Un « timide » ( le Letton Un « timide » ( le Letton Andrejs Osokins, 25 ans) et un »lumineux » (le Coréen KIM Tae-Hyung, 25 ans ) s’affrontent ce soir sur des programmes contrastés (de Brahms à Prokofiev).
La finale a confirmé, voire amplifié les impressions de demi-finales(voir ci-dessous).: le timide est resté enfermé dans sa bulle et le lumineux a rayonné.
Andrejs Osokins ou le timide dans sa bulle.
On n’a rien à redire d’Andrejs Osokin (un Letton de 25ans): il n’a pas de défaut technique majeur et il emporte l’adhésion du public par un rythme très efficace. Mais on n’a pas grand chose à en dire non plus sinon qu’il joue tout correctement, proprement. Sa 5è sonate de Mozart est plaisante, bien rythmée, avec un andante réfléchi et un allegro final délicieux. « Le classique des classiques », en somme.
Rien à redire non plus de son imposé de Jeon Minje, sinon qu’il tient le rythme mais qu’il manque de vision d’ensemble en réservant toutefois de jolies surprises dans les détails, y compris dans les rares parties lentes.
Quant au 3è concerto de Prokofiev il s’amuse énormément à nous le jouer avec une belle énergie et une force de frappe efficace mais sans jamais regarder l’orchestre, enfermé dans la bulle de son plaisir souriant. Heureusement pour lui l’orchestre le suit bien dans ce concerto plein de contrastes sonores et rythmiques qui font mouche sur un public ravi.
Kim Tae-Hyung ou la chant du poète
Avec le Coréen Kim Tae-Hyung, on change d’univers. Dès les premères notes de sa 6è sonate de Beethoven, une évidence: le chant intérieur est là, sous chaque note, qui donne un éclairage intéressant à toute sa prestation.Parfois un peu de maniérisme et de douceur excessive dans cette sonate où les climats contrastés de Beethoven voisinent avec une solide arrière -plan mozartien. A un adagio poétique et inspiré succède un allegretto final un peu précipité. Mais quelle velle intensité d’ensemble.
Dans l’imposé de JEON Minje il est de ceux qui ajoutent la couleur au rythme de base impérieux avec un son d’une grande beauté expressive. Il nous « raconte » bien l’ensemble tout en nous réservant des « micro climats » raffinés, presque harmonieux.
Mais le grand bonheur de la soirée vient de Brahms et son premier concerto, « chanté » , dès la première « phrase » avec un lyrisme intense qu’il maintiendra pendant les trois mouvements. A peine un petit moment de flottement au sein du mouvement lent, central, qu’il rattrapera très vite. Car tout est en place pour une vision d’ensemble qui sonne juste grâce à deux qualités majeures: une densité poétique s’appuyant sur un chant intérieur profond et un élan rythmique qui ne faiblit jamais dans les parties rapides . Ajoutez une attention constante à l’orchestre et à son chef qui porte ce monument de romantisme contrôlé à la bonne intensité qui nous touche. Voilà un des rares candidats, jusqu’ici, à avoir maintenu en finale les promesses des demi-finales (voir ci-dessous).
Voici mes impressions de demi-finales
Andrejs Osokins, (Lettonie, 25 ans) a un problème général: une difficulté à communiquer avec le public même si ce qu’il joue est intéressant et souvent bien fait. Il semble aussi lisse que le Japonais Sato est contrasté. Chez lui tout est élégant, fin, dense et mesuré, sans excès, qu’il aborde Beethoven, Fafchamps ou le Gaspard de la nuit de Ravel: il a de la peine à nous raconter sa musique, à la projeter vers nous, alors que ses qualités techniques ne sont pas en cause. Un problème de communication, de persuasion? Un défaut qui ne le brouille pas avec l’orchestre, comme il l’a prouvé dans une interprétation d’une élégance un peu froide du 17è concerto de Mozart.
Son programme de finale :
-Une sonate de jeunesse de Mozart (la 5è) confirmera son évidente musicalité.
-Le 3è concerto de Prokofiev l’aidera peut-être à sortir de sa réserve naturelle.
- Dans l’imposé, tout est possible :son calme devrait l’aider à maîtriser cette tempête sonore.
Andrejs Osokins (Lettonie, 25 ans) - (c) Benoit Matterne
-Kim Tae-Hyung (Corée du sud, 25 ans), nous a laissés perplexe en proposant la 13è sonate de Mozart alors que le concertode Mozart, imposé en demi-finales, devrait suffire à convaincre. Seulement voilà pour un pur musicien, Mozart, dans sa simplicité, permet d’aller au cœur de l’interprétation transcendante. Kim Tae-Hyung nous rend ce Mozart évident, par une vivacité sans esbroufe et un toucher lumineux. A l’imposé de Jean-Luc Fafchamps il communique une poésie encore jamais entendue où les sonorités les plus intenses passent en douceur. Quant au Carnaval de Schumann, il nous en propose une version d’anthologie où le mélange de sensualité, de sensibilité et d’intelligence font rayonner cette fête sonore. Magistral. Tout comme ce choixt d’un concerto du très jeune Mozart, le 9è , auquel il donne une juvénile envolée.
Son programme de finale :
-Avec une sonate de jeunesse de Beethoven (la 6è) et le 1er concerto de Brahms Kim Tae Jung nous propose une soirée romantique qu’annonçait déjà son splendide Carnaval de Schuman en demi-finales. On lui souhaite une bonne entente avec l’orchestre et un tempo bien maîtrisé.
-Curieux d’entendre sa version de l’imposé de JEON Minje : il pourrait ajouter sa poésie singulière au rythme trépidant de l’ensemble.
Kim Tae Hyung (Corée du sud, 25 ans) - (c) Benoit Matterne
Christian Jade, 25 ans) et un »lumineux » (le Coréen KIM Tae-Hyung, 25 ans ) s’affrontent ce soir sur des programmes contrastés (de Brahms à Prokofiev).
La finale a confirmé, voire amplifié les impressions de demi-finales(voir ci-dessous).: le timide est resté enfermé dans sa bulle et le lumineux a rayonné.
Andrejs Osokins ou le timide dans sa bulle.
On n’a rien à redire d’Andrejs Osokin (un Letton de 25ans): il n’a pas de défaut technique majeur et il emporte l’adhésion du public par un rythme très efficace. Mais on n’a pas grand chose à en dire non plus sinon qu’il joue tout correctement, proprement. Sa 5è sonate de Mozart est plaisante, bien rythmée, avec un andante réfléchi et un allegro final délicieux. « Le classique des classiques », en somme.
Rien à redire non plus de son imposé de Jeon Minje, sinon qu’il tient le rythme mais qu’il manque de vision d’ensemble en réservant toutefois de jolies surprises dans les détails, y compris dans les rares parties lentes.
Quant au 3è concerto de Prokofiev il s’amuse énormément à nous le jouer avec une belle énergie et une force de frappe efficace mais sans jamais regarder l’orchestre, enfermé dans la bulle de son plaisir souriant. Heureusement pour lui l’orchestre le suit bien dans ce concerto plein de contrastes sonores et rythmiques qui font mouche sur un public ravi.
Kim Tae-Hyung ou la chant du poète
Avec le Coréen Kim Tae-Hyung, on change d’univers. Dès les premères notes de sa 6è sonate de Beethoven, une évidence: le chant intérieur est là, sous chaque note, qui donne un éclairage intéressant à toute sa prestation.Parfois un peu de maniérisme et de douceur excessive dans cette sonate où les climats contrastés de Beethoven voisinent avec une solide arrière -plan mozartien. A un adagio poétique et inspiré succède un allegretto final un peu précipité. Mais quelle velle intensité d’ensemble.
Dans l’imposé de JEON Minje il est de ceux qui ajoutent la couleur au rythme de base impérieux avec un son d’une grande beauté expressive. Il nous « raconte » bien l’ensemble tout en nous réservant des « micro climats » raffinés, presque harmonieux.
Mais le grand bonheur de la soirée vient de Brahms et son premier concerto, « chanté » , dès la première « phrase » avec un lyrisme intense qu’il maintiendra pendant les trois mouvements. A peine un petit moment de flottement au sein du mouvement lent, central, qu’il rattrapera très vite. Car tout est en place pour une vision d’ensemble qui sonne juste grâce à deux qualités majeures: une densité poétique s’appuyant sur un chant intérieur profond et un élan rythmique qui ne faiblit jamais dans les parties rapides . Ajoutez une attention constante à l’orchestre et à son chef qui porte ce monument de romantisme contrôlé à la bonne intensité qui nous touche. Voilà un des rares candidats, jusqu’ici, à avoir maintenu en finale les promesses des demi-finales (voir ci-dessous).
Voici mes impressions de demi-finales
Andrejs Osokins, (Lettonie, 25 ans) a un problème général: une difficulté à communiquer avec le public même si ce qu’il joue est intéressant et souvent bien fait. Il semble aussi lisse que le Japonais Sato est contrasté. Chez lui tout est élégant, fin, dense et mesuré, sans excès, qu’il aborde Beethoven, Fafchamps ou le Gaspard de la nuit de Ravel: il a de la peine à nous raconter sa musique, à la projeter vers nous, alors que ses qualités techniques ne sont pas en cause. Un problème de communication, de persuasion? Un défaut qui ne le brouille pas avec l’orchestre, comme il l’a prouvé dans une interprétation d’une élégance un peu froide du 17è concerto de Mozart.
Son programme de finale :
-Une sonate de jeunesse de Mozart (la 5è) confirmera son évidente musicalité.
-Le 3è concerto de Prokofiev l’aidera peut-être à sortir de sa réserve naturelle.
- Dans l’imposé, tout est possible :son calme devrait l’aider à maîtriser cette tempête sonore.
Andrejs Osokins (Lettonie, 25 ans) - (c) Benoit Matterne
-Kim Tae-Hyung (Corée du sud, 25 ans), nous a laissés perplexe en proposant la 13è sonate de Mozart alors que le concertode Mozart, imposé en demi-finales, devrait suffire à convaincre. Seulement voilà pour un pur musicien, Mozart, dans sa simplicité, permet d’aller au cœur de l’interprétation transcendante. Kim Tae-Hyung nous rend ce Mozart évident, par une vivacité sans esbroufe et un toucher lumineux. A l’imposé de Jean-Luc Fafchamps il communique une poésie encore jamais entendue où les sonorités les plus intenses passent en douceur. Quant au Carnaval de Schumann, il nous en propose une version d’anthologie où le mélange de sensualité, de sensibilité et d’intelligence font rayonner cette fête sonore. Magistral. Tout comme ce choixt d’un concerto du très jeune Mozart, le 9è , auquel il donne une juvénile envolée.
Son programme de finale :
-Avec une sonate de jeunesse de Beethoven (la 6è) et le 1er concerto de Brahms Kim Tae Jung nous propose une soirée romantique qu’annonçait déjà son splendide Carnaval de Schuman en demi-finales. On lui souhaite une bonne entente avec l’orchestre et un tempo bien maîtrisé.
-Curieux d’entendre sa version de l’imposé de JEON Minje : il pourrait ajouter sa poésie singulière au rythme trépidant de l’ensemble.
Kim Tae Hyung (Corée du sud, 25 ans) - (c) Benoit Matterne
Christian Jade