Freddy Sicx, dans "La seconde vie d'Abram Potz"de F.Ringelheim (c) Théâtre le Méridien
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Chronique du 11/06/09 sur la Première RTBF, Journal de 19h
Le Vieil homme et la mort ou le plaisir de tuer
Le vieil homme en question s’appelle Abram Potz. C’est un vieux psychanalyste juif de plus de quatre-vingt ans, brusquement pris par la pulsion de mort lors d’un voyage touristique avec des collègues médecins .Il y prend goût et se transforme, petit à petit, sous nos yeux, en un serial killer maniaque, ringard, méchant et drôle à la fois. La pièce est habilement adaptée par Catherine Brutout du roman de Foulek Ringelheim La seconde vie d’Abram Potz, qui a obtenu le Prix des lycéens, alors qu’il raconte la vie d’un vieil homme indigne. Mais je comprends qu’il puisse intéresser jeunes et vieux. C’est que ce vieillard abominable, qui déteste la jeunesse nous place tous, jeunes et vieux devant le paradoxe de l’âge : les vieux se disent : «Bon dieu est-il possible d’en arriver là ? Et les jeunes ont souvent dans leur famille un vieux méchant insupportable.
Reste qu’ici une limite est franchie : la haine des autres et la haine de soi poussent au crime, plus, au plaisir de tuer. A la fois crime parfait puisque nul n’imaginerait ce corps caduc capable de tuer. Et crime imaginaire mis en scène puisqu’ Abram Potz se voit déjà en Cour d’Assises à justifier ses actes avec délectation. Le thème juif a son importance puisqu’il est un des fils conducteurs souterrains, par l’humour désespéré qui émane de ce débris d’humanité, qui à la fois est un descendant des gazés d’Auschwitz et qu’il se traite sans complaisance comme un assassin haineux. L’acteur, Freddy Sicx, superbement aidé par un décor, visuel et sonore, et une mise en scène de l’équipe du Méridien, dirigée par Catherine Brutout, Freddy Six est incroyablement juste, retors et drôle pour incarner ce personnage au départ invraisemblable à qui il donne une consistance, s’appuyant sur le texte magistral de Foulek Ringelheim.
Un spectacle court, une heure vingt qui vous prend à la gorge et ne vous lâche plus. En cette fin de saison, n’hésitez pas : c’est un must, frémir et rire en alternance, c’est rare et beau.
Au Théâtre du Méridien jusqu’au 20 juin Réservations :02 663 32 11 ou www.theatredumeridien.be
Isabelle Wéry dans "Ceci est mon corps" (c) Véronique Vercheval
Ceci est mon corps (de et avec Isabelle Wéry)
Pour ceux qui connaissent Isabelle Wéry, qui a incarné 150 fois les Monologues du vagin d’Eve Ensler, il y a une logique dans son corps offert en spectacle. Cette belle blonde pulpeuse joue toujours sur son côté Marilyne Monroe avec, en outre, un humour, une façon de ne pas se prendre au sérieux, qui la rendent drôle et scéniquement appétissante.
Ici elle s’inspire à la fois du livre à succès de Catherine Millet, La vie sexuelle de Catherine M., d’un manuel de sexualité oriental et d’une histoire inventée de toutes pièces par elle Isabelle : la vie sexuelle d’une petite secrétaire, qui occupe le dernier tiers du spectacle, pour nous le point faible. Celui où Isabelle Wéry en remet une couche dans un music hall un peu lourd. C’est du moins notre avis parce que le public, majoritairement féminin, prenait un plaisir bruyant et participatif à ces gaudrioles et cabrioles sur les sources du plaisir féminin, alors que les hommes semblaient rester sur leur réserve.
Une chose est sûre : les spectacles sur le thème du sexe féminin à ciel ouvert ont le vent en poupe et trouvent leur public,.
Alors qu’importe que je n’aie aimé que les deux tiers d’un spectacle d’une heure ? Isabelle Wéry, avec ses tics et ses manies, ici un peu appuyées, a un public de fans qui lui pardonnent tout. Tant mieux pour elle. Je ne vais pas bouder leurs plaisirs!!
«Ceci est mon corps» de et par Isabelle Wéry au Théâtre de la Vie jusqu’au 17 juin .Réservations 02-219-60-06 ou| reservations@theatredelavie.be

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