Retrouvez la chronique de Paul Hermant
J'ai une question pour vous aujourd'hui Serge : si l'on sait que les villes ont été inventées pour protéger leurs habitants, comment appelle-t-on alors ces sortes de conglomérats architecturaux où nous vivons et dont on dirait que l'objectif est de se protéger de leurs habitants ? J'y pensais en me rappelant les controverses récentes sur ces Mosquito dont on n'a pas dit ici un mot encore. Vous savez bien, ces appareils diffusant des sons à haute fréquence et qui servent à dissuader les jeunes de faire du bruit… A Aywaille, dernièrement, un de ces appareils avait été installé puis retiré. En France, ils font débat. Ils sont admis en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.
Ce sont des petites choses merveilleuses, des espèces de baffles que vous accrochez sur votre façade. Vous tournez un bouton et vous envoyez dans l'air des hautes fréquences que 90% des moins de 30 ans entendent et que 90% des plus de 30 ans ignorent. Cela fait plusieurs années maintenant qu'on nous met en garde contre ce qu'on appelle la pollution sonore, mais comme nous sommes, nous autres hommes contemporains, les meilleurs amis des paradoxes, nous en fabriquons. Bien sûr, on va me dire, c'est de la pollution sonore à bas bruit, ça ne concerne pas tout le monde, c'est pas tout le temps et c'est juste contre les jeunes.
J'ai une autre question pour vous Serge : les enfants dans le ventre de leur mère, ils ont bien moins de 30 ans, non ? Je me demande s'il y a pensé, Howard Stapleton, cet ingénieur gallois, inventeur du Mosquito et qui a quatre enfants sur qui il teste ses inventions.
Je vous dis cela, Serge, parce que cette méthode est appelée « méthode répulsive ». Et que nous voyons dans nos villes, dans nos campagnes demain, gagner la répulsion et ses méthodes.
Il y a quelques mois, je vous parlais ici même de ce produit qu'un maire français s'était procuré pour en asperger les endroits où se réunissaient les clochards de sa ville. Ce répulsif, frère du Mosquito, s'appelle le Malodor. Vous imaginez, hein, Serge, Mosquito et Malodor sont dans un bateau… Enfin, je veux dire que ce mot de répulsion est désormais inscrit au vocabulaire urbain. Il a aussi sa version mobilière, vous savez bien, ces bancs sur lesquels il est désormais impossible de s'allonger. Et qui, je vous le demande, va dormir sur un banc ? Le design aussi a son catalogue répulsif. Le banc anti sdf est en vente libre, il ne fait pas de vagues. Peu de bruit, si on ose.
En France, le Mosquito a changé de nom. Il s'appelle le Beethoven. Beethoven, la surdité, je suppose que vous me suivez. Etre chassé par Beethoven, voilà l'idée.
Et c'est là que l'on bénit le type qui a retrouvé, il y a quelques jours, une partition inédite de Jean-Sébastien Bach à Halle en Allemagne. C'est une composition pour orgue. Elle ne fera pas de mal à personne. Ah, cher Paul Verlaine : « De la musique avant toute chose ». Allez belle journée et puis aussi bonne chance.




Il est vrai que les méthodes que vous dénoncez sont des atteintes aux droits de l'homme et sont de nature discriminatoires, aussi bien envers les jeunes avec le "Mosquito" qu'envers les S.D.F. avec le "Malodor". Mais qu'elle serait alors " The solution" à mettre en place pour que les "Autres" ne subissent plus les inconvénient qu'apportent indéniablement certaines personnes? Comment faire pour que les riverains à certains endroits ne soient plus importunés par des groupes quels qu'ils soient? Ces riverains ont aussi, si je ne m'abuse, des droits. Les responsables, politiques ou autres, se doivent d'agir.
Rédigé par: Patrice Lancel | 17 avril 2008 at 11:36
la chronique parle aujourd'hui de répulsion, de bancs inconfortables. Mais quand inventera-t-on un banc, anti-jeunes évidemment, où il est impossible de s'asseoir sur le dossier et de déposer ses pieds sur le siège? Civilité, civilité...
Rédigé par: jacquy | 17 avril 2008 at 10:38
Monsieur Hermant,
Voici quelques semaines,je vous informais que notre bibliothèque communale "Papyrus" avait été incendiée le soir de Noël.
Nous réouvrirons notre bibliothèque le 17 mai à 11H.
Nous serions honorés que vous rehaussiez de votre présence cette manifestation. De plus, nous souhaiterions que vous nous fassiez une chronique comme vous en avez le secret tous les matins.
Dans l'attente de vous lire, et dans l'espoir d'une réponse positive de votre part, recevez, Monieur Hermant, l'expression de nos sentiments les meilleurs.
Michel Collinge, Bourgmestre et Christine Botton-Maillieux, échevine de la culture à Havelange.
Rédigé par: Collinge Michel, bourgmestre de Havelange | 17 avril 2008 at 08:38