Didier Delafontaine a parcouru la presse ce matin et fait le point sur l'actualité belge.
Les reproches adressés par les Nations-Unies à la Flandre au sujet de son code du logement font l'objet de tous les commentaires ce matin. A commencer par ceux de la presse flamande qui, à une exception près, ne comprend pas ces critiques. Eric Donkier, dans le Belang Van Limburg, a cette formule: comprenne qui pourra. Pour l'éditorialiste, le comité contre les discriminations raciales de l'ONU se trompe, et le ministre flamand du logement, Marino Keulen, a raison de protester. Eric Donkier relève que les instances flamandes, dont la ligue flamande des droits de l'homme, n'ont pas été consultées. Et Eric Donkier conclut: La Flandre est traînée dans la boue au regard du monde entier. En Belgique francophone, on exulte, mais on ne refuse pas notre argent. Combien de temps allons nous encore accepter cela ?
Luc Vanderkelen, dans le Laatste Nieuws, est plus virulent encore. Les critiques de l'ONU sont tout simplement ridicules. Le secrétaire géénral Ban ki Moon ferait mieux de venir s'excuser devant le Parlement flamand, et de s'occuper de ce que les Américains font à Guantanamo, des Russes en Tchétchenie ou des Chinois au Tibet. Mais pour cela, apparemment, ces Nations-Unies sont trop lâches. et cette dernière gifle, nous la devons à nos concitoyens francophones. Alors soyons clairs: s'ils veulent qu'on continue à vivre dans le même pays, qu'ils se montrent loyaux, au lieu de nous noircir à l'étranger, s'étrangle Luc vanderkelen. Qui précise néanmoins: cela vaut aussi dans le sens inverse, et nous avons fermement dénoncé les politiques flamands qui veulent imposer leur diktat au Parlement.
Plus tempéré, Guy Tegenbosch, dans le Standaard, exprime certes son incompréhension devant les critiques onusiennes. Mais appelle néanmoins à une Flandre plus ouverte, moins craintive devant l'étranger. Seule voix discordante côté flamand, celle d'Yves De Smet, dans le Morgen. Il ne comprend pas l'incompréhension qui règne en Flandre. Qu'est-ce qu'on espérait, écrit-il: la Flandre a proportionellement le plus grand parti d'extrême droite d'Europe, parti dont le tout nouveau président estime que le système de l'Apartheid était un des meilleurs régimes jamais inventé. Dans aucun autre pays on ne voit la culture majoritaire faire tant d'efforts pour briser la solidarité avec la culture minoritaire. Et Yves De Smet conclut, ironique: oui, vraiment, pourquoi au nom du ciel notre région mériterait d'être vue comme un petit pays égoïste et discriminatoire ?
Côté francophone, la tonalité est différente.
Dans le Soir, Martine Vandemeulebroeke rappelle qu'en Belgique, les discriminations linguistiques et l'émergence d'un racisme entre les deux communautés demeurent un tabou. Pourtant, elles existent, la longue crise de l'orange bleue a radicalisé les opinions publiques. le MRAX commence à recevoir des plaintes pour racisme entre Flamands et Francophones. Martine Vandemeulebroeke cite des exemples. Il n'existe aucun organisme officiellement chargé de receuillir ces plaintes. Trop sensible, trop sujet aux pressions en tous genres. Alors ont joue le déni.
Dans les quotidiens du groupe sud presse, Louis Maraîte parle de fameuse claque pour la démocratie van Vlaaderen. Une tatouille dont le lunatique ministre flamand de l'intérieur, Marino Keulen, ne mesure pas la force, s'enfonçant lorsqu'il reproche à l'Onu de n'avoir écouté que le son de cloche francophone. A sprinter, le nez dans le guidon, avec les extrémistes, les décideurs flamands oublient les principes essentiels de la vie en peleton. Les Francophones n'arrêtent pas de le leur rappeler. Peut-être accorderont-ils plus d'attention aux Nations-Unies. On peut rêver.
Dans la Libre belgique, Philippe Paquet a choisi lui de se concentrer sur la Chine. Dénonçant des coïncidences malheureuses, quand, par exemple, le département d'Etat américain retire la Chine de la liste des pays violant de façon flagrante les droits humains au moment précis où la police chinoise réprime durement des manifestations au Tibet. A l'approche des jeux olympiques, la Chine ve se trouver confrontée à tous ceux qui ont maille à partir avec le régime communiste. Si elle choisit de n'y répondre que par la répression, comment ne pourra-t-elle pas embarrasser profondément non seulement le Comité olympique international, mais toute la communauté olympique, athlètes et sponsors, hôtes et spectateurs confondus, se demande encore Philippe Paquet.
Enfin, comment faire la pub pour la province néerlandaise du Limbourg. Simple: un petit spot sur internet. On y voit un couple se renseigner dans une agence de voyage pour un minitrip à Paris. Pan, le mari reçoit une mandale de l'employée. Et quand se femme, timidement, propose plutôt Rome, rebelote, deuxième pêche. Moralité: qui ne va pas au limbourg néerlandais prend un gnon. Fallait y songer.




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