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Avignon 2010
Les Editions Lansman et le Théâtre de L'L fêtaient leurs 20 ans aux Doms, le théâtre belge d'Avignon dirigé par Philippe Grombeer. Double anniversaire, célébré dans la bonne humeur, par un "apérauteur" mêlant l'analyse d'un thème et le verre final de l'amitié.
Le théâtre de L'L a toujours cherché les nouveaux talents, en danse, théâtre ou performance, en fonction des goûts, qu'elle avoue subjectifs, de sa directrice, Michèle Braconnier. Petit théâtre en plein Matonge, il s'est transformé en une structure d'accueil pour jeunes artistes "émergents", accueillis, mis en stage, confirmés ou abandonnés selon les décisions irrévocables de sa directrice. Elle a ainsi révélé récemment le talents d'Antoine Defoort et de son Cheval, accueilli dans le "in" (Section 25è heure), cette année. Le hic est là: quel rôle peut jouer sa structure quand elle se trouve face à un talent confirmé? Michèle Braconnier réclame en vain un financement supplémentaire pour cet encadrement à l'exportation , efficacement rempli durant deux ans par Mathieu Goery, qui est retourné, avec ses compétences en France, à Metz, où la compétence est payée à sa juste valeur. Ecoutez Michèle Braconnier, femme de conviction et de caractère...qui n'a pas sa langue en poche.
Dans le jardin des Doms Emile Lansman et quelques amis pour célébrer ses 20 ans d'éditeur de théâtre (c) Nurten Aka
Emile Lansman était au départ un passionné de théâtre voulant la communiquer aux jeunes grâce à l'association Promotion Théâtre, qui rayonne du Hainaut natal (Carnière, près de Morlanwez), à l'ensemble de la Wallonie. L'idée d'édition est venue au fil du chemin, principalement via les Francophonies du Limousin. D'où le nombre de publications d'auteurs africains, les seuls à être vraiment défendus par ce globe trotter, grand connaisseur aussi du théâtre québécois. Son heure de gloire vint en 2000 avec le Prix Nobel d'un Chinois, Gao, qu'il publie avant tout le monde en 1992 et qui le fit prendre fort au sérieux par le monde des lettres et le monde politique.Actuellement Emile Lansman compte, en 20 ans, plus de 800 titres publiés et des collaborateurs pour l'aider dans sa sélection des meilleurs textes. Ecoutez-le raconter brièvement sa petite "épopée".
C'est une des seules révélations d'Avignon au bout d'une semaine. Angelica Lidell, actrice, performeuse, dramaturge livre un marathon sur la douleur des femmes battues sur le mode autobiographique et épique. Puissant, dans son excès, "La casa de la fuerza", la maison de la force.
ANGELICA LIDDELL OU LA DOULEUR SANS PARTAGE
Angelica Lidell "La casa de la fuerza" (c) Christophe Raynaud De Lage
Étrange spectacle que cette" maison de la force", le marathon du festival, près de 6h d'un spectacle qui commence à 9H30 et se termine au-delà de 3h du matin. Une "performeuse-actrice" raconte sa vie douloureuse de femme, folle d'un homme qui la battait et qu'elle a fini par tromper, ce qui ne lui a pas porté bonheur non plus. Elle est espagnole mais transpose son histoire au Mexique parce que les femmes battues y détiennent un record. En même temps elle se déclare totalement individualiste, ne luttant que pour elle-même, car seule sa douleur lui importe. On assiste ainsi à une projection d'une vidéo qui se passe dans un hôtel de Venise, à l'époque de sa rupture et de la guerre d'Israël contre le Hamas, l'opération "plomb fondu".Mais entre la douleur des Palestiniens et la sienne c'est elle qu'elle choisit.
Un exemple qui nous la montre plus proche de Frida Kahlo mais nuance: Kahlo était une vraie handicapée physique. Liddell prend un plaisir masochiste à se fendre le bras ou le genou devant pour nous prouver sa douleur. Elle est accompagnée sur l'immense plateau de deux" sœurs", "faire valoir" qui l'aident aussi à partager un texte très dur pendant un si long temps et à déplacer des objets encombrants "en force".
Un théâtre épique? Un théâtre de performance? Oui, puisque pour oublier leurs douleurs les trois dames punissent leurs corps par des exercices en salle de musculation , se mettent à transporter sur scène une douzaine de fauteuils et finissent par répandre un immense tas de charbon où elles s'enterrent pour mieux ressusciter à la fin de l'acte 2. Il était à ce moment 1h du matin et et deux longues heures nous attendaient encore. Malgré l'énorme présence physique de ces trois dames j'avoue que ma volonté a faibli: le thème de la douleur répété à l'infini mais de manière totalement narcissique, sans l'ombre d'un élan social a fini par me lasser. Mais incontestablement le côté spectaculaire de cette performeuse "à la Fabre", avec un humour (rare) à la Sophie Calle a tenu le public en haleine jusqu'à 1h du matin...et plus. C'est rare à Avignon, cette année. Et c'est la première vraie surprise de qualité.
Cette femme a un talent fou dans le genre obsessionnel. Chapeau!
NB: plus visible à Avignon ni ailleurs en France ou en Europe. Mais elle n'a pas fini de faire parler d'elle: ce genre de confessions féminines est" mode"et efficace.
Anne-Teresa De Keersmaeker trouve son inspiration dans la musique plus que dans le lieu. Exception réussie à Avignon où le cloître des Célestins bénéficie d’une musique médiévale subtile et de la grâce musclée des corps.
EN ATENDANT OU LE CORPS EN FLÛTE
Je me souviens de Mozart Arias dans la Cour d’Honneur, en 1992, un spectacle superbe, plein de vigueur, de beauté et d’humour: du vrai Mozart, un peu long , accueilli par des vivats et des huées. Classique à Avignon. Je vois encore Anne-Teresa l’orgueilleuse , entraînant sa troupe pour dompter et défier ce public divisé : un vrai chef d’équipe, assumant ses responsabilités, sûre d’avoir raison face à ces hurleurs de mauvaise foi: image magnifique.
Rien de tout ça dans En atendant, (un t en langue d’oc ancienne), sa création 2010, accueillie dans avec une ferveur presque religieuse par un public séduit. La belle harmonie entre le lieu jadis sacré, la musique médiévale et la simplicité sensuelle des danseurs a fait l’unanimité. Et pourtant, là aussi elle a pris tous les risques et s’est lancé un beau défi: jouer à 20h30, en pleine lumière solaire et terminer dans un début de pénombre vers 22h, sans un projecteur! Le Cloître des Célestins, avec ses deux arbres immenses et la profondeur minimale de son plateau ont fait se casser les dents nombre de metteurs en scène de théâtre et je n’ai pas souvenir d’une grande création chorégraphique dans ce lieu difficile.
Mais l’art subtil- nom de la musique polyphonique du XIVè qu’elle a été dénicher pour correspondre, historiquement, au lieu, lui a servi de fil conducteur et de défi: fil conducteur puisque certains des poèmes qui sont chantés évoquent des peines d’amour en langue langue d’oc . Mais rien de moins sensuel , au départ que cette musique. Anne-Teresa l’avoue: »ce sont essentiellement des musiques sacrées et je ne savais pas trop quoi en faire sur un plateau de danse. J’éprouvais une sorte de pudeur au moment de mettre des corps dessus ».
Son spectacle recèle cette pudeur, cette hésitation, cette audace mesurée. Il commence par un étonnant morceau de flûte solo exécuté comme toute la musique » live » et les danseurs, d’abord groupés se lancent dans l’arène , parfois sans musique, parfois sur cette musique. Cette « valse hésitation » entre musique et danse (avec ou sans?) fait la beauté de cette heure trente où la lumière déclinante naturelle ajoute un charme de ce chant d’amour à une ville et une époque, l' Avignon du schisme papal. Une époque où la mort régnait, via de terrifiantes épidémies de peste. De cela aussi En Atendant rend compte par le regroupement des corps de danseurs morts qui ira, dans le crépuscule finale jusqu’à une pudique nudité. La sensualité est là par le fait, entre autres que la danse, sans musique, s’exécute sur un tapis de terre qui amortit les pas, évitant les stridences d’une danse sur parquet.
Bref un beau moment de recueillement, une nouvelle musique …ancienne jouant sur la mélancolie et non le rythme trépidant: défi relevé. On attend avec curiosité la transposition du thème dans une salle moderne, sans l’archaïsme naturel du lieu et son pouvoir naturel.
En atendant, de ATDK, à Avignon jusqu’au 16 juillet puis au Théâtre de la Monnaie, du 25 au 30 septembre.
Christian Jade(RTBF.be)
Anne Teresa De Keersmaecker: "En atendant" (c) Herman Sorgeloos Hires
Le metteur en scène Guy Cassiers, est réputé pour son amour des textes longs, à la langue rare. Après les trois épisodes de son Proust (A la recherche du temps perdu) il s’attaque à un immense roman inachevé de Robert Musil, « Un homme sans qualités ».
L'homme sans qualités .R.Musil m.e.s. Guy Cassiers(c) Koen Broos
Le roman de Musil, inachevé, fait plus de 123 chapitres et des milliers de pages. A la veille de la guerre 1914-18, il décrit avec une acuité féroce la fin de règne de l’Empire austro-hongrois. Intérêt actuel ? Outre la qualité de sa langue, qui fascine Guy Cassiers à l’égal de celle de Proust, ce roman de Musil est une énorme métaphore de la décadence de l’Europe contemporaine et Cassiers (voir interview ci-dessous) y a même trouvé de surprenantes analogies des problèmes politiques actuels : la montée du populisme, l’aveuglement des élites repliées sur un passé mythifié, les rapports pouvoir et argent et même les rapports de force culturels entre langue dominante (allemand) face aux minorités culturelles. L’adaptation de Filip Vanluchene n’évite pas cuelques clins d’œil à une actualité politique belgo-belge sans leur donner un rôle prédominant.
Cette première partie de 3h30 (il y en aura trois) considérée par Cassiers lui-même comme un « portrait de groupe » voire une « nature morte » est elle-même divisée en trois. Le premier tableau, trop statique, trop bavard, avec une abondance de surtitres qui fatigue, présente une galerie de personnages, dominés par la superbe Diotime, en robe Renaissance, femme d’un homme effacé Tuzzi et le rêveur Ulrich, « l’homme sans qualités ». Tout un petit monde s’agite autour de la célébration du 30è anniversaire de l’Empereur d’Autriche mais ce prétexte permet de décrire une « élite »de rêveurs et d’affairistes travaillés par l’ambition et le sexe. Fil conducteur visuel, via un savant montage vidéo : « La Cène » aux personnages « bien rangés » de Léonard De Vinci.
A la première beaucoup de spectateurs s’enfuient du Théâtre municipal à l’entracte. Dommage pour eux car les deux derniers « tableaux » nous montrent avec une vidéo enfin dynamique, les monologues intérieurs des personnages qui gagnent soudain en épaisseur et de non moins superbes thèmes et variations sur le tableau d’Ensor L’Entrée du Christ à Bruxelles, où l’anarchie vient miner les valeurs traditionnelles avec en parallèle la montée d’un général fascisant.
Soudain le texte austère se fait chair et passion politique sans perdre de sa qualité littéraire un peu archaïque. On sait gré à Guy Cassiers d’essayer de nous convertir à ses passions essentielles, la « grande » littérature, l’analyse politique de nos sociétés, la peinture et l’art vidéo qui permet de creuser et d’alléger à la fois ces textes sublimes, un peu durs à avaler.
Seul bémol: un bel effort a été fait sur le sur-titrage. Mais si les surtitres lumineux sont parfaits, les surtitres incrustés sur la vidéo sont parfois « gris » et pénibles à saisir, ce qui augmente l’incompréhension, surtout dans la première partie, déjà plus statique. Comme le diable est dans les détails, voilà un problème technique à la solution facile, à première vue.
L’homme sans qualités de Robert Musil, à Avignon jusqu’au 12 juillet, puis en tournée en Belgique (Bruxelles et Liège, notamment) la saison 2010-2011
Christian Jade (RTBF.be)
Guy Cassiers - (c) Koen Broos
InterviewGuy Cassierssur Un homme sans qualités de Robert Musil. (6MN 20′) voir site www.trbf.be/culture onglet Jade
Festival d’Avignon 2010/IN : «Papperlapapp» en Cour d’Honneur : un lieu mal habité.
Cour d'Honneur d'Avignon
En plaçant un de ses spectacles au beau milieu de la Cour d’Honneur, Christoph Marthaler prenait un risque calculé : échapper à son univers très enfermé dans les superbes scénographies de sa complice Anna Viebrock. L’humour était là et la belle esthétique mais étirée dans un spectacle sans rythme.
J’ai découvert avec délices Marthaler , il y a bien longtemps, au Kunstenfestival des Arts, à Bruxelles, en 1994, dans un de ses spectacles les plus originaux Murx den Europäer ! portrait sarcastique plein d’humour de l’Allemagne d’après la chute du mur. J’ai goûté avec délices, ici même à Avignon, l’an dernier Riesenbutzbach, une colonie permanente, délicieuse satire de notre société de consommation, à travers un groupe de petits bourgeois hilarants, bercés dans des musiques en contraste total avec leur monde.
Papperlapapp (c) Christophe Raynaud De Lage
Alors qu’est-ce qui n’a pas fonctionné hier soir, en Cour d’Honneur, à la première? Le « système » Marthaler /Viebrock est pourtant bien en place :
1) un groupe d’acteurs et d’actrices à la présence impressionnante, sachant et jouer et chanter avec grâce
2) une scénographie exposant d’emblée son humour iconoclaste, depuis les sept tombeaux de gisants répartis dans la Cour, une série d’objets d’église (un confessionnal, 7 bancs pour les fidèles). En contraste au milieu de la Cour une machine à laver qui servira tour à tour à des poses érotiques et à lessiver des habits papaux tombés du ciel.
3) une musique surgie soit d’un piano dissimulé dans une chapelle, soit d’un violoncelle reproduisant des dissonances très « Ars Musica »…qui font fuir quelques dizaines de spectateurs. Musique sublime quand les acteurs eux-mêmes, aux voix d’une étonnante pureté, s’y mettent en chœur ou en solo.
Au début les gags « prennent » comme cette étonnant « buisson sacré » surgi de la meule d’un ouvrier dissimulé dans le confessionnal devant des fidèles terrifiés, agenouillés sur leurs bancs. Ou encore quelques jeux avec les acteurs gisants, d’abord tous masculins qui, vers la fin, sont remplacés par des femmes qui font revivre de leur délicieuse présence ces pierres mortes.
Mais le noyau central de l’évocation, les papes et le rapport entre religion et politique est très faible par un des défauts su système de Marthaler, qu’il avoue : son peu de goût pour le texte donc un minimum de logique. Généralement son système fonctionne parce qu’il excelle à décrire un groupe, petits bourgeois ou déçus du capitalisme, ou vieillards ridicules. Ici le groupe d’acteurs est capable de produire des tableaux somptueux, de faire surgir des musiques sublimes. Mais le puzzle jamais ne s’assemble. Il y a « à prendre» dans ces morceaux choisis, généralement trop longs et trop lents. Mais l’excès d’adagios, mouvements lents non compensés par des allégrettos jubilatoires, les répétitions trop nombreuses, l’absence de progression, l’excès de digressions font petit à petit perdre pied aux 2000 spectateurs de la Cour d’Honneur. Captiver et les inconditionnels et un public plus large d’une Cour d’Honneur n’est pas facile. Le beau travail de ces sublimes acteurs/chanteurs ne suffit pas à notre bonheur.
Papperlapapp, de Christoph Marthaler, en Cour d’Honneur d’Avignon jusqu’au 17 juillet
Christian Jade, Rudy Demotte et Guy Duplat. (c) Nurten Aka
Bref « saut »à Avignon au Théâtre des Doms, de Rudy Demotte, Ministre-Président (de la Communaté française et de la Région wallonne),entre deux négociations politiques. Le temps de justifier l’augmentation du contrat -programme du Théâtre des Doms (+ 100.000 euros annuels) et de préciser sa politique en matière d’exportation culturelle.
On l’ignore très largement en Belgique mais le Théâtre des Doms, la vitrine du théâtre francophone en Avignon, dépend, pour son budget (contrat-programme) du Ministre -Président et non du (ou de la ) Ministre de la Culture, qui n’a en charge que le patrimoine du bâtiment. Dans l’entretien qu’il nous accordé, Rudy Demotte remonte aux origines de ce paradoxe, la volonté, très controversée à l’époque d’Hervé Hasquin de créer ce théâtre, malgré une forte opposition du milieu culturel.R udy Demotte justifie le budget actuel des Doms par la nécessité d’accueillir dignement les nombreux acteurs mais aussi musiciens et danseurs qui défendent l’ancrage belge francophone dans la région , tout au long de l’année.
Interrogé sur la nécessité d’avoir aussi une politique active dans le « in », le festival officiel d’Avignon, à l’image de la Communauté flamande, Rudy Demotte s’est montré plutôt prudent. Il a mis en place depuis l’an dernier un système de mutualisation, de mise en commun des frais des compagnies qui veulent exporter la culture francophone belge et pas seulement à Avignon. Quant à la faible part du budget culture par rapport à l’économique et au politique dans le poste « affaires étrangères » de la Communauté française et de la Région wallone, il répond à une question de notre collègue Guy Duplat.
Un dialogue de 9 mn à écouter ci-dessous
Christian Jade interviewe Rudy Demotte (c) Nurten Aka
Avignon off: mes petits et grands coups de coeur préalables. (à suivre)
Lundi 5 juillet 2010
Avignon 2010: aperçu du programme
En « off » peu de créations et beaucoup de reprises de la saison écoulée voire antérieure. Parmi les spectacles belges voici quelques impressions de longueur variable empruntées à mes (souvent brèves) chroniques » radio » (RTBF La Première) La référence du lieu est celle d’Avignon 2010!
Kefar Nahum , de la compagnie Mossoux Bonté : la danseuse prestidigitatrice
Kefar Nahum
On y voit une Nicole Mossoux, d’habitude danseuse, qui s’exerce à l’art de la prestidigitation : avec ses mains et des parties de son corps elle fait surgir, à la vitesse de l’éclair, une série de personnages ou d’objets, qui créent devant nous un monde imaginaire, fantastique, inquiétant…et drôle. On va de surprise en surprise en 50 minutes de show soutenu par la musique live d’une rare précision rythmique de Thomas Turine. Hilarant et inquiétant à la fois.
A voir au Doms, à 20hdu 7 au 27 juillet
Carré des Cosaques de et avec François Houart (c) Véronique Vercheval
Avec Le Carré des cosaques, on reste dans les pays de l’Est via un monologue époustouflant de François Houart, écrit et joué par lui, mis en scène par Brigitte Bailleux. Ses parents tenaient un home de réfugiés politiques venus de l’Europe de l’Est. Il fait revivre leur misère, leurs contradictions, leurs douleurs, avec passion et humour. Ce beau monologue, dans une remarquable scénographie de Jean Vangeebergen se donne au
Théâtre des Doms du7 au 27 juillet
Monologues voilés ou les ruses de la femme musulmane
Les monologues voilés
Tout le monde a vu ou entendu parler des « Monologues du vagin« , un succès mondial,créé en Belgique au théâtre de Poche et repris en début de saison au Théâtre de la Toison d’Or. On craignait que ces « Monologues voilés », appliquant le même procédé à la femme musulmane n’en soit une copie conforme. Et bien pas du tout: la Hollandaise Adelheid Roosen, à partir d’une enquête quasi journalistique, chez les musulmanes hollandaises, restitue, en une douzaine de monologues toute la complexité d’une situation ambiguë. Elle fait cadeau à quatre jeunes actrices belges d’origine musulmane de portraits savoureux, parfois douloureux, souvent humoristiques, d’une drôlerie irrésistible. On parle sans tabou du vagin et des rites particuliers, parfois cruels, souvent jouissifs auquel il est soumis dans la tradition musulmane, pour qui le plaisir est un bonheur et pas une honte. Tous les tabous y passent, de la virginité prénuptiale à l’homosexualité féminine, des rapports critiques entre mères et filles aux relations des jeunes musulmanes avec des Hollandais non-musulmans, gentiment caricaturés. La danse du ventre est présente mais sans excès. On sort de là joyeux, avec une seule question: ce portrait sympathique, plutôt tendre, peut-il être vu sereinement par la communauté musulmane belge?
Monologues voilés, au Festival d’Avignon (off) du 8 au 31 juillet à la chapelle du Verbe incarné . Info : www.verbeincarné.fr
Le Groupe acrobatique de Tanger de la rue à la scène. Photos (c) Mario Del Curto
Nous avons déjà dit tout le bien que nous pensions du spectacle de cirque Chouf Ouchouf vu à Anvers à De Singel (écoutez, ci-dessous, en audio, la critique diffusée dans Culture Club sur la RTBF)). Une excellence qui lui vaut d’être sélectionné cet été au Festival IN d’Avignon. Il faut dire que ces petits acrobates de Tanger sont pris en main par deux Suisses de réputation internationale. Si vous ne les avez pas encore vus à Anvers et Bruxelles ne les ratez pas à Avignon du 8 au 13 juilet
CHOUF OUCHOUF, OU COMMENT TRANSFORMER UN GROUPE ACROBATIQUE DE GAMINS DE RUE EN FINS ACROBATES DANS UNE CREATION MODERNE.
Deux Suisses dynamisent et recadrent les magnifiques gamins de rue du Groupe acrobatique de Tanger. Zimmerman a fait ses classes avec Josef Nadj dans le fameux Cri du Caméléon après avoir suivi les cours de décoration au Centre National des Arts du Cirque, en France. du Perrot autodidacte, DJ puis compositeur jongle avec la pop, le rock et le jazz et ici avec la tradition folklorique tangéroise.Au total un dialogue réussi entre Orient et Occident, passé et présent, spontanéité et réflexion.
Ecoutez la genèse du spectacle racontée par Dimitri Zimmerman(5mn)
Critique****
-Passé à De Singel à Anvers,et aux Halles de Schaerbeek
-A Avignon du 8 au 13 juillet Réservations tel 00 33 490 14 14 14
Vincent Sornaga, Renaud Van Camp et Hervé Piron dans Les langues paternelles D.R.
Ce spectacle est une « découverte » de la saison 2009/2010, vu au Centre Culturel Jacques Franck. Entretemps il figure parmi les trois meilleures découvertes des Prix de la Critique théâtre/danse/. Voici ma critique lors de la première.
Une bonne surprise:un jeunemetteur en scène peu connu, Antoine Laubin , fait mouche dès sa première tentative: Les Langues paternelles, d’après un roman très autobiographique de David Serge, alias Daniel Schneiderman, ancien journaliste au Monde puis à Libération et spécialiste des médias. Peu importe.De ce roman aux rayons multiples Antoine Laubin parvient à extraire l’essentiel, consacré aux relations entre trois générations de pères et d’enfants. Encore fallait-il en faire un spectacle théâtral, où la circulation de la parole entre tant de générations se fasse de manière fluide et claire. A partir d’un père mort, à la fois admiré et détesté on remonte le temps, mêlant les fils à partir d’un lieu, le futuroscope de Poitiers, étendu par moments à un judéoscope parodique. Comme le voyage est imaginaire les trois acteurs, qui jouent plusieurs rôles font fi de tout réalisme et utilisent le sol blanc comme un repère où laisser des traces d’écriture, qui éclairent et donnent sa dynamique et sa métaphore au récit. Un récit qui se décline comme une partition musicale, grâce à un trio d’acteurs accordés dans leur différences comme un trio d’instruments. Hervé Piron, Vincent Sornaga et Renaud Van Camp mêlent humour et fantaisie, rage et tendresse pour nous faire entrer dans leur toile d’araignée familiale, lourde de conflits, amortis par un jeu allegro ma non troppo.
Les langues paternelles de David Serge, mise en scène Antoine Laubin, du 7 au 27 juillet, à 11h, à Avignon, au théâtre Les Doms Info www.lesdoms.eu
Avignon (Les Doms): le programme 2010 et le contrat(programme)
Theatre des Doms (c) D.R.
Petit rappel de ce que nous vous annoncions dès le 18 mars : le théâtre des Doms se porte bien et vient d’être récompensé par une augmentation de sa dotation de 100.000 euros. Et puis voici sa programmation que nous vous commenterons de plus près en cours de route
Le Théâtre des Doms, vitrine du Théâtre belge francophone en Avignon dépend, non pas de la Ministre de la Culture Fadila Laanan mais du Ministre des Relations Internationales de la Communauté française,le Ministre-Président Rudy Demotte. Le Gouvernement de la Communauté française, pour ce troisième «accord/programme », (2010-2014) a fait passer la subvention annuelle de fonctionnement de 500.000 euros à près de 600.000 (595.000).
Une augmentation de 100.000 euros qui permet d’adjoindre un membre à l’équipe qui passe de 3 à 4 personnes, pour s’occuper, entre autres des résidences artistiques, qui passent de 1 à 5 par an, pendant la période non festivalière. C’est que une des missions de Philippe Grombeer, directeur du Théâtre Doms est de promouvoir la culture francophone (pas seulement le théâtre mais la musique, la danse, le cirque, les écritures) dans tout le sud de la France. Enfin l’augmentation permettra aux petites structures accueillies en juillet de se payer l’aide d’un aide à la promotion et à la vente de ses spectacles.
Ecoutez Philippe Grombeer, directeur du Théâtre des Doms, nous expliquer le sens de ce nouvel accord programme.: désormais les itv se trouvent sur le site www.rtbf.be/culture (onglet JADE/Scènes)
Reste la programmation 2010. Info et réservation:www.lesdoms.eu
Voici les heureux lauréats : 106 demandes, 6 élus.
Dans l’ordre, les justifications de Philippe Grombeer et le résultat: la liste des élus, noir sur blanc
Philippe Grombeer, Directeur du Théâtre des Doms D.R
Affiche programme 2010 (c) Lucas Racasse (auteur de toutes les affiches,humoristiques, depuis 2002)
Vous verrez donc, début juillet aux Doms.
.11h – Les langues paternelles de David Serge, une production du Collectif De Facto, avec le soutien du Centre Culturel Jacques Franck et la collaboration de L’L. Mise en scène d’Antoine Laubin, avec Hervé Piron, Vincent Sornaga et Renaud Van Camp.
13h – Disparus, une coproduction de la Compagnie des Mutants, de l’Ensemble Leporello et du Centre Culturel Régional du Centre. Texte et mise en scène de Dirk Opstaele, avec Patrick Beckers, Michel Carcan, Eric Drabs, David Greuse, Fabien Robert, Jean-François Maun, Nicolas Testa, Gordon Wilson et, en alternance, Martin Swabey.
15h30 – Le Carré des Cosaques de et avec François Houart et trente fantômes, une production de la Maison Ephémère en coproduction avec le manège.mons et la Fabrique de Théâtre avec l’aide à la création du Centre Culturel de Braine-le-Comte et du Foyer Culturel de Péruwelz et le soutien de la cie Maritime. Mise en scène de Brigitte Baillieux. Texte publié aux éditions Hayez & Lansman.
18h – Boîtes de et par Cécile Henry et Catchou Myncke, une production de Nuna Théâtre pour les tout-petits à partir de 18 mois.
20h – Kefar Nahum de Nicole Mossoux, une production de la Compagnie Mossoux-Bonté en co-production avec le Festival Fidena, Bochum (Allemagne). Nicole Mossoux et Patrick Bonté avec le regard complice d’Agnès Limbos. Musique originale en direct de et par Thomas Turine.
22h – Trois Vieilles de Alexandro Jodorowsky, une production de la Compagnie Point Zéro en coproduction avec l’Atelier Théâtral Jean Vilar, le Festival de Théâtre de Spa et le Théâtre de la Balsamine. Mise en scène de Jean-Michel d’Hoop, avec Cyril Briant, Sébastien Chollet, Pierre Jacqmin et Coralie Vanderlinden.
Et hors les Doms…
Danse aux Hivernales
Leks, de la Cie Dorina Fauer du 11 au 23 juillet. Info: dorinafauer@gmail.com
A la Manufacture:(autre scène, privée, dirigée par deux Belges, Pascal Keyseret Pierre Holemans)
-Le chagrin des Ogres de Fabrice Murgia, (à 14h40)un des grands succès du National cette année. Fabrice Murgia fait désormais partie des jeunes artistes asssociés du National.
-Insert Coin par le collectif T.R.A.N.S.I.T.S.C.A.P.E, à 17 et 20h, du 9 au 16 juillet
Info: www.lamanufacture.org
(le même groupe (Transitscape) présente à la Chartreuse de Villeneuve Distorsions humainesdu 19 au 24 juillet
www.chartreuse.org
A la Chapelle du Verbe incarné: www.verbeincarne.fr
Les Monologues voilés de Adeheid Roosen: reprise d’un énorme succès du Théâtre de Poche, avec Jamila Drissi, Morgiane El boubsi et Hoonaz Ghojallu, du 8 au 31 juillet à 18h15
Sur l’île Piot, dans le cadre de Midi Pyrénées fait son cirque:
Le Carré Curieux par la compagnie Carré Curieux, Cirque Vivant !l. Mise en scène de Philippe Vande Weghe, avec Kenzo Tokuoka (monocycle et acrobatie), Gert De Cooman (tissu aérien et mât libre), Luca Aeschlimann (jonglerie aux balles) et Vladimir Couprie (jonglerie aux diabolo-toupies)., du 8 au 27 juillet à 20h
Infos: www.circuits-circa.com
Sur l’île de la Barthelasse
Le Chant de la Sourcepar les Baladins du Miroir (sous chapiteau). Mise en scène de Geneviève Knoops. Avec Stéphanie Coppé, Wout De Ridder, Abdel El Asri, Monique Gelders, Sophie Lajoie, Darius Lecharlier, Andreas Christou, Diego Lopez Saez, Virginie Pierre et Coline Zimmer.