Pas moins de deux pièces à l'affiche, L’Illusion comique, de Corneille et Paternel, de Philippe Blasband. Mais en outre un hommage à Henri Pousseur, un de nos grands compositeurs, mort il y a une semaine. et un coup d' oeil à la danse italienne.
rs
Carole Wyers(Isabelle) et Babetida Sadjo (Lysa)dans "L'Illusion Comique" de Corneille
©Danielle Pierre
On joue rarement Corneille et en général toujours le fameux Cid. Marcel Delval est donc fort courageux de monter une comédie amoureuse de Corneille, L' Illusion comique, écrite en vers. Anne Clair -qui a joué cette pièce, au Théâtre National, dans les années 90, dirigée par Jean-Marie Villégier- aide las comédiens à s'approprier la rythmique diabolique de l'alexandrin. Autre piège: une intrigue compliquée, mêlant deux thèmes- un père bourgeois à la recherche de son fils, qu'il finit par retrouver, devenu acteur et, oh horreur, jouant un valet- et les amours de ce fils, coincé entre deux femmes, une servante et une riche héritière. On est donc en plein dans le genre «théâtre dans le théâtre» avec,en outre, un magicien et un guerrier froussard, le fameux Matamore. Un roman d'aventures, que Delval transforme en un feuilleton TV, avec quelques effets spéciaux et autant de clins d'œil, destinés manifestement au jeune public. On recommande ce spectacle, à défaut des puristes, à tous les profs de français qui ne savent comment donner le goût des classiques à leurs élèves, gorgés de TV. Un aveu: j'ai mis une bonne demi- heure à entrer dans le spectacle qui ne prend corps que lors de l'arrivée des jeunes femmes, Isabelle, richement dotée et Lysa, la servante. L'affrontement de deux jeunes actrices au tempérament de feu, Carole Wyers, Isabelle, fille à papa richement dotée, et Babetida Sadjo, Lysa, la servante subtile, vaut à lui seul le déplacement, comme prix de la découverte. Elles mettent à l'épreuve le malheureux Clindor, un Othman Moumen résistant courageusement à ce double assaut. Ce trio central nous fait passer un excellent moment tout comme le bouffon triste de Luc Brumagne en Matamore.
L' Illusion comique de Corneille au Varia jusqu'au 28 marswww.varia.be
Au Théâtre Le Public, Paternel de Philippe Blasband. Humour garanti.
Paternel . Ph. Blasband (c) Guy Focant Jacqueline Bollen, Michèle Schore et Claire Bodson qui pose sa tête sur l’épaule de Muriel Jacobs.
Ph Blasband est un remarquable conteur et scénariste de cinéma. Rappelez-vous "Une liaison pornographique" , avec Nathalie N=Baye:il en était le scénariste. En théâtre son premier succès, les Mangeuses de Chocolat; 'il les reprend aussi …15 ans après, par les mêmes actrices qui jouent aussi sa dernière pièce, "Paternel". Trois filles se partagent l'héritage d'un père charmeur , qui a eu deux femmes et qui , tout en étant juif et communiste, n'a pas une conception engagée de sa judéité. Si le partage comique des reliques paternelles sert de toile de fond, le vrai sujet c'est l'affrontement sec et sans emphase des trois filles issues de deux lits différents. C'est tendre et cruel à la fois, drôle, léger et touchant. Arbitre des querelles, une jeune femme qui a accompagné les trois derniers mois du patient, mort du cancer. Rôle anodin qui se révèle soudain capital. Les quatre actrices, vieilles complices de l'œuvre de Blasband sont un quatuor accordé par Blasband metteur en scène.
Paternel de Ph. Blasband, à vopir au Public,sans hésitation, jusqu'au 25 avril; Les mangeuses de choolat, de Ph.Blasband mêmes dates, les vendredis et samedis, en avant-soirée. www.theatrelepublic.be
Les mangeuses de chocolat. Ph.Blasband (c) Serge Brassine.Qui est qui? Mêmes actrices que dans Paternel
Et puis, les amateurs de musique contemporaine ne rateront pas demain, vendredi 13 mars, au Flagey et au Marni l'hommage rendu à Henri Pousseur, mort il y a une semaine et à qui le Festival Ars Musica était en partie dédié. (voir rubrique Musiques 08/03/09)De 10 h du matin à minuit des concerts, des débats, de la musique de chambre, un concert symphonique et du" jazz". Renseignements www.arsmusica.be
Enfin début, ce soir, d'un mini festival de danse italien, à Bozar, dans le cadre de l'expo d'art italien Da Van Dyck a Bellotto: jusqu'à samedi on pourra voir des chorégraphies des sœurs Sagna, Caterina et Carlotta. Ce soir P.o.m.p.e.i, qui mêle danse et vidéo comme une lutte mortelle.www.bozar.be