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02 décembre 2008

02/12 - La chronique de Paul Hermant

Chronique2 Un employé du Wal Mart de Long Island, dans l'Etat de New York, a été piétiné vendredi dernier tandis qu'il ouvrait les portes du supermarché devant lesquelles se pressaient 2000 personnes.

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Mis au courant du décès de cet homme de 34 ans, certains clients à qui l'on demandait de quitter le magasin auraient déclaré : « Ça fait une journée que je fais la queue » et auraient continué leurs achats. "C'est une tragédie, et en même temps, on sent que ce n'est pas un accident" a commenté le New York Times. Vendredi dernier était, aux Etats-Unis, le jour marquant le début des achats de Noël.

Mais ce n'est pas le plus important, que ce soit le jour marquant le début des achats de Noël, le plus important, à mon avis, c'est cette phrase : « Et en même temps, on sent que ce n'est pas un accident ». Il est vrai, Pascal, que nous sommes plus habitués à nous faire piétiner pour la beauté du sport ou la foi religieuse, ce sont choses admises aujourd'hui. Mais tout de même, si nous avons appris, depuis le temps, ce que signifient les mots « mourir de faim », nous découvrons aujourd'hui ce que peut bien signifier « mourir d'acheter » et mon collègue du New York Times ne s'y trompe pas, lui qui ajoute que, désormais, faire ses achats est devenu, aux Etats-Unis, un véritable « sport de contact ».

Je pourrais vous faire ici mon couplet sur l'ensauvagement et sur ces liens de solidarité qui se rompent à la vitesse de digues à la Nouvelle-Orléans, mais non. Devant une telle information, il vaut mieux, je pense, Pascal, observer le silence honteux de la civilisation qui passe.

Au Zimbabwe, les gens meurent de choléra et là aussi, « c'est une tragédie et, en même temps, on sent bien que ce n'est pas un accident ». Il y a là un type, Robert Mugabe, qui fait exactement le contraire du gardien de Wal Mart, lui, il maintient les portes fermées. Derrière ces portes, des gens décèdent et la municipalité de Harare vient de décider de leur payer une sépulture. Car voilà, sachez-le, la tombe d'un Zimbabwéen mort du choléra, et ils sont 425 à ce jour et 11.000 cas déclarés, coûte moins cher que la réfection des égouts, la désinfection de l'eau ou les pastilles préventives qui pourraient les maintenir en vie. Ces tombes coûtent à peine 20 euros pièce et vous aurez compris que c'est aussi affaire prophylactique. Et voilà comment pour endiguer une épidémie, demain, à Harare on creusera gratis. Ah, Pascal, on est toujours surpris des chemins que prend la civilisation pour nous rappeler que nous sommes mortels. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.

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Commentaires

Le jour tant espéré où les "enfants au gros ventre" stigmate injuste des affamés de la terre entière, pourront enfin se libérer de leurs chaines d'oppression, les 'gros ventres"séquelles hideuses de la sursonsommation occidentale n'auront plus qu'à implorer leur Saintes Bourses pour éviter la famine du coeur...et ce ne sera pas un accident!

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