Nous avons recueilli, au terme de l'interview, les réactions de nos deux invités.
- Louis MICHEL : "Je pense que le journaliste français parle de choses qu'il ne connaît pas. Je pense que du point de vue de la Belgique, il se laisse aller à une analyse qu'il ne maîtrise pas. On ne peut comparer la Belgique à la France. Ici, nous avons toujours une coalition avec au moins quatre partis. Des négociations sont donc toujours nécessaires. Je refuse de tomber dans ce catastrophisme jubilatoire."
- Jean QUATREMER : "Si on écoute Louis Michel, tout va bien. Il est assez curieux d'entendre d'autres politiciens tenir d'autres propos. Au nord du pays, on entend aussi un autre son de cloche. Le PS a aussi un autre avis, comme le CDH. On ne peut pas dire qu'après quatre mois sans gouvenrement, on n'est pas en crise. Il suffit de lire les journaux francophones pour s'en rendre compte. Les événements de ce weekend le prouvent."




Louis Michel a fait une erreur ce matin. Il s'est adressé à monsieur Quatremer comme à un opposant politique. Or le journaliste français n'est qu'un observateur neutre, qui ne doit pas défendre son point de vue bec et ongle. Les attaques de Louis Michel n'ont donc pas trouvé l'opposition habituelle, caractérisée par la mauvaise foi propre aux politiciens. Voilà peut-être pourquoi Big Loulou a fini par s'énerger tout seul, dévoilant une agressivité et une suffisance à la limite de la grossièreté.
Et sur le fond, je l'ai trouvé à côté de la plaque...
Rédigé par: Jihemté | 08 octobre 2007 at 15:23
Bonjour,
Avant l'émission de ce matin, j'avais beaucoup de respect pour Monsieur Michel, même si je n'adhère pas entièrement à ses idées. Cependant, son attitude de ce matin, ses propos assez surréalistes, son arrogance et sa suffisance ont fait qu'il a, maintenant, perdu toute crédibilité à mes yeux. Je me demandais même s'il écoutait parfois son interlocuteur.
Certes, Monsieur Quatremer a sa vision des choses qui lui vient de son travail, de son écoute. Et, je dois avouer que parfois, je le trouvais aussi excessif. Pourtant, il a eu au moins la bonne éducation de respecter les dires de Monsieur Michel. L'inverse ne fut pas vrai.
Rédigé par: Luts S. | 08 octobre 2007 at 14:27
@Anne Marie Prieels:
"par les propos des participants à certaines émissions émission "humoristiques" - par exemple "si le niveau de la mer monte le problème sera réglé" ..."
euh, ca s'appelle justement "de l'humour" ... humour noir peut-être mais humour quand même ... si on peut plus en rire ... y a de tout temps eu des blagues sur les flamands ... comme sur les français et inversément ...
Les wallons et les politiques wallons en prennent aussi pour leur grade dans le jeu des dictionnaires (vu que c'est de cette émission que vient la vanne ... )
Y a déjà suffisamment de ridicule dans les négociations actuelles que ne plus pouvoir en rire (l'auto-dérision est une caractéristique belge) ne ferait qu'ajouter à la sinistrose actuelle
Rédigé par: Jean-Michel Reghem | 08 octobre 2007 at 11:02
Juste pour info, sur les origines de la hargne de Monsieur Michel, voir le blog de Jean Quatremer le 19/09/07 :http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/09/louis-michel-ou.html
Rédigé par: Alexandre Pletser | 08 octobre 2007 at 10:54
J'ai été abasourdi de la suffisance et de l'agressivité dans le ton de monsieur Michel. Cela en devenait très contre-productif. Les propos de Monsieur Quatremer étaient parfois un peu approximatifs (merci à monsieur Jacquemin d'avoir fait l'une ou l'autre correction), mais il défendait sa vision et ses arguments avec une sérénité totalement absente chez Monsieur Michel.
Quelqu'un sait-il quelle est l'origine de la hargne du commissaire européen à l'égard du journaliste? On a vraiment l'impression qu'il y a un long contentieux entre les deux hommes, de caractère presque personnel. Cela donnait à l'auditeur (à moi, en tous cas) un côté un peu énervant de voir Louis Michel déployer une hargne dont on ne comprend pas bien les fondements. Pourquoi perd-il son sang froid à ce point?
Et quelle est cette nouvelle manie un peu agaçante de lustrer Didier Reynders à la moindre occasion?
Ce débat qui aurait pu etre passionant me semblait constamment déraillé par l'agressivité personnelle, des digressions inutiles et une dose de mauvaise un peu étrange.
Rédigé par: nathan g. | 08 octobre 2007 at 10:24
Bravo à Jean Quatremer. Face à la mauvaise foi et aux attaques de Louis Michel il a su garder la distance nécessaire pour poser les vrais problèmes. Visiblement, on ne rencontre pas les mêmes Flamands dans les couloirs de la Commission européenne que dans la rue ou les bureaux où on travaille vraiment.
Les Flamands ne se préparent pas à un confédéralisme mou, préalable à une prise d'indépendance quand ça les arrangera ?
le 20 septembre dernier les directeurs généraux de l’administration flamande se sont réunis pour discuter d’un nouveau rapport à l’attention du gouvernement flamand. Rapport qui complète, précise et corrige les 95 revendications de réforme de l’Etat.
Bref, les Flamands travaillent sur un texte apportant des précisions sur les changements législatifs nécessaires à un approfondissement de la régionalisation. C’est de bonne guerre. Les Flamands préparent l’avenir.
Et si on analyse plus en profondeur certains thèmes, on peut se dire que, par exemple, les habitants francophones de Flandre (Communes à facilités, Fourons, et autres…) auront bientôt des raisons supplémentaires de s’inquiéter. On sait, et les partis qui se disent défenseurs des ces habitants francophones en font grand cas, que la pression internationale pousse à la ratification de la « Convention cadre pour la protection des minorités ». Les directeurs généraux de l’administration flamande en sont à formuler une « définition juridique étanche de la minorité nationale qui ne présente aucun danger pour les principes de territorialité et la législation linguistique ». Pas mal, non ?
Il en va ainsi pour d’autres domaines, comme la régionalisation complète du Commerce extérieur, les soins de Santé, l’autonomie fiscale, les représentations au sein des conseils des ministres européens, les organismes scientifiques restés fédéraux, etc…
Mais pour Louis Michel : tout va très bien madame la Marquise !
Rédigé par: Claude Thayse | 08 octobre 2007 at 10:06
A propos du sujet évoqué ce matin avec Mr Michel - je voudrais faire quelques remarques:
1) Francophone vivant en Flandre depuis une dizaine d'années j'ai changé en réalisant ce que veut dire "multiculturalisme". Il faut le vivre pour le comprendre.
2) J'ai appris à mieux connaître les belges néerlandophones et à parler / comprendre leur langue - ce que je n'avais pas pu faire auparavant.
3) Ce sont les politiciens francophones qui sont à mon humble avis à l'origine de l'attitude de certains radicaux flamands: ils ont refusé le bilinguisme, et créé ce détestable communautarisme qui a creusé le fossé entre néerlandophones et francophones: alors il ne faut pas être hypocrites aujourd'hui et jeter l'opprobre sur les radicaux flamands.
4) Les médias francophones portent également une large responsabilité - je suis régulièrement choquée par le manque de respect dans ls propos de journalistes francophones de la rtbf - ou par les propos des participants à certaines émissions émission "humoristiques" - par exemple "si le niveau de la mer monte le problème sera réglé" ...
5) La "paresse" linguistique (le refus d'apprendre la langue, c'est à dire le seul moyen de se comprendre) voire l'arrogance francophone vis à vis des flamands n'est pas neuve - ne disait on pas en wallonie il y a une cinquantaines d'années "les flamins c'est nin des dgins"? Comme partout (dans les Balkans, au Rwanda, etc) le sentiments d'avoir été méprisé est quelque chose qui se transmet de générations en générations et il faut BEAUCOUP de temps pour l'oubli ... la question est de savoir si nous sommes prêts à consacrer du temps et de l'énergie à résoudre ce problème - si la vitesse avec laquelle le monde économique évolue nous permettra de consacrer notre énergie à résoudre ce problème.
Ceci dit je ne souhaite pas que Mr Leterme représente un jour mes intérêts comme Premier Ministre: c'est son choix de faire alliance avec la NVA qui nous met en difficultés et ce choix n'est pas digne d'un homme politique démocratique.
Est ce qu'il ne serait pas temps de refaire des élections et de demander aux partis de se définir par rapport aux enjeux
Ou bien demander à tous les Belges s'ils souhaitent rester "unis" - et prêts à payer le prix de cette uion, c'est à dire de tenter le bilinguisme?
Rédigé par: Prieels Anne-Marie | 08 octobre 2007 at 08:30
Quand on écoute Mr Michel on a l'impression qu'il essaye de rassurer la population. Comme ci celle-ci devait être protégée. Le rôle des journalistes est d'informer, je ne vois au nom de quel principe il veut orienter la ligne éditoriale des journaux étrangers.
Rédigé par: daniel | 08 octobre 2007 at 08:29