Jan et Ward : Bedankt…( EXLUSIVITE : Eric va sortir, pour l’ouverture de la saison, un pain aux fraises…Quand on a goutté à la tarte, on salive déjà sur ce pain…)
Finalement, je ne suis pas fâché d’avoir loupé la Saint Nicolas…
PS : Aux organisateurs de la Belgodyssée, aidez- moi à trouver quelque chose pour justifier ma prise de poids durant mon séjour à Hoogstraten…ASB ;)
Mardi 8 décembre 09 : « Wouldn’t it be nice »
“Wouldn't it be nice if we were older… “ Ah, ça c’est du réveil…7h55, les Beach Boys me sortent de mon sommeil et je saute dans la douche, empli de « good vibration » (une autre chanson des Beach Boys…Sympas ces californiens…)Sachant que j’ai rendez-vous à 8h avec Kaat, vous vous doutez que j’écourte la douche et saute dans mes chaussures pour déguster mon (copieux) petit déjeuner au Torenijzer, le Bed and breakfast où je logeais.
8H30 « Allo Sébastien ? ici, c’est l’horreur, l’autoroute d’Anvers est bouchée, on sera là avec plusieurs dizaines de minutes de retard… » C’était Sylvie, la digne remplaçante d’Adrien…La journée qui avait bien débuté (à nouveau, merci les Beach Boys…) en prend un coup…Mais pas assez que pour entacher l’enthousiasme de l’équipe de choc que je forme avec Kaat.
10H15 Ca y est, Bernard, dit le sorcier, et Sylvie nous ont rejoints. Nous avons déjà enregistré un plateau, et filons maintenant entourés de papillons oranges (non non, nous n’avons pas pris du LSD), autocollants collés sur la voiture de Vivacité. Deuxième étape de la journée : la brasserie « Scheldebrouwerij » où nous retrouvons l’équipe de télévision de : « C’est du belge » qui nous suivra toute la journée (là, c’est certain, on est des Bekende Belge…). Comme par hasard, nous devons, pour le reportage, tester une des bières d’Hoogstraten et, après deux millisecondes de réflexion, votre humble serviteur se dévoue pour vous, chers auditeurs. Un beau geste n’est -ce pas ? Kaat et moi découvrirons aussi, dans cette brasserie, la bière pour chien (les toutous en raffolent à ce qu’on dit) à base de bouillons de viande…mais là, votre humble serviteur ne s’est pas dévoué…
13H30 Après un spagett’ copieux dans une brasserie d’Hoogstraten avec l’équipe de Vivacité et de « C’est du belge », Kaat et moi entamons quelques mises en scène pour la télévision…Essais d’ailleurs très vite concluants… Le grand Louis de Funès nous aurait dit : « Vous, c’était pas mauvais, c’était TRES… bon» Cette phrase sera d’ailleurs le leitmotiv de notre aventure Belgodyssée, phrase que Kaat se plaira à répéter moult fois…
15H Notre planning, concocté avec soin par Kaat, tient bon malgré quelques menus retards. Nous arrivons au café « de Vélo », lieu qui, pour votre humble serviteur, revêt d’un intérêt tout particulier une fois sa passion pour le cyclisme mise à jour. Nous tentons, entre les bières spéciales capables de réveiller un ours en hibernation tant l’odeur est forte, de nous frayer un chemin parmi les habitués du coin, en général des cyclotouristes d’un autre temps. Luc, le tenancier du ce lieu si particulier, sera d’ailleurs très impressionné par la caméra et la foule de gens l’accompagnant. Nous donnerons aussi, Kaat et moi, notre deuxième interview pour un journal flamand (Ah la célébrité !). Je ne vous en dis pas trop, c’est sur ce lieu que j’ai écrit mon article dans le journal « Le Jour » de ce samedi…
18H Nous enregistrons notre dernier plateau, dans un moulin entièrement restauré par Dimitri Van Pelt, conservateur du lieu. Après une rencontre insolite avec une souris, nous rentrons dans la voiture aux papillons (Très sixties comme nom, je trouve) avec le sentiment du devoir accompli. A peu de choses près, tout s’est bien passé. Pas de couac, pas de mort, pas de casse…parfait en somme, comme le Français de Kaat d’ailleurs, qui ne cesse de s’améliorer alors que mon néerlandais s’empêtre dans le néant…
19H30 Saviez vous que « Béarnaise » en flamand, ça se dit… « Bearnais ». Je vous dis cela au cas où vous voudriez venir manger une entrecôte à Hoogstraten… Entre nous, elles valent le détour (les entrecôtes, hein !) Demandez au sorcier Bernard….
21H30 Pour moi, la journée est loin d’être finie. Je dois encore finir d’écouter mes pistes pour monter mon reportage le lendemain matin avec Bernard. Heureusement, chose rare quand on connaît l’apôtre, je me suis bien organisé et cela ne me prend guère plus de deux heures, enregistrement des voix compris… Une dernière chanson des Beach Boys puis dodo… Lire la suite >>>
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