JOUR 1
A la rencontre des pionniers de l’Europe
A peine rentrée d’un stage de deux mois à Malte, et c’est parti ! Pas le temps de m’habituer au climat glacial de la Belgique, je me mets au travail. Recherche de plateaux, coups de téléphone, rencontres…le programme s’annonce chargé!
10h30, je rejoins Thomas, mon co-équipier néerlandophone, à la Gare Centrale. Nous avons rendez-vous avec Lidia et Guy. Direction Ixelles, à deux pas de l’ULB. J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer le couple à deux reprises. Cela m’a permis de faire leur connaissance et d’instaurer progressivement un climat de confiance entre eux et moi. Leur histoire me passionne. J’ai hâte de les présenter à Thomas. Lidia et Guy sont ce que l’on peut appeler des pionniers de l’Europe. Ils ont travaillé au sein des institutions européennes dès leur création à Bruxelles. C’était en 1958. Ils nous racontent les conditions de travail de l’époque, les relations « familiales » qu’ils entretenaient avec leurs collègues ou encore la manière dont l’Europe a marqué leur histoire. L’Union Européenne occupe une place particulière dans leurs vies puisque Guy et Lidia sont considérés comme étant le « premier couple européen », autrement dit le premier couple binational à s’être marié au sein du personnel des institutions européennes. Lui est belge, elle est italienne.
La discussion s’étend et bien vite nous voilà hors sujet ! Il faut dire que le couple en a des choses à raconter. De Washington à Israël, en passant par San Francisco, ils ont parcouru le monde dans le cadre de leurs carrières européennes. Thomas semble intéressé. Il a d’ailleurs pu échanger quelques mots en néerlandais avec Guy, originaire de Flandres.
Quelle belle rencontre !
JOUR 2
Au cœur du quartier européen
6h30, le réveil sonne. J’ai rendez-vous avec Giacomo à Bruxelles. Le gel ayant la fâcheuse habitude de retarder les trains, je dois me mettre en route au plus vite ! Giacomo m’a donné rendez-vous au quartier St Boniface, au cœur de Bruxelles. Un quartier qui m’est familier puisque j’ai habité dans les environs lors de ma première année d’études à l’Ihecs. Ce musicien me raconte son arrivée en Belgique. Venu pour suivre des cours de guitare jazz au Conservatoire Royal, il est tombé sous le charme de la multi-culturalité à la bruxelloise. 10 années plus tard, il est toujours là. Nous parlons musique, rencontres, voyages. C’est décidé, il sera le sujet de mon article pour les journaux « L’avenir ».
14h, il est temps de rejoindre Thomas et Kathy, journaliste à Radio 2. Nous nous sommes donné rendez-vous au cœur du quartier européen pour réaliser une petite vidéo…en flamand alstublieft ! Pas évident d’improviser en Néerlandais face à la caméra, mais quelques prises plus tard c’est dans la boîte. Ensuite, direction le Conseil européen pour enregistrer le reportage de Thomas. C’est le parcours du combattant pour pénétrer dans le bâtiment : autorisations spéciales, cartes d’identité, détecteurs de métaux. Pas facile de trouver un endroit calme dans cet immense bâtiment où ça grouille de tous les côtés. Nous y retrouvons la tante de Thomas. Sally est originaire d’Irlande du Nord et travaille dans le secteur de l’égalité des chances. Elle nous parle de sa vie en Belgique et de son travail au sein des institutions européennes. La journée se termine, retour à Tournai…
JOUR 3
Article, montage, plateaux - qui dit mieux ?
Le montage de mon reportage, normalement prévu le mercredi, est reporté au jour suivant. J’en profite pour écrire mon article. L’objectif est de faire découvrir aux lecteurs le quartier Saint-Boniface à travers les yeux de Giacomo. Celui-ci sera d’ailleurs un des dix intervenants de l’émission que nous enregistrerons le lendemain. En parlant d’émission…j’ai encore du pain sur la planche ! Certains de mes rendez-vous sont tombés à l’eau tandis que d’autres doivent encore être confirmés. Le défi est de planifier 10 interviews sur la même journée. Quelques coups de téléphone plus tard, j’y suis presque…!
Je me lance ensuite dans le plan de montage de mon reportage. Lidia et Guy m’ont donné tellement d’informations intéressantes que je ne sais pas où donner de la tête. Je dois passer de 40 minutes d’interview à… 3 minutes de reportage ! En réécoutant l’entretien, je me rends compte que leur récit peut paraître difficile à comprendre pour des gens qui ne sont pas familiers des institutions européennes. L’utilisation d’une voix off sera donc incontournable pour clarifier leur propos. En ce qui concerne le contenu, je décide de me focaliser sur leur expérience de pionniers de l’Europe. Dur dur de choisir les passages les plus explicites -trois minutes, c’est trop court !
JOUR 4 -
La bella aventura !
En route pour une journée marathon! Adrien est absent cette semaine, c’est donc avec Olivier Colle que j’enregistre les 10 plateaux de l’émission radio. Thomas assiste au débriefing de la VRT, il nous rejoindra donc un peu plus tard. Au programme : rencontres avec des pionniers de l’Europe, voyage en Italie (le pays d’origine de Lidia) et…détour par Malte !
Première interview, premier imprévu. Le rendez-vous tombe à l’eau. Pas de panique, on continue. Olivier et Bernard, le preneur de son, me rejoignent finalement au quartier européen où nous rencontrons l’Ambassadeur de Malte. C’est avec les yeux qui pétillent que celui-ci nous parle de son pays, « petit en taille, mais grand en histoire !». Ensuite, direction l’AIAC, ou plutôt l’Association des Anciens Fonctionnaires Européens. Un personnage haut en couleurs nous y attend : Jacques-René Blavier, 91 ans. « Je suis un dinosaure de l’Europe. » Pas étonnant lorsque l’on sait que ce grand monsieur a été un proche collaborateur de Jean Monnet, qu’il a assisté à la déclaration de Schuman en 1950 ou encore qu’il est l’inventeur de l’Eurobaromètre… !
La journée se poursuit sur un air d’Italie. Du cinéma Sintési à la librairie Piola Libri, en passant par le glacier Zizi, l’Italie est à l’honneur. Tandis que Giacomo nous rejoint avec sa guitare, Adélia nous raconte son voyage à Rome. Et progressivement l’enregistrement des plateaux touche à sa fin…Bilan de la journée ? Très positif !
Mais ce n’est pas encore terminé! Direction Reyers, les locaux de Vivacité pour la toute dernière étape : le montage de mon reportage, avec la précieuse aide de Bernard.
Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à ce projet, notamment l’équipe de Vivacité et de Radio2, Guy & Lidia, Giacomo et tous les autres, sans oublier la Fondation Roi Baudouin.
Quelle incroyable aventure !
Céline
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