Didier Delafontaine vous a présenté le contenu de vos quotidiens nationaux.
Recession. le mot est tombé. La Belgique connaîtra une récession: une croissance négative de 0,2 %. C'est ce qu'a calculé la Banque Nationale. Et c'est ce qui alimente nombre de commentaires ce matin. Avec cet autre chiffre: 2 %. Voilà le déficit budgétaire acceptable pour Guy Quaden. Dans la Libre Belgique, Michel Konen prévient: les mesures d'encadrement de ce déficit doivent pêtre strictement respectées. Il faut éviter de retomber dans les erreurs du passé, quand la dette menait une existence autonome, s'auto-alimentant jusqu'à mettre la Belgique à genoux. Et le plan de relance devra viser un objectif: l'emploi. En évitant deux écueils. Que le pouvoir d'achat ne parte dans l'épargne où il ne stimulerait pas l'économie. Ou dans des importations qui laisseraient filer la croissance à l'étranger. Le gouvernement, écrit encore Michel Konen, devra se montrer tout à la fois inventif, sélectif, rigoureux et courageux. A une encablure des élections de juin 2009, ça va nous changer.
Pour Yves De Smet, il ne serait pas malin d'abandonner l'orthodoxie budgétaire. Afin de ne pas encombrer la génération future avec des dettes supplémentaires, il vaut mieux de pas laisser filer un déficit pour acheter quelques accords sociaux ou distribuer quelques subsides à gauche ou à droite, explique le commentateur. Il faut un plan d'investissement coordonné qui, à terme, bénéficie aussi aux communautés. Et ce plan, de préférence, ne devrait pas être fédéral, car l'Etat, aujourd'hui déjà, se trouve sans le sou. Mieux vaut s'adresser aux entités fédérées qui disposent encore de moyens financiers, prône Yves De Smet.
Guy Tegenbos, dans le Standaard, lance une autre mise en garde. On entend çà et là, écrit-il, des propositions de diminution de la TVA. Surtout sur l'énergie. Ce serait une erreur historique, estime Guy Tegenbos. Encourager la consommation d'énergie n'est pas la bonne solution. Au contraire, raisonne Guy Tegenbos. le gouvernement devrait inciter les citoyens à investir dans les économies d'énergie et dans les énergies propres. C'est la meilleure façon de se constituer une épargne pension, cela rapporte plus que les bons d'état ou les carnets d'épargne, et cela contribue à un meilleur environnement et à l'éco-industrie.
Dans le Soir, Eric Deffet place côte à côte le plan wallon anti-crise, et l'annonce, par Arcelor Mittal, de plusieurs centaines d'emplois en Wallonie. Il faut bien constater, une fois de plus, que l'économie régionale n'est pas maîtresse de son sort. La Wallonie n'a pas en mains les clefs de son avenir quand les décisions stratégiques se prennent à l'autre bout du monde et que souffle partout une crise d'ampleur planétaire. Un fatalisme qui en dit long sur le manque d'arguments et l'apathie obligée qui frappent les décideurs politiques. Plan anti-crise ou pas.
Plusieurs commentaires aussi sur la déclaration conjointe des ministres wallon et flamand, Jean-Claude Marcourt et Frank Vandenbroucke, tous deux socialistes
Un appel qui n'est pas banal, constate Michel Declerq dans les quotidiens du groupe sud presse. Michel Dedclerq y voit avant tout un coup politique, histoire de dire, face aux libéraux, qu'il n'y a que les socialistes pour améliorer le sort des travailleurs. Qu'il n'y a qu'eux qui forment un front uni, alors que la famille libérale se déchire. Mais, comme le souligne un politologue, le citoyen, lui, commence à avoir du mal à comprendre. A une ouverture succède une exclusive, une ouverture, une exclusive. Ce doit être cela un dialogue à la belge.
Dans le Laatste Nieuws, Luc Vanderkelen se montre tout autant critique. Si les deux signataires s'attendaient à une salve d'applaudissement, on peut s'interroger sur leur capacité de discernement, écrit-il. Car un accord entre Wallons et Flamands, sans tenir compte des Bruxellois, cela fait déjà sourciller. Mais surtout, croire qu'on peut aboutir à quelque chose quand la ministre fédérale de l'emploi apprend qu'elle n'a plus de compétences en lisant le journal du matin relève de la naîveté. Avancer en ordre dispersé ne mènera à rien. Il faut un dialogue de communauté à communauté, pas de ministre à ministre, et encore moins de socialiste à socialiste, estime Luc Vanderkelen.
Evoquons encore le cas de ce Néerlandais rentré tellement bourré qu'il s'est trompé de maison et s'est endormi dans le lit de sa voisine. Et, avec le Nieuwsblad, saluons notre collègue Baudouin Rémy, que le quotidien qualifie, tout simplement, de journaliste ET comique.




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