Les denrées alimentaires ne cessent de grimper. Allons-nous vers une crise alimentaire mondiale ? Ce jeudi, Jean-Pierre JACQMIN s'entretient avec Jean ZIEGLER, sociologue, auteur de "L'empire de la honte" qui vient tout juste de sortir en Livre de Poche.
Il est rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation jusqu'au 1er mai prochain (pour laisser la place au belge Olivier De Schutter). Il est également membre du comité consultatif du conseil de l'ONU pour les droits de l'homme.
Posez-lui vos questions sur ce blog ou au 070/22 37 37
JPJA : Jean Ziegler, bonjour !
- Bonjour !
JPJA : Alors, « La Commune » de Jean Ferrat. Est-ce que vous en êtes à penser que les mouvements dont on a parlé il y a quelques instants, avec Serge Otthiers, en Haïti, au Burkina-Faso, en Egypte, sont des mouvements prérévolutionnaires ?
- En tout cas ce sont des mouvements très, très forts, qui ont fait des morts et qui montre la détermination des gens qui sont écrasés par la montée absolument astronomiques des prix des denrées alimentaires et qui font que beaucoup, beaucoup de monde, des millions et des dizaines, et probablement des centaines de millions de personnes, d'Argentine au Zimbabwe, du Sénégal en Egypte, Thaïlande, Philippines, Burkina-Faso, où ont lieu maintenant ces émeutes de la faim, sont confrontés à la mort par famine. Mais avant de parler de ces émeutes dont on ne sait pas du tout comment elles vont se développer, parce que là il y a une effroyable angoisse qui meut ces personnes. Je voudrais dire quelque chose de très simple, en préalable : la faim, jusqu'à maintenant, elle était un massacre quotidien, qui se déroulait normalement glacée… tous les cinq secondes, un enfant en dessous de 10 ans, meurt de faim, 100 mille personnes meurent de faim ou de ses suites immédiates tous les jours et 854 millions de personnes, l'année dernière, selon l'FAO, un homme sur six la planète a été en permanence, gravement sous-alimenté. Autrement, ces émeutes, on a l'impression que maintenant l'opinion publique européenne tout à coup découvre que la faim fait des victimes, fait des ravages effroyables dans les pays du sud, mais ces émeutes s'ajoutent à une normalité, qui elle-même, bien que couverte par le silence est déjà effroyable.
JPJA : Vous voulez dire par là, Jean Ziegler que nous sommes finalement hypocrites, que c'est parce que nous connaissons aussi une hausse du coût de la vie, une diminution de notre pouvoir d'achat, qu'on s'intéresse un peu aux autres ?
- Il ne s'agit pas de condamner… il ne s'agit de morale ici… Il s'agir de morts et de destructions effectives dont sont victimes des centaines de millions de personnes, notamment dans les pays du sud. Mais ce que vous dites est certainement très juste. Tout à coup, il y a une sensibilité à la fin, à la sous-alimentation permanente qui est une invalidité, qui empêche la vie, qui est une souffrance physique…
JPJA : Est-ce que nous vivons pour le moment, une réelle pénurie, qui engendre dans la loi de l'offre et de la demande, une augmentation des prix, ou est-ce que nous vivons une période de spéculations ?
- Les raisons, pour cette flambée des prix incroyable… le riz, par exemple : la tonne est à plus de 500 dollars… a doublé. Le blé et certains types de céréales, ont augmenté de 83% en 6 mois. Cette flambée extraordinaire de prix a différentes raisons. D'abord, il y a la spéculation financière, puisqu'avec la crise financière, les spéculateurs, les fonds notamment et les fonds mondiaux, qui dominent la bourse des matières premières agricoles de Chicago, parce que c'est là que se négocient, jour après jour, heure après heure, dans les journées d'ouverture, les prix pour le monde entier, pour les aliments de base : du mil au riz, du maïs au blé etc… Et bien, ces spéculateurs internationaux ont découvert ce qu'on appelle, les matières premières, les matières premières agricoles et spéculent d'une façon tout à fait effrénée, ce qui fait exploser les prix. La deuxième raison, c'est bien sûr, les agro-carburants. L'année dernière, les Etats-Unis ont (je prends un exemple rapidement, puisqu'on n'a pas beaucoup de temps : 138 millions de tonnes de maïs brûlés, du maïs… 138 millions de tonnes, pour faire du bio-agro-combustible). Or, si vous remplissez, si vous avez une voiture qui fonctionne au bioéthanol… si vous remplissez 50 litres de bioéthanol dans le tank de votre voiture, vous brûlez 352 kilos de maïs… 352 kilos de maïs… un enfant mexicain où on sait bien que le maïs est l'aliment de base, peut vivre pendant une année. Alors, les agro-carburants, évidemment, qui sont criminels dans cette situation actuelle, bien qu'on peut trouver des arguments et des ??? qui sont un crime contre les affamés, ces agro-carburants se développent extraordinairement, rapidement, notamment aux Etats-Unis, au Brésil, mais notamment, selon la volonté de la Commission européenne en Europe.
JPJA : En Belgique, en autre, avec une usine qui est en cours d'ouverture, en région liégeoise, du côté de Wanze, pour la citer. Mais est-ce que vous pensez que ce qu'on est en train de vivre, Jean Ziegler, c'est l'hypothèse que j'émettais tout à l'heure. Est-ce qu'on n'est pas en train de voir les spéculateurs de l'or noir, spéculer maintenant sur le blé, sur le maïs, sur le riz, de la même manière. C'est-à-dire avec une loi de l'offre et de la demande, des fonds de placement, vous l'avez déjà dit, qui implique que finalement, le prix que l'on paie n'a rien à voir avec le prix réel ?
- Non ! C'est un prix boursier. Ce n'est pas nouveau en soi, parce que ce qui est nouveau c'est cette spéculation effrénée, cette attention tout à coup que les grands, que les maîtres du capital financier mondial, les grands fonds spéculatifs, accordent. Ils ont découvert tout à coup les matières premières agricoles, mais l'institution où cela se passe, c'est-à-dire les commodités, la bourse de Chicago pour les matières premières agricoles, elle existe depuis très longtemps. Elle fonctionne comme toutes les bourses, avec les contrats à terme, avec des spéculations extraordinaires et c'est là que les Etats doivent intervenir, parce qu'on a maîtrisé un peu, maintenant, la spéculation sur les valeurs financières. Je vous donne un seul exemple : un contrat à terme… vous pouvez acheter toute la récolte du soja du Brésil, avec des moyens propres, de moins de 5% selon les ??? de Chicago. Vous allez ?? que 5% de ces immenses sommes que vous investissez dans un contrat à terme, sur une récolte à venir, uniquement vous devez mettre de votre argent, risquer de votre argent, 5%. Et bien, si on augmente cette limite, et dire : si on augmente le fonds propre et bien la spéculation est très rapidement freinée.
JPJA : Donc voilà une des solutions que vous préconisez. D'autres solutions peut-être dans l'air et certains reviennent à la charge avec ça. En prenant l'exemple de ce qui se passe en Argentine et du soja transgénique, en disant : grâce à ça, il y a une énorme production transgénique en Argentine et l'Argentine s'est découvert quelque part un nouveau filon, une nouvelle mine d'or et peut exporter ce soja. Est-ce que vous pensez que la solution passe par le transgénique ?
- Non ! Le transgénique, en tout cas moi je suis totalement contre… Pour deux raisons : d'abord quand il s'agit d'aliments, d'ailleurs, de bétail. Vous parlez du soja, c'est de l'alimentation de bétail et où l'aliment humain, je dirais : le riz, les céréales, etc… là les risques de santé subsistent. On n'a pas de certitude du tout et la communauté scientifique est totalement divisée. La vache folle, pour l'instant, me suffis.
JPJA : Oui ! Et ça on sait qu'on peut ce soja transgénique, à grande échelle, parce qu'il résiste à des pesticides particulièrement… Il résiste…
- Oui, mais avec des transgéniques, en général, c'est l'esclavage financier qui l'implique, parce que ce sont des brevets. Le processus transgénique, la modification transgénique, est couvert par un brevet qui est détenu pour une très grande partie, par exemple, par Monsanto ou d'autres grandes trust Paoli etc.
JPJA : Qui obligent évidemment, les paysans à devoir acheter ces graines-là, ces graines qui ne peuvent pas se reproduire…
- Chaque année, mon grand-père qui était paysan dans les montagnes suisses, et bien comme tous les paysans du monde, a pris une partie de ces grains à la récolte pour les semer l'année suivante. C'est un cycle millénaire. Or tout à coup, Monsanto, P., E., etc viennent mettre un brevet sur ces semences, mais chaque année, chaque année, il y a des procès au Canada, aux Etats-Unis déjà, bientôt en Afrique, chaque année, le paysan doit payer la taxe du brevet de l'esclavage effroyable.
JPJA : Mais Jean Ziegler, ce n'est pas ça qui engendre la pénurie alimentaire pour le moment ?
- Non ! Là on a un dévié dans notre conversation… mais c'est le même drame. Mais c'est surtout la spéculation et les biocarburants qu'il faut maîtriser maintenant. Je ne suis pas contre automatiquement les biocarburants… J'ai demandé à l'Assemblée générale des Nations-Unies, un moratoire de cinq ans, puisque la science progresse et il sera très bientôt possible, généralement, de fabriquer des agro-carburants, avec des déchets agricoles, non plus l'épi de maïs, mais la tige du maïs.
JPJA : J'ai beaucoup de questions à vous poser Jean Ziegler. J'en ai une autre à vous poser, parce que je sais que dans vos livres… « L'empire de la honte », vous pointez souvent la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire Internationale, l'Organisation Mondiale du Commerce, mais on a pu constater aussi dans des pays africains… il y a eu désertification des campagnes, il y a une urbanisation énorme et on peut aussi pointer du doigt, la responsabilité d'un certain nombre d'Etats africains qui n'ont rien fait pour mener une politique, j'allais dire alimentaire, une politique paysanne ?
- C'est vrai que c'est le capital financier spéculatif, les oligarchies qui nous dominent et leurs mercenaires de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International et de l'OMC, qui sont les maîtres de l'économie mondiale, mais subsidiairement, c'est vrai… la corruption, l'hygiène par exemple. Le Président Tandja qui est de mèche avec des spéculateurs sur le grain, qui vend à Kano, à Sokoto, etc… en pleine pénurie, aux Nigériens, aux ?? nigériens du Nord… Il y a de multiples exemples où bien sûr, l'irresponsabilité de satrapes locaux, de Gouvernements antipopulaires, jouent un rôle. Je pourrais vous donner des exemples que vous connaissez. Je dois être un peu prudent, puisque à partir du premier mai je ne suis plus rapporteur spécial, mais je suis au Conseil consultatif des droits de l'homme. Mais ça existe. Mais, ce qui est primordial, c'est qu'on a totalement négligé la paysannerie, de 53 pays, 37 sont des pays presqu'uniquement agricoles. Les investissements dans l'agriculture de subsistance ou dans tous les mécanismes qui peuvent assurer, qui doivent assurer un jour, la souveraineté alimentaire d'un pays, ces investissements ont fondu comme neige au soleil, avec la complicité de gouvernements locaux. Là, c'est un péché capital contre les populations qui maintenant souffrent de malnutrition, vont vers la mort et souffrent tous les jours, l'angoisse du lendemain.
JPJA : Jean Ziegler, merci d'être avec nous dans ce Matin Première où on parle beaucoup de cette famine dans le monde, de ces hausses des denrées alimentaires. Vous restez avec nous, on vous retrouvera tout à l'heure, en revue de presse et pour répondre aux questions de nos auditeurs.




La crise alimentaire est bien là elle aussi, les enfants vont en etre malheureusement les premières victimes ,dans un premier temps ce que nous pouvons faire c'est de serrer la ceinture et de prier,surtout prier...
Rédigé par: hernandez monique | 11 octobre 2008 at 21:37
On parle de la surpopulation dans les prisons, mais on ne parle jamais de la surpopulation dans certaines parties du monde.Paradoxalement cette surpopulation, on la trouve dans les régions les plus pauvres, là ou les gens meurent de faim. M.S.F devraient peut-être imaginer un programme de contrôle des naissances, comme l'a fait la chine. Cela permettrait, c'est à espérer, de devoir nourrir moins de personnes et éviterait la mort d'un enfant toutes les dix secondes dans le monde. Je sais que des personnes vont être choquées par ce qui précède, mais la réalité démographique est là. Si vous n'avez que 1kg de riz pour 4 personnes, 4 personnes auront faim. S'ils ne sont que 2, ils mangeront à laur faim. Louis Michel s'énerve parceque les pays donateurs ne respectent pas leur promesse. Il doit quand même savoir que la hausse des prix alimentaire se fait sentir dans toute les parties du monde. Donc également dans les pays dit riche. De plus dans certains pays on préfèrent la culture de produits bio-éthanols au détriment de produits alimentaires.
Rédigé par: Maddy | 10 avril 2008 at 18:05
Un petit texte en réaction immédiate :
http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2008/04/10/enfin-la-faim.html
Rédigé par: L'Enfoiré | 10 avril 2008 at 11:47
Pour Mr J. Ziegler, "un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné". Si cette interprétation large de la notion d'assassinat(un droit civil par excellence) est admise, cela pourrait conduire à une justiciabilité du "droit à l'alimentation" devant les instances nationales et, le cas échéant, devant le Comité des droits de l'homme de l' ONU. Qu'en pense Mr J. Ziegler?
Grand merci pour les élements de réponse.
Rédigé par: rémy NGOY LUMBU | 10 avril 2008 at 09:53
Merci Monsieur Ziegler! Merci d'avoir précisé ce que personne ne précise jamais à la radio: le communisme n'a jamais été une réalité en Union Soviétique ni en Chine. Ces états n'en portaient que le nom.
Merci pour votre engagement.
Peut-être les journalistes auraient-ils pu passer au moins un des messages encourageants? Partialité?
Bonne journée.
Céline
Rédigé par: Baruch | 10 avril 2008 at 09:06
Tout système aussi bon soit-il sur le plan de la philosophie et de sa mise en place n'est pas à l'abri de dérives lorsqu'il grandit trop vite et n'est plus contrôlé par son créateur.
Les informations que nous obtenons des paysans Bangladeshis des gens qui ont travaillé pour la Grameen Bank et Mohamed Yunus le confirment...
Voir le reportage concernant
http://www.france24.com/en/20080404-bangladesh-burden-microcredit-caring-grameen-bank-mohammed-yunnus
Thierry Graulich
Responsable Réseau Francophone
Action Damien
Rédigé par: GRAULICH Thierry | 10 avril 2008 at 08:57
M. Ziegler,
ne faudrait-t-il pas controler plus finement les multinationales agroalimentaires tel que Monsanto qui ont reussi a developper un esclavage moderne pour la paysannerie. Dans quelle mesure les brevets et autre protection commerciales freinent elles le developpement d'une agriculture durables et pouvant nourrir la population mondiale.
Rédigé par: ced | 10 avril 2008 at 08:51
Merci M. Ziegler, vous êtes une lumière dans le sombre tableau capitaliste actuel.
Que pensez-vous d'un retour à la production agricole et la consommation locales ?
Merci!
Rédigé par: Baruch | 10 avril 2008 at 08:46
La menace d'un conflit généralisé pour cause de "ventres affamés" est bien plus grande que celle qui couve sous forme de croisade idéologique entre les religions dominantes...Si les deux se combinent, je ne donne pas cher de notre civilisation...ceci ressemble furieusement à une révolution mondiale et annonce un bouleversement radical.... Nos décideurs , Monsieur Michel en tête, ne semblent n'avoir rien d'autre à proposer qu'un néo-colonialisme désuet rejeté par les populations en détresse .....
Rédigé par: nonkel piet | 10 avril 2008 at 08:42
Comment peut on demander d'augmanter l'aide au développement alors que la belgique à une dette publique qui crève tous les plafond et un sous investissement dans la recherche contre le réchauffement climatique. La Belgique n'a vraimment pas les moyen de jouer les généreux donnateurs
Rédigé par: rudy | 10 avril 2008 at 08:40
Madame Laloire,
Comment comptez vous "vivre" sur un cailloux mort ?
Rédigé par: Lepage | 10 avril 2008 at 08:39
Monsieur Ziegler,
Que devons-nous faire ou ne pas faire ?Dans ce monde où tout est profit, devrons-nous comme du temps de Emile Zola, faire une grande manifestation pour refuser la faim qui va s'installer un peu partout pour faire réfléchir les plus grands ?
Rédigé par: Martine | 10 avril 2008 at 08:38
Monsieur Ziegler,
Le système capitaliste vacile sur ces bases (dogmatiques, par ailleurs). Malnutrition (spectres biblique de la famine), pollution planétaire, guerre de pétrole ou d'eau potable...
N'est-il pas temps de redécouvrir/repenser le communisme (intellectuellement dans un premier temps, puis selon une démarche plus citoyenne - manifestation, désobéissance civile...) ?
Quel est votre sentiment ?
Merci
Rédigé par: delavallée | 10 avril 2008 at 08:37
Monsieur Ziegler Bonjour,
Êtes-vous favorable à la promotion de la consommation de denrées alimentaires produites localement ?
Si oui, comment puis-je vous joindre? Merci.
Rédigé par: Deffense | 10 avril 2008 at 08:35
Bonjour !
J'ai oeuvré pour MSF au Mozambique en Guerre, en 1990-91. A l'époque, un sac de 50 kg de riz coûtait 35 $. Si un employé gagnait plus de 35 $ par mois, il n'avait pas droit à ce sac de riz, DONNE (!) par le WFP (Programme Alimentaire Mondial). Par contre, si il gagnait moins de 35 $ ou rien, il recevait d'office ce sac de riz, dont il s'empressait de revendre la moitié... Le "World Food Program" en faisait donc des assistés, un peu comme certains de nos chômeurs. Plus facile de se laisser nourrir que d'aller travailler la terre !
J'ai d'ailleurs vu un jour le gouverneur de la province d'Inhambane botter le derrière de plusieurs gusses pour les exhorter à aller cultiver !
Il est plus que temps de parler de ce que font réellement les gouvernements pour appauvrir, affamer et asservir les populations Africaines.
J'ai vécu au Zimbabwé après cela, c'était le paradis sur terre, qu'est-ce qui s'est passé pour que Mugabé nationalise toutes les fermes des blancs et ruine ainsi complètement son pays ?
Autre chose : Les brésiliens roulent à l'éthanol depuis plus de 25 ans, personne ne s'en est jamais ému ou inquiété. pourquoi ? Et pourquoi les compagnies pétrolières ne produisent pas de l'essence synthétique, comme les allemands pendant la guerre ?
Il y a quatre ans, il y avait surproduction de céréales avec le froment à 100 € la T. 150 % d'augmentation depuis ! qu'est-ce qui a changé ? Personne ne peut brider ces "spéculateurs" ?
Merci pour vos réponses et belle journée quand même :)
Rédigé par: Bruno Vandecapelle | 10 avril 2008 at 08:32
Pourrait-on demander à l'invité quelle est la part des conflits armés, en Afrique notamment, dans les causes des pénuries alimentaires?
Rédigé par: Gregory Kozyreff | 10 avril 2008 at 08:32
C’est vraiment chouette d’avoir désormais presque « en chair et en os » les protagonistes de la meilleure émission au monde (avec « Le jeu des dictionnaires !). Vous faites un travail formidable ! Je voudrais aussi signifier toute mon admiration à monsieur ZIEGLER pour son combat. Nous sommes en 2008 et des gens meurent encore de faim ! Des parents se demandent encore comment ils vont nourrir leurs enfants ! Selon lui, comment, au quotidien, les particuliers occidentaux devraient-ils consommer pour éviter la honte de participer à cette infamie (indépendamment des carburants) ? Un grand merci.
Rédigé par: Lepage | 10 avril 2008 at 08:31
Il s'agit en réalité d'une questions plus que d'un commentaire...
J'aurai aimé savoir si Mr Ziegler voit une solution à -très- court terme ou si les populations concernées sont condamnées se révolter sans être sûr de pouvoir manger après.
Je vous remercie,
Thomas Moreau
Rédigé par: Moreau Thomas | 10 avril 2008 at 08:25
Hallucinant ! Passer une pub pour "Total" entre deux interviews de Jean Ziegler, ça c'est ... la totale !
Rédigé par: Christian B | 10 avril 2008 at 08:00
Après avoir entendu Jean Ziegler, ne devrait-on pas abandonner définitivement le terme de biocarburant et même celui d'agrocarburant pour n'utiliser que l'expression de nécro-carburant ? Au moins l'information serait claire, nette et précise.
Rédigé par: Chlorophylle | 10 avril 2008 at 07:53
Les médias ne devraient-ils pas déjà appeler les choses par leur vrai nom ? Il s'agit bien d'AGRO-carburants car nommer "bio" cette sinistre farce énergétique relève de la tromperie.
M.Ziegler, à l'heure où le barril de pétrole atteint 112$, où les fausses bonnes idées fusent dans tous les sens, où les peuples commencent à remuer, où le climat se dérègle encore plus vite que prévu, nous sommes bien arrivé en 2008 à l'année de tous les dangers. Les régimes politiques de nombreux pays, y compris nos confortables démocraties, risquent de devenir nerveux avec possibilités de dérives fascistes.
Je vous encourage vivement à continuer votre combat pour essayer de raisonner (un peu) les politiques et citoyens de tous bords qui n'arrivent toujours pas à prendre la mesure de la catastrophe qui s'annonce.
Rédigé par: Birdy | 10 avril 2008 at 07:43
Nous sommes le résultat des choix politiques , commercial, industriel et agricole du passer ! Aujourd'hui nous récoltons le résultat de c'est choix. Tous les choix ( en grosses parties) passer ont été purement commercial protégeant les intérêts de grosses multinationales. L'Afrique à été saboter pour qu'elle reste un continent faible dominer par l'Amérique du Nord et l'Europe. Nous sommes responsable nous riches pays d'Europe et des USA de la famine qui viens, premièrement en Asie, Afrique puis un jour chez-nous. Prions !
Rédigé par: BERTRAND | 10 avril 2008 at 06:35
Bonjour M. Ziegler, j’ai vu beaucoup de vos films et lu vos livres. Je trouve que vos publications devraient être mises au programme de toutes les écoles du monde pour ouvrir leurs yeux sur ce qui ne tourne pas rond. Continuez à enfoncer le clou et à forcer les portes. Pour nourrir la planète il n’est pas midi moins cinq minutes, mais midi moins cinq secondes. Félicitations pour votre travail assidu. Bref, vous méritez le prix Nobel.
Rédigé par: Dirk Van Caekenberghe | 10 avril 2008 at 06:25
On sait que l'argent est le nerf de la guerre. Et le "nerf de la paix", c'est quoi ?
Rédigé par: Christian B | 10 avril 2008 at 05:21
l'empire de la honte, il est vrai, qui voudrait que l'on utilise la nourriture pour produire du biocarburant ... Si la terre doit mourir,qu'elle meurt mais qu'on arrête de nous empêcher de vivre nous les hommes pour sa survie ...
Rédigé par: Leloire Marie-Claude | 09 avril 2008 at 23:18