« L’un d’entre nous », qui c’est?
Après Coalition un des trois meilleurs spectacles 2009-2010, les groupes bruxellois Tristero (flamand) et Transquinquennal (francophone) remettent ça avec « L’un d’entre nous »: images censurées, d’où le point d’interrogation d’accroche. Humour garanti.
Critique:***(*)
Avec ces deux groupes on part souvent d’un théorème, poussé jusqu’à l’absurde. Au départ, Peter Vanderbempt (Tristero) avait envie de se moquer de la politique, des lieux communs déclinés à longueur de plateaux télévisés, des clichés. Le truc: faire circuler parmi un groupe de comédiens la question: que savez-vous de la politique ? et ça donne une litanie: en politique, on doit faire des choix, dit l’un. Comique de répétition: En politique, on doit faire des compromis, enchaîne un ou une autre. Cela dure 20 minutes et à la fin on est vacciné contre tous les virus des nombreuses campagnes électorales passées ou à venir. Plus fort . Le même système s’applique aussi bien au registre de l’amour. En amour on doit faire des compromis. Comique de répétition au carré. Et 20 minutes de rires en plus (attention, ils trouvent quand même des formules différentes, parfois, pour l’amour et la politique!!). D’autant que chacun des comédiens vit sa réplique avec sa personnalité espiègle, ou faussement sérieuse ou sèche ou nuancée: cela donne une petite partition musicale, avec un savoureux mélange d’accents, pimenté de comique de situation (chuuut, censure sur le comique de situation, allez les voir, ils sont si beaux!). Enfin cerise sur le gâteau la troisième partie est un petit règlement de comptes feutré sur les défauts des uns et des autres: les acteurs restent acteurs mais jouent sur leur vie privée poussée également vers le grotesque , le saugrenu ou le banal.
Au total , ça donne une bonne heure d’humour fin, pas prise de tête mais pas vulgaire, ni lourdingue. D’accord pour ma « chute » avec le Standaard: « un spectacle intelligent qui va droit au but ».
NB: ils n’ont pas besoin de venir dans la salle accrocher le public en fausse « interactivité »: tout ce qu’ils disent on le dit ou le pratique presque tous les jours. Miroir, mon beau miroir, en riant d’eux on rit avec eux … de nous-mêmes. Quoi de plus théâtral?
A voir au Petit Varia, jusqu’au 15 octobre.Info: http://www.varia.be/
On leur souhaite de nombreuses reprises, in beiden talen.
Christian Jade (RTBF.be)


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