Ils l'avaient rêvé, les y voici ! Ce mercredi 21 septembre sur le coup de 14h15, l'avion d'Air France en provenance d'Orly se pose sur le tarmac de l'aéroport Pôle Caraïbes de Pointe-à-Pitre. A son bord, les gagnants de chacune des étapes du Beau Vélo de RAVeL de cet été, Yves Krauth (ambassadeur Cap48) et un certain Philippe Lavil. Tous s'apprêtent à vivre une semaine intense à pédaler sur l'île papillon.
Qu'on ne s'y méprenne, la Guadeloupe est à l'heure qu'il est en pleine saison de l'hivernage, soit la période la plus pluvieuse de l'année. Sans doute la plus chaude aussi... Et de fait : la chaleur se fait lourde, le taux d'humidité conséquent. Le sol est jonché de flaques d'eau et les cieux chargé de gris, soit autant de témoignages de cette météo saisonnière typique... Mais baignés des dieux, les RAVeListes sont épargnés par les gouttes et profitent pleinement de la piscine et de la plage qui borde l'Auberge de la Vieille Tour, une excellente adresse au Gosier, cette station balnéaire crée dans les années 70 aux portes de Pointe-à-Pitre. Pour le dîner du soir, tous se laissent enchanter par la divine cuisine de Dominique, le chef des lieux pour qui la Belgique est tout sauf une terra incognita : Christelle, son épouse, est en effet Boraine !
Au cours de la nuit, d'aucuns se laissent bercer par le sac et le ressac de l'océan, d'autres se réveillent au son des averses qui arrosent le sol... Mais miracle : au petit matin, le ciel laiteux a tendance à se dégager et le soleil ne tarde pas à darder ses premiers rayons. De bon augure pour la mise en jambes sur Grande-Terre ! Avant cela, petite séance de remontage des vélos...
Pour quitter Le Gosier et se diriger vers Saint-François, il n'y a pas trente-six solutions : il faut emprunter la nationale. Certes, au vu de la circulation assez abondante, ce n'est guère idyllique mais en faisant abstraction du charroi qui se répand sur le bitume et en ouvrant toutes grandes les mirettes; c'est une véritable poésie à ciel ouvert qui se découvre, avec ces dizaines de cases et de petites aubettes de restaurations qui jalonnent la route, ces marchands créoles qui invitent le chaland à acheter les fruits du jour, ces noms de rue et d'impasses qui font parfois sourire (« Allée l'O.M. » détient la palme du jour, supplantant l' « Impasse de la parole »). Brin de surréalisme aussi quand un ouvrier communal lance un « il fait chaud, n'est-ce pas ? » alors qu'il est couvert de tête aux pieds, bonnet en laine inclus !
Partout, le passage du groupe de blancs teintés de noir intrigue. Nombreux sont ceux qui n'hésitent pas à interpeller l'un et l'autre, quand ce ne sont pas des enfants qui tendent les mains pour qu'on leur adresse une tape amicale. Grande-Terre se veut plate mais gare aux surprises : ici et là, la route a tendance à s'élever et à jouer aux montagnes russes. Rien d'insurmontable, mais qu'en sera-t-il donc du côté de Basse-Terre, là où le relief est bien plus prononcé ?
Sur son vélo spécialement adapté, Yves, tétraplégique suite à un accident de moto en 2009, force l'admiration. Mètre après mètre, il avale la distance, trouve toujours des bras pour lui porter assistance dans les cotes les plus prononcées.
Sainte-Anne se profile bientôt, avec ses plages de sable fin bordées de cocotiers et de catalpas. Les eaux sont aussi colorées que chaudes et, à l'heure du pique-nique, le plongeon est irrésistible. Les locaux optent pour leur part pour une pêche au harpon ou s'adonnent aux joies de la planche à voile ou du kite-surf. C'est vrai que dans le coin, il y a quelques spots bien intéressants pour les amateurs de glisse !
Étrange sentiment aussi que de traverser cette bourgade essentiellement axée vers le tourisme et dont nombre de petites enseignes ont les volets clos, hivernage oblige... Plus loin, alors que l'évolution se fait désormais sur de bien plus paisibles départementales, la région décline toute sa gamme de verts : n'est-ce pas là une belle preuve de ce que déversent les cieux jour après jour ? Les champs de canne et les moulins se dressent dans les paysages, entre réalité et souvenir d'une prospère activité économique d'autrefois...
Des hauts et des bas, des cases anciennes et modernes, des champs et un océan puis Saint-François décline ses premiers lotissements. Hélas, l'architecture traditionnelle a ici quasi disparu, emportée par les ravages du cyclone Hugo... VOIR LES PHOTOS >>>