Demain. Michèle Noiret © Sergine Laloux
Séquence sonore Noiret en téléchargement sous l’onglet Opéra (Ligeti) 26/03/09) La chorégraphe Michèle Noiret occupe la grande salle du Théâtre National par un solo baptisé Demain. Occuper seule l'immense espace du National, c’était un pari risqué. Eh bien cette danseuse/chorégraphe, à la fois solide et fragile, occupe d'abord toute seule l'espace, sans musique, comme une preuve que la beauté d'un corps en mouvement se suffit à elle-même, soutenu par une impeccable «grammaire chorégraphique». Puis elle se mesure à la musique, ici la 7è symphonie de Beethoven, en version piano, reprise en apothéose, au final, dans une version plus tragique de Furtwängler, enregistrée «live»dans le Berlin déjà sombre de 1943. Ensuite Michèle Noiret se confronte au monde, à la foule, via un film qui introduit le présent mais aussi une réflexion sur Demain et nos sombres perspectives. Cependant, cette intrusion de la réalité, puis les paroles qu'elle prononcer en dansant n'ont rien d'une lourde réflexion. Le moi splendide de la danseuse aborde ensuite un combat intérieur entre son corps sur le plateau, coincé entre deux tables et son reflet sur trois écrans avec des rythmes différents. Cette triple perspective visuelle simultanée et les brusques accélérations des séquences filmées rendent son corps parfois fantomatique. Mais la beauté sensuelle d'une chevelure ou d'un corps érotisé font de ce spectacle d'un heure et quart un autoportrait fascinant par le fond et la forme, la grâce du corps et l’intelligence des perspectives visuelles La grande salle du National, comble, lui a réservé quatre rappels haleureux et plus que mérités. Ce Demain de Michèle Noiret ne se joue que jusqu'à ce samedi 28 mars au Théâtre National mais sera repris la saison prochaine Rédigé à 22:32 dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0) 19 mars 2009

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